Pour une politique de santé

I.  INTRODUCTION

1) Tous les êtres vivants vivent ou survivent grâce au bon équilibre entre leur organisme et leur environnement (au sens large). Les plus faibles, les moins adaptés pour cause d’hérédité, de manque de nourriture, de changements climatiques, de maladie (épidémies…) ou de vieillesse sont éliminés laissant la place à une autre lignée ou une autre espèce.

2) Tous, humains compris, sommes le résultat de cette rude sélection naturelle et d’une lente et progressive adaptation à notre environnement sur des millions d’années.

Afin d’assurer leur survie, les animaux sont guidés par leurs instincts et les plus évolués par une relative capacité d’apprentissage.

3) L’homme semble avoir perdu ses instincts au profit de ses capacités de raisonnement. La pensée consciente dont la nature a doté l’être humain lui donne la responsabilité de gérer ses comportements. Il lui arrive, pourtant, de céder à des pulsions néfastes à sa santé (attirance pour des aliments, breuvages, comportements séduisants mais nocifs).

4) Pour préserver sa santé, il a donc besoin de savoirs autres qu’instinctifs ; l’apprentissage, l’expérience transmise, les connaissances scientifiques le lui permettent. L’ouverture d’esprit, la curiosité, l’observation critique et l’expérimentation sont les bases du raisonnement scientifique, langage commun à l’ensemble de l’humanité. Il est nécessairement global et tente d’expliquer le fonctionnement de la nature par une démarche à la fois analytique et synthétique pour tenir compte de la complexité et de l’interdépendance des phénomènes.

5) La prise en compte de l’interdépendance est particulièrement importante dans la pratique médicale puisque l’origine des maladies peut être tout à la fois psychologique, environnementale, génétique, organique…etc.

C’est pourquoi, la pratique médicale, choix ambitieux puisqu’il concerne notre survie individuelle et collective, doit être rigoureuse, prudente et modeste face à la complexité de sa tâche.

Elle doit respecter le principe de précaution selon lequel les mécanismes naturels sont préférables, en cas de doute, à l’intervention humaine.Un traitement quel qu’il soit, doit faire la preuve objective que ses avantages dépassent ses inconvénients avant d’être appliqué.

Les pouvoirs publics doivent veiller à l’absence de dogmatisme et d’intérêts mercantiles dans la recherche et le choix des différentes méthodes de soins.

6) L’engagement écologiste se donne pour objectif une gestion intelligente de l’espèce humaine et de ses comportements. Il est l’expression de sa prise de conscience d’être, à la fois, une partie intégrante de l’équilibre naturel et capable de le modifier à son détriment s’il ne le respecte pas.

A partir de ces principes peuvent être tracées les grandes lignes d’une politique de la Santé : efficace, économe, accessible à l’ensemble de la population.

7) La population a bénéficié de l’amélioration des conditions de vie (sécurité de l’approvisionnement alimentaire, hygiène, confort, soins…) mais se trouve soumise, maintenant, à la pollution généralisée et croissante de son environnement.

L’allongement spectaculaire de l’espérance de vie ne doit pas masquer la multiplication des cancers (en partie due à cet allongement de vie), la diminution ou la perturbation des défenses immunitaires, l’explosion des allergies, de l’asthme, le développement des troubles psychologiques…

8) Le retour de grandes pandémies liées à des nouveaux agents pathogènes ou à l’extension de maladies tropicales sous l’effet du réchauffement climatique constituent aussi des menaces.

Notre société mercantile et individualiste favorise une attitude d’inconscience. Nous jouons aux apprentis sorciers. On l’a vu par exemple avec la technologie nucléaire, ses accidents dramatiques dont on ne peut pas exclure la répétition.

Nous constatons l’accroissement constant des pollutions chimiques dans nos aliments, dans nos propres

organismes. Nous pressentons les risques induits par les O.G.M.

9) Il y a donc urgence à réformer ce système et à instaurer une vraie politique de santé en liaison étroite avec une politique de l’environnement menée par un gouvernement réellement au service du bien être présent et à venir de la population dont il assume la responsabilité.

II.  LA PRÉVENTION GRACE A UNE BONNE HYGIÈNE DE VIE

1) Une bonne médecine consiste à prévenir la maladie pour ne pas avoir à soigner.

Le mode de vie de nos ancêtres devait convenir à leur organisme puisque l’espèce humaine a survécu de générations en générations sans la possibilité de recourir à une médecine sophistiquée, sans technologie, sans molécules chimiques. Notre éloignement des lois naturelles est responsable aujourd’hui d’un grand nombre de problèmes de santé.

La prévention est la première des responsabilités du Ministère de la Santé sur la base de ce principe : toute personne, quelles que soient ses conditions sociales, a droit à un milieu de vie sain. Nul ne peut être soumis contre son gré à un risque pour sa vie, le risque étant apprécié selon le principe de précaution. La puissance publique est garante de l’application effective de ce droit.

Les organismes de contrôle doivent être totalement indépendants des services chargés du développement économique (agriculture, industrie…). Parallèlement, les associations de consommateurs et les associations environnementalistes devraient disposer d’un droit à la contre-expertise.

Notre pays devra contribuer à la mise en place d’un Observatoire Européen de la Santé qui disposant des moyens adéquats, réalisera une veille sanitaire sur la base de campagnes épidémiologiques.

Tous les éléments de l’environnement seront pris en compte : le sol, l’air, l’eau, le niveau sonore, l’alimentation (qualité et pratiques) les risques naturels, la sécurité routière et domestique, le travail, la maison, l’hôpital, le cadre de vie, le lieu social, les comportements à risque (tabac, drogue, route, alcool).

Ces travaux seront accessibles au public.

Il est statistiquement prouvé et reconnu scientifiquement que manger quotidiennement des fruits et des légumes réduit de 20 à 30% les risques de cancers digestifs entre autres avantages.

Cela prouve que pour rester en bonne santé la première précaution à prendre est de se nourrir sainement, principalement à partir de plantes fraîches, cultivées au plus près, de façon biologique, en limitant les transformations au minimum. Pour ce faire, chaque famille devrait pouvoir disposer d’une parcelle de terre où cultiver légumes et fruits.

Les cantines scolaires devraient être fortement encouragées à servir des aliments biologiques.

L’agriculture et l’élevage biologique doivent être totalement détaxés de manière à faire baisser leur prix et qu’ils se généralisent. Inversement les pesticides doivent être taxés afin de diminuer leur utilisation.

Afin de favoriser la consommation des produits locaux, une taxe sur les produits alimentaires importés de contrées lointaines doit être appliquée proportionnellement à la distance parcourue.

La nourriture carnée doit, elle aussi, être taxée et déconseillée car elle est actuellement excessivement consommée dans nos pays. La production de viande est beaucoup moins rentable que celle des végétaux tant sur le plan des quantités que des qualités nutritionnelles : 38% de la production mondiale des céréales est destinée aux animaux d’élevage.

De plus, l’élevage concentrationnaire ainsi que les transports prolongés et insalubres d’animaux doivent être interdits.

Toute culture OGM en plein champ doit être interdite tant que nous n’aurons pas la certitude de son innocuité à long terme.

Les colorants et arômes chimiques inutiles et dangereux ne doivent plus être autorisés dans les préparations alimentaires.

L’alimentation saine et le jardinage biologique devraient être enseignés à l’école et des conseils en ce sens largement et régulièrement prodigués par les médias.

2) L’activité physique

Notre organisme a été conçu pour mener une activité physique, importante, régulière tout au long de son existence. Les enfants en bonne santé démontrent ce besoin naturel qui nécessite de l’espace.

Malheureusement, cet espace leur fait souvent défaut dans des appartements trop petits et surtout dans un environnement urbain trop peu pourvu en espaces préservés.

Les habitudes et les infrastructures favorisent systématiquement les déplacements en voiture et rendent difficiles ou rébarbatifs les déplacements naturels à pied ou à bicyclette qui, au contraire, devraient être privilégiés en ville comme à la campagne. De plus, les pollutions produites par les véhicules à moteur gênent et dégradent l’activité physique.

Le sport devrait être largement pratiqué dans les établissements scolaires et encouragé tout au long de la vie courante. Il devrait être considéré comme un loisir et une activité essentielle à une vie équilibrée et non basé sur la performance extrême, la compétition et encore moins sur l’actuel « star système » qui le pervertit.

3) La sérénité mentale

Indispensable au bonheur et à toute vie harmonieuse, elle l’est aussi à la bonne santé de notre organisme.

De nombreuses affections sont d’origine psychosomatique ou aggravées par des problèmes d’ordre psychique.

Malheureusement, nos sociétés dites évoluées qui cultivent l’esprit de compétition voire la violence (boxe, combats, tauromachie…), l’individualisme et la possession de biens de consommation toujours plus nombreux, vont à l’encontre de cette sérénité.

S’ajoutent à cela les excès du libéralisme économique exagérément basé sur l’obligation d’un rendement élevé et la concurrence insuffisamment régulée par des choix éthiques.

La publicité omniprésente crée des besoins permanents souvent impossibles à satisfaire malgré une course constante vers plus de pouvoir d’achat, les heures supplémentaires, le surendettement.

Les médias financés par cette même publicité entretiennent cette névrose de consommation prétendue obligatoire à la résorption du chômage. Ils diffusent en boucle et en priorité les images de catastrophes ou de violences entretenant ainsi un climat général d’insatisfaction, de stress, d’agressivité généralisée.

Les horaires de travail décalés perturbent les rythmes naturels et en particulier le sommeil si important à l’équilibre nerveux.

Les pollutions sonores, en particulier sur les lieux de travail et autour des voies de communication, des aéroports ajoutent un stress supplémentaire.

Ainsi se développent des états d’anxiété, de nervosité, d’insomnie qui provoquent une agressivité généralisée contraire à l’harmonie et au bon fonctionnement de notre système nerveux et de l’ensemble de notre organisme.

Il serait utile de réagir à 2 niveaux :

– Au niveau de la société :

Les images de violence ou de catastrophes devraient être réduites au minimum aux grandes heures d’écoute. Toute agressivité devrait être écartée dans les propos, émissions, spectacles, et chansons.

La publicité devrait être rigoureusement informative et non incitative à la consommation. Elle devrait être interdite pour les crédits. Une critique de la publicité devrait être faite régulièrement à la télévision par des organismes indépendants, associée à des conseils de consommation économe.

– Au niveau individuel :

Un enseignement de la psychologie, de la maîtrise de soi, de la communication et du règlement pacifique des conflits devrait être institué d’abord lors de la formation des enseignants puis progressivement à tous les niveaux de l’Education Nationale. Il devrait être aussi largement diffusé à la télévision.

La pratique de la psychothérapie par des praticiens diplômés devrait être prise en charge par la Sécurité Sociale dans les cas où elle s’impose médicalement.

4) Prévenir l’auto-intoxication

a) L’abus de médicaments et l’excès de médicalisation : depuis un siècle les progrès spectaculaires de la technique et de la pharmacologie font croire qu’il est devenu impossible de rester en bonne santé sans un recours systématique aux médicaments, compléments alimentaires, vitamines et à la multiplication d’actes médicaux pas toujours anodins (la multiplication des accouchements sous péridurale par exemple).

La consommation des médicaments en France s’est accrue de 63% ces dix dernières années.

La formation des médecins, l’éducation à la santé du grand public et l’interdiction de la publicité pour les médicaments (remplacée par une information neutre et objective) devraient lutter contre ces abus.

Il va de soi qu’une information doit être largement diffusée sur les dangers de toutes les drogues et produits toxiques tant sur le plan physique (atteinte aux poumons des fumeurs, au foie des alcooliques) que psychique (fuite de la réalité et incapacité à se prendre en charge).

b) Le tabac : il conviendrait d’accentuer de façon plus radicale la lutte déjà engagée contre cette auto-intoxication qui provoque de graves dégâts chez les fumeurs mais aussi leur entourage dont leurs enfants.

L’interdiction de fumer dans tous les lieux publics et en particulier dans les écoles et les établissements de soins devrait aller de soi.

Aucune substance allant dans le sens d’une plus grande dépendance ne devrait pouvoir être ajoutée. La représentation de fumeurs dans la presse, la télévision, les films récents devrait être interdite. Des campagnes de publicité anti-tabac devraient être régulièrement répétées.

c) L’alcoolisme : il s’agit d’un fléau national puisqu’il est impliqué dans 70 000 décès tous les ans par maladies ou accidents. En France, au moins 2 000 000 de personnes seraient dépendantes. Un suivi social, psychologique, des cures de désintoxication devraient être imposés aux alcooliques invétérés qui représentent un danger pour eux-mêmes et leur entourage. La vente de boissons alcoolisées devrait être interdite aux mineurs. Une information sur les risques de l’alcool devrait être régulièrement donnée par l’Education Nationale et la Télévision.

d) Le cannabis : l’usage du « chanvre indien », improprement qualifié de « drogue douce » se banalise dangereusement, en particulier chez les adolescents, souvent associé à l’alcool. Il entraîne pourtant une dépendance réelle, des troubles sérieux de la personnalité et du comportement. Il peut être une première étape vers le passage aux drogues dures qu’il favorise

Il est, lui aussi, responsable de nombreux accidents de la circulation. Sa détection aisée, à l’occasion de contrôles de police, est à développer.

Légaliser le cannabis banaliserait et encouragerait un peu plus son usage et donc l’usage ultérieur de drogues encore plus dangereuses.

La consommation et surtout sa vente et sa culture doivent rester des délits. Le simple usage, expression d’un mal être pathologique ne saurait exposer à des peines de prison mais justifie une prise en charge psychologique obligatoire.

Là aussi l’information préventive doit être largement développée.

e) Les drogues dures : leur culture, leur fabrication, leur vente doivent être sévèrement réprimées, non seulement sur le sol français ou européen mais aussi au plan international et les organisations spécialisées dotées de moyens financiers et juridiques appropriés. L’argent de la drogue ne doit plus pouvoir être blanchi dans aucun paradis fiscal.

Les personnes victimes de dépendance doivent bénéficier d’un suivi social et psychologique.

* VOIR ANNEXE 1 en fin de texte pour texte alternatif aux paragraphes d) et e).

f) Le sida : en 2004, plus de 7 000 personnes ont appris leur séropositivité en France et              5 000 000 dans le monde. L’éducation à la prévention doit être développée dans tous les pays de la planète en attendant l’éventuelle mise au point d’un traitement radical ou d’un vaccin.

5) Lutter contre les pollutions :

Il est désormais scientifiquement établi que les pathologies, aggravées par les multiples pollutions de notre environnement privé ou professionnel, sont en nombre croissant.

Ainsi, au moins 30 000 décès anticipés par an seraient liés à la pollution atmosphérique, 7 à 20% des cancers imputables à des facteurs environnementaux.

Dans les 20 ans à venir, l’amiante pourrait être responsable de près de 100 000 décès anticipés alors que ce risque est connu depuis des décennies.

Il est impossible de chiffrer les dégâts considérables que pourrait causer à court et long terme une catastrophe de type Tchernobyl dans l’un des 58 réacteurs nucléaires dispersés sur notre territoire. Là aussi le risque est connu et pris en connaissance de cause par l’Etat français et EDF.

Pourtant l’article 1 du plan national « Santé Environnement » prévoit que chacun a le droit « de vivre dans un environnement équilibré et favorable à sa santé ».

Prévenir les pathologies d’origine environnementale suppose une politique volontaire, globale, entreprise par un vrai Ministère de l’Environnement doté de moyens et d’une autorité suffisante en relation étroite

avec le Ministère de la Santé qu’il devrait peut-être englober.

III. LES SOINS MÉDICAUX

1) Même si beaucoup reste à faire dans le domaine de la prévention, la meilleure hygiène de vie n’empêche pas toujours la maladie. La médecine doit alors intervenir pour rétablir un équilibre et une espérance de vie menacée par la dure loi de la sélection naturelle.

2) Bien qu’elle soit reconnue comme l’une des meilleures au monde, la médecine française présente un certain nombre d’imperfections qu’il est possible de corriger. Une politique plus volontaire de prévention, disposant de moyens suffisants pourrait abaisser notablement son coût tout en améliorant la santé de nos concitoyens.

3) Toute médecine bien conçue pour une efficacité optimum devrait être :

– aussi douce que possible, c’est à dire, la moins agressive possible

– globale, c’est à dire prenant en compte l’intégralité psychique et physique de l’individu

– naturelle, c’est à dire respectant autant que possible la physiologie de l’être humain et les interactions avec son environnement

4) Notre pays est curieusement l’un des plus gros consommateurs d’antibiotiques et d’anxiolytiques

Les mesures préventives déjà citées et l’information aideraient les praticiens à résister à la très forte demande en médicaments de la part des patients et à la pression commerciale des laboratoires.

Il en est de même des nombreux examens complémentaires tant en pratique privée qu’en milieu hospitalier qui n’ont parfois pour objectif que de rassurer le patient ou protéger le soignant du risque d’éventuelles critiques ou même de poursuites.

