Coronavirus, démographie, démocratie.

Les Ecologistes - Mouvement Ecologiste Indépendant

Coronavirus, démographie, démocratie.

7 avril 2020 Démocratie Démographie Santé 0

La question démographique et, dans une moindre mesure, la démocratie sont les grandes absentes des réflexions sur la crise du coronavirus. Pourtant, deux éléments au moins relient ces trois sujets.

– L’épidémie est, de façon certaine, favorisée par la promiscuité, et la promiscuité est largement fonction de la densité de peuplement, elle-même liée à l’importance de nos effectifs. Dans un habitat dispersé, l’épidémie rencontrerait des difficultés à se propager, mais elle s’est répandue comme une trainée de poudre dans les grandes agglomérations ou dans les régions très peuplées comme la métropole de Wuhan ou la Lombardie. D’ailleurs, la première des mesures que prennent tous les gouvernements est d’éviter les rassemblements, or, dans une grande agglomération, on est rassemblés par nature. Toute la politique actuelle valide cette corrélation entre densité et épidémies, sinon, aucune des mesures prises n’aurait de sens.

– La lutte contre l’épidémie dans une société urbaine et densément peuplée passe par des mesures très autoritaires, restreignant fortement les libertés. Ces mesures sont parfois efficaces, on le voit par exemple en Chine où l’épidémie semble sur la voie descendante, mais aussi à Hong Kong ou à Taiwan qui, malgré leur forte densité, ont peu ou prou réussi, jusqu’à présent, à contenir le phénomène… au prix de la fin des libertés : contrôle par caméra, confinement, suivi des personnes, peines très sévères…un monde digne de la science-fiction.

En ce sens, la démocratie risque d’être la principale victime de l’explosion démographique. Nous rejoignons-là une conclusion proche de celle que tire Jean-Marc Jancovici des crises à venir de l’énergie. Plus généralement, face à nombre de difficultés, les États sont tentés de réagir ainsi, et, plus l’habitude se prend de restreindre les libertés face à un problème, plus cette possibilité s’ancrera et plus la démocratie sera mise à mal dans l’acceptation plus ou moins passive des populations.

Au facteur démographique, on peut ajouter la mondialisation qui favorise les échanges de personnes et de biens. Cependant, la démographie peut, là aussi, être considérée comme partiellement à l’origine du problème. Il n’existe en effet guère de moyen de nourrir et approvisionner en biens divers l’ensemble de la population, presque 8 milliards aujourd’hui, sans doute près de 10 à la moitié du siècle, sans recourir à la spécialisation internationale et donc à la mondialisation de l’économie avec tous les échanges de biens et de personnes que cela suppose.

De façon générale, une population trop importante au regard des capacités planétaires tend à resserrer l’ensemble des contraintes, à menacer la nature, les ressources, la qualité de vie, la démocratie.

C’est pourquoi, au-delà de l’urgence présente, il sera bon, à la sortie de la crise de nous orienter vers une relocalisation des activités économiques mais aussi de porter sur la place publique la question de notre nombre et de réfléchir à la manière de favoriser la stabilisation puis une lente redescente de nos effectifs via l’encouragement à la baisse de la fécondité. Cela constituera la façon la plus durable de relâcher beaucoup de contraintes et de menaces. En tout état de cause, la solution visant à lutter contre l’occupation toujours grandissante des territoires par la densification des villes, qui n’est que le nom présentable de l’entassement des hommes, vient de montrer ses limites et ses dangers.

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