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L’Australie : retour vers le futur ?

Les Ecologistes - Mouvement Ecologiste Indépendant

L’Australie : retour vers le futur ?

26 janvier 2020 Biodiversité Ecologie environnementale Ecologie politique Economie monétaire 0

Un milliard d’animaux sauvages sont morts, et beaucoup plus si on comptabilise les insectes et les poissons qui viennent de subir les pluies polluées de ces derniers jours. Des espèces qui disparaissent car uniques dans certains écosystèmes. Mais quelle réaction face à ce drame écologique pour les autorités ? Pour ces dernières le drame ne se mesure qu’avec le coût des pertes de bétail. Une vision totalement anthropocentrée et complètement déconnectée de ce qui vient de se jouer. Alors que les feux de brousse étaient aux portes de Sydney, 6,5 millions de dollars australiens ont été dépensés dans les feux d’artifice afin de fêter le nouvel an. Un sens des priorités effarant.  Si le rendement agricole australien s’effondre à cause du nombre de sécheresses et d’inondations qui se multiplient, cela n’empêche pas l’ASX 200, l’indice phare de la bourse australienne, de dépasser les 7000 points en ce début d’année, plus de 1 000 points de plus que fin 2018.

La cité brûle mais les finances sont à la fête. Une vision de notre futur ?

Pour la première fois l’humanité voit un modèle de société riche se montrer incapable de faire face à une catastrophe qui dure depuis des mois. Une catastrophe du type de celles que les scientifiques ne cessent en vain d’annoncer à nos sociétés industrialisées. L’exemple australien n’est qu’un teaser dramatique de ce qui nous attend avec le réchauffement climatique. Réchauffement climatique dû en grande partie aux choix de nos sociétés thermo-industrielles de ces 30/40 dernières années.

L’exemple australien n’a rien de rassurant en ce qui concerne la prise de conscience des gouvernants, même avec le feu à leur porte le « business as usual » reste leur seule boussole. Tout peut s’effondrer, il faut continuer à faire marcher l’économie à tout prix, même si cela doit condamner le pays à plus ou moins longue échéance. Au niveau mondial la présence de nombreux lobbys et de groupes d’intérêts a empêché le sommet de la COP25 qui s’est tenu à Madrid il y a quelques semaines d’aboutir à quoi que ce soit de concret. Un échec cuisant et irresponsable.

Comme l’astrophysicien Aurélien Barrau le dit : “Nous ne sommes pas dans la 6ème extinction massive. Nous sommes dans la première extermination globale et délibérée.”

Pourtant il est urgentissime de changer de paradigme. En effet de nombreux points de basculement qui pourraient entraîner la planète vers un désastre irréversible sont activés. Les scientifiques pointent ainsi la perte des glaces de mer de l’Arctique, la perte des nappes de glace au Groenland et en Antarctique, le dégel du pergélisol (ou permafrost) et la destruction des forêts boréale et amazonienne. 

Le temps commence à manquer cruellement“, préviennent les scientifiques.

C’est donc aux citoyens pour le moment qu’il convient de relever le défi et de préparer la résilience. Partout il faut s’organiser dans les territoires. Si les élections peuvent paraître dérisoires dans ce contexte, elles peuvent malgré tout être un des leviers de la nécessaire prise de conscience et de l’établissement d’un rapport de force indispensable, favorable aux écologistes et à tous ceux qui refusent la fatalité du désastre.

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