OURS : un décret ministériel calamiteux vient ternir les bons résultats annoncés du renforcement de la population ursine dans les Pyrénées

Les Ecologistes - Mouvement Ecologiste Indépendant

OURS : un décret ministériel calamiteux vient ternir les bons résultats annoncés du renforcement de la population ursine dans les Pyrénées

22 avril 2021 Biodiversité Cause animale 0

 

Les associations de protection de l’ours se sont réjouies de la bonne croissance de la population ursine dans les Pyrénées françaises. Des décennies de travail portent enfin leurs fruits. Ainsi ce ne sont pas moins de 64 ours, dont 16 oursons, qui ont été détectés en 2020 sur l’ensemble de la chaîne pyrénéenne.

Nous sommes néanmoins encore loin d’atteindre une population viable pour cette espèce emblématique d’autant plus que sur la même année de référence, 4 des 16 oursons ont disparus et 3 adultes ont été tués par l’homme (par balle ou par empoisonnement).

Un nouveau décret du ministère pris en date du 19 mars vient ternir ce bilan chiffré indéniablement positif et nous rappelle que le combat associatif est loin d’être gagné.

En effet la cohabitation entre l’homme et l’ours est possible et démontrée grâce aux mesures de protection financées par l’Etat. Jusqu’alors les dégâts sur troupeaux dont la responsabilité de l’ours n’est pas écartée, sont indemnisés aux éleveurs même si aucun moyen de protection n’est en place. Ce système d’indemnisation n’encourage pas les éleveurs à protéger leurs troupeaux. La commission européenne souligne ce dysfonctionnement ; il ne faudrait pas que les indemnisations des dégâts, très souvent accordées sans que la responsabilité de l’ours soit établie, deviennent au final des subventions déguisées et susceptibles de créer une distorsion de concurrence sur le marché.

Depuis 2019, la Commission Européenne impose aux états de l’UE une contrepartie minimale pour pouvoir indemniser ce type de dégâts : des protections doivent être mises en place préalablement.

En France et en 2021, le nouveau décret ministériel va permettre cette même indemnisation si les éleveurs promettent seulement d’étudier ces moyens de protection.

Le MEI dénonce cette manipulation qui risque de mettre en difficulté le long travail de concertation établi entre les associations de protection de l’Ours et le monde pastoral, sans parler du risque de condamnation par la commission européenne.

Cette décision est un mauvais signe envoyé par le gouvernement français. La seule voie pour permettre la présence durable de l’espèce ursine dans les Pyrénées est de favoriser et développer la mise en place des moyens de protection des troupeaux.

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