Aller à la barre d’outils

Politique de Gribouille en Syrie

Les Ecologistes - Mouvement Ecologiste Indépendant

Politique de Gribouille en Syrie

27 mars 2013 Actualité Paix & Guerre 0

Quels sont les buts, la logique et le sens de l’implication française dans l’affaire syrienne ? Quelle crédibilité faut-il accorder au discours de notre ministre des Affaires Etrangères ?

Lorsqu’il invoque l’urgence humanitaire et la nécessité d’armer la rébellion pour réduire l’inégalité des forces sur le terrain, Laurent Fabius utilise  une terminologie de Gauche pour justifier un investissement autrement plus trouble.

Tout d’abord, la guerre civile en Syrie est loin d’être limpide. Elle implique des populations aux motivations divergentes, communautaristes ou religieuses : Alaouites, Druzes, Chrétiens, Kurdes, Sunnites, Chiites…

En second lieu, la scène syrienne a très tôt accueilli des acteurs venus d’autres horizons du Moyen Orient pour jouer leur propre partition géostratégique, à l’instar des deux ennemis héréditaires que sont l’Iran et l’Arabie Saoudite. De ce fait, qui pourrait garantir la traçabilité des armes fournies aux rebelles ? Laurent Fabius peut-être lorsque, comme Gribouille, il fera à nos dépens l’expérience de l’effet boomerang, sous le regard intéressé d’Israël.

Enfin les véritables ressorts du drame syrien sont ailleurs. Ils sont dans la compétition qui oppose les États-Unis, la Russie et la Chine dans leur course au leadership économique et politique mondial.

Dans ce contexte, l’argument humanitaire ne pèse pas lourd  venant d’un pays dont, il y a peu,  les troupes ont assisté, l’arme au pied, au massacre de 800000 personnes, hommes, femmes, enfants au Rwanda. D’où la question : Quelle mouche a piqué François Hollande et  David Cameron pour qu’ils impliquent ainsi leur pays dans un conflit explosif qui les dépasse de très loin ?

Les autres pays de l’Union Européenne ne soutiennent pas l’initiative franco-britannique. Ce sont pourtant des pays démocratiques, politiquement instruits et non moins civilisés que nous. Mais conscients de leur taille, de leur capacité militaire et des problèmes qu’ils doivent par ailleurs  affronter, ils ont  la sagesse de voir plus loin que le bout de leur nez. Ils laisseront donc  Boutefeux et  Va-t-en- guerre tirer du brasier de bien hypothétiques marrons. A leurs risques et périls

Dans ces conditions, le danger est grand que la France ne donne d’elle-même dans l’espace euro-méditerranéen l’image d’une nation belliciste. Si elle persiste à vouloir  tordre le bras  de l’Union Européenne en faveur de la rébellion syrienne, il faut craindre qu’elle n’alimente la méfiance de nos partenaires à l’égard d’une intégration politique qui serait à leurs yeux porteuse d’aventurisme en matière de relations internationales.

Qu’un tel mauvais coup porté à  l’Europe ne chagrine ni la Grande-Bretagne ni les Etats-Unis, n’étonnera personne tant ces deux pays  sont historiquement opposés à sa construction. Mais on comprendrait mal que, pour d’obscures raisons, notre pays-fondateur persiste dans cet activisme irresponsable. N’avons-nous pas assez de problèmes franco-français à résoudre qu’il faille encore assumer le rôle de « crétins utiles » du couple anglo-américain et de certains états du Moyen-Orient ?

Laisser un commentaire