5) La politique entreprise pour responsabiliser les uns et les autres devrait être poursuivie et renforcée

La pression exercée par les laboratoires pharmaceutiques sur les médecins par l’intermédiaire de la publicité et des visiteurs médicaux devrait être reconsidérée. Ils dépensent autant pour la publicité que pour la recherche.

Seule une information objective des médecins devrait être diffusée par des organismes indépendants.

Toute publicité auprès du grand public en faveur de médicaments ou traitements devrait être totalement interdite, ce qui diminuerait leur coût et leur consommation.

6) L’évaluation des médicaments aujourd’hui en France exige une procédure lourde et très coûteuse qui aboutit à une AAM (autorisation de mise sur le marché)

Elle est financée par les laboratoires pharmaceutiques qui prévoient de mettre la molécule sur le marché.

Les chercheurs individuels n’ont évidemment pas les moyens de financer cette procédure. Nous pensons qu’il est de la responsabilité de l’Etat de ne pas mettre ces chercheurs « hors la loi », mais plutôt de vérifier l’efficacité et l’innocuité de leurs recherches.

Toutes les agences d’expertise de l’Etat (ANAES, AFSS, APS) devraient comporter autant d’experts issus du domaine public que du domaine privé.

7) La phytothérapie

Les plantes sont à la base d’une grande partie des médicaments actuels. La médecine chinoise ancestrale les utilise largement depuis plusieurs millénaires. Encore de nos jours, des recherches scientifiques systématiques sont faites pour trouver dans les plantes de nouvelles molécules ayant des vertus thérapeutiques. C’est une raison supplémentaire pour préserver la biodiversité.

Il n’en reste pas moins que l’usage d’une plante pour se soigner doit respecter des règles rigoureuses de récoltes, de préparation et surtout de dosage, ce qui n’est pas toujours facile. Ainsi, par exemple, l’infusion d’aconit utilisée en médecine chinoise comme analgésique présente une grave toxicité cardiaque à forte dose. Cela prouve que la pharmacie herboriste ou non doit rester une science pratiquée avec rigueur, compétence et que l’amateurisme ou l’automédication peuvent s’avérer extrêmement dangereux.

8) Les médecines dites alternatives

La recherche fait actuellement peu de place à ces pratiques ancestrales ou d’avant garde qui se proposent d’apporter un plus d’efficacité à la médecine curative ou préventive (acupuncture, homéopathie, ostéopathie…).

Elles devraient être sérieusement considérées par les pouvoirs publics et les scientifiques afin de bénéficier d’études approfondies établissant la réalité de leurs effets. Si ces effets sont effectivement prouvés, ces pratiques devront alors être enseignées et les diplômes reconnus dans ces spécialités. La prise en charge par la Sécurité Sociale devrait suivre.

9) Liberté de choix thérapeutique et vaccinal

Une liberté fondamentale de l’être humain adulte et responsable est de pouvoir disposer comme il entend de son corps et d’ingérer ce qui lui semble (en toute connaissance de causes et d’effets) juste et bon pour son propre équilibre à condition de ne pas nuire à autrui.

Par conséquent, aucun traitement, aucune vaccination ne saurait être imposé aux citoyens majeurs et responsables sauf cas très exceptionnels de risques sanitaires collectifs majeurs (risques épidémiques graves).

*VOIR ANNEXE 2 en fin de texte : clause de conscience

Pour les personnes atteintes de maladies incurables, le droit à l’euthanasie doit être reconnu, entouré de toutes les conditions de sécurité et de libre choix chez une personne disposant de toutes ses facultés mentales.

10) La réforme des études médicales :

La sélection sous forme de concours à l’entrée des études médicales est excessivement basée sur les capacités de mémorisation et les connaissances théoriques centrées sur les sciences mathématiques.

Nous préconisons un recentrage sur l’apprentissage pratique, la clinique, la motivation profonde, les qualités d’écoute et de compassion des candidats.

Nous proposons :

que les candidat(e)s médecins obtiennent d’abord le diplôme d’infirmier(e)s et justifient d’une pratique d’au moins un an à ce titre avant de postuler à poursuivre leurs études médicales après sélection des plus aptes et des plus motivé(e)s :
– l’introduction dans les études médicales de cours de toxicologie et d’écologie