Non à l’engagement de la France et de l’Europe dans l’engrenage militaire en Ukraine

Les Ecologistes - Mouvement Ecologiste Indépendant

Non à l’engagement de la France et de l’Europe dans l’engrenage militaire en Ukraine

17 mars 2015 Actualité Démocratie Ecologie environnementale Ecologie politique Institutions 0

nucleaire-paixLa négociation doit prévaloir.

Dans tout conflit et la situation ukrainienne n’y fait pas exception, l’utilisation de civils comme otages sont des actes inacceptables. Pour empêcher ce type de situation en Ukraine, on ne saurait toutefois admettre une quelconque initiative guerrière susceptible de provoquer l’irréparable. Même dans le cas extrême d’un recours à une résolution de l’ONU pour une intervention armée, sous couvert «d’ingérence humanitaire», cela constituerait un aveu d’impuissance politique et diplomatique des puissances occidentales, aux conséquences désastreuses.

Engager la France aux côtés de l’armée Ukrainienne conduirait inévitablement à une guerre avec la Russie, nul ne peut douter qu’elle serait terriblement meurtrière. Elle aurait pour conséquence de prendre le caractère tragique d’une agression de l’occident contre la Russie et les pays qui sont sous sa zone d’influence, notamment parmi des peuples du tiers-monde. Il ne faut pas qu’au nom du droit international s’exerce une volonté des grandes puissances de dominer économiquement et stratégiquement une région riche en matières premières en sous sol. Il ne faut pas non plus qu’à la faveur de ce climat se développent des campagnes de haine contre les peuples slaves. N’a-t-on pas déjà assez de réfugiés dans la misère et la douleur?

Les événements d’Ukraine ne doivent pas, par ailleurs, servir à justifier un accroissement du potentiel militaire de la France, ni l’augmentation du budget militaire aux dépens des besoins de santé, recherche et éducation. Ils ne doivent pas être le prétexte à un appauvrissement des plus modestes, à une augmentation des impôts.

Croire que les problèmes et solutions ne seraient que sur une ligne d’affrontement droite – gauche, Est – Ouest alors qu’écologiquement parlant, tout ce qui se trouve sur cette grille de lecture ne peut apporter de réponse aux questions posées par le Club de Rome depuis 1972, ces façons d’analyser sont obsolètes.

L’Ukraine aujourd’hui se trouve dans une situation qui ne peut être un écosystème viable pour les populations résidentes. C’est en développant à partir de ce point de vue que des solutions pourront émerger. Ne pas intégrer les problématiques écologistes, notamment géo – énergétiques et géo -démographiques nous emportera dans le néant des fausses solutions.

L’Ukraine se trouve dans une situation ÉCOLOGIQUE CATASTROPHIQUE

Quinze réacteurs nucléaires fonctionnent encore en Ukraine. Près de la moitié (46,6 %) de l’électricité produite dans le pays provient de ces réacteurs. C’est l’électricité la plus «atomique» du monde, après celle de la France (nucléaire à 77,1 %) et juste avant celle de la Suède, dont 42,6 % de l’électricité est nucléaire. A Tchernobyl en 2011 à la veille du 25e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, l’Ukraine a annoncé un vaste programme de mise en valeur des terres contaminées par la radioactivité et on envisage sérieusement de cultiver les terres contaminées :un crime écologique plutôt qu’une riche idée.

L’un des rapports, présenté à l’occasion du forum de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) dédié à la sécurité environnementale, fait état d’une situation écologique particulièrement critique en Ukraine. Selon ce rapport, environ 2,5 millions de tonnes d’armes, munitions et déchets militaires légués par l’époque soviétique sont sommairement stockés, notamment dans quatre sites d’enfouissement de résidus radioactifs. ???

Les experts ont répertorié  20.000 tonnes de pesticides périmés, dont 11.000 tonnes d’hexachlorobenzene (HCB) et 2.000 tonnes de DDT. La plupart des 6.000 sites de stockage ukrainien sont jugés par les experts inadaptés et mal surveillés.

Selon les données des écologues, actuellement la région de Donetsk a déjà stocké 4 milliards de tonnes des déchets industriels qui occupent presque 2% du territoire de la région.

Que dire également de la situation de la gestion de l’eau, dont la qualité est d’ailleurs globalement problématique, environ 39% des eaux usées sont polluées par les industries lourdes et environ un quart n’est pas traité du tout. Ou du stockage et de l’élimination des déchets domestiques qui est désastreuse.

L’Ukraine a déjà stocké près du 5 milliards de m3 de déchets ménagers qui se sont trouvés dans 750 décharges dont la plupart sont remplies à 60 / 90%, d’autres décharges sont surchargées et devraient être fermées. La charge annuelle des déchets ménagers en Ukraine est proportionnellement de 3 à 3,5 fois plus importante que pour les pays de l’Europe de l’Ouest.

Plutôt que de vouloir faire entrer l’Ukraine dans une UE, passablement désunie et en crise permanente, pour en faire une base de l’OTAN, ainsi que de vouloir en découdre avec la Russie, si nous voulons éviter que le boomerang nous revienne en pleine figure, avec une catastrophe humaine et écologique majeure,  la France et les Occidentaux doivent plutôt rechercher, en liaison avec Moscou, des solutions pour aider les Ukrainiens à sortir de la situation humaine et écologique dramatique dans laquelle elle se trouve.

Le problème, c’est que la France et l’UE se sont volontairement pris dans le piège Américain.

Les gouvernants américains qui veulent imposer et maintenir leur domination sur le monde, ont trois concurrents économiques qui leur posent problème, la Chine, l’Europe et la Russie. Ils sont donc tentés de  se servir de l’Ukraine pour que Européens et Russes qui sont les maillons faibles par rapport à la Chine s’affrontent,  Ils seraient alors  dans un rapport de force plus favorable pour discuter et conclure des accords avec «l’empire du milieu »…

Nous devons instaurer de nouvelles coopérations pacifiques. La création d’un état fédéral ukrainien ne suffit pas à régler la question : il faut inventer un nouvel espace, de caractère russo-européen, hors influence de l’OTAN, incluant l’Ukraine et la Biélorussie, pour servir de liaison entre l’Europe occidentale et la Russie. Les accords de coopération seraient tripartites : un accord avec l’Europe ne serait pas exclusif d’un accord avec Moscou. Sans cela, pas de solution aux drames du sous-développement, aux inégalités économiques, à la misère, au chômage.

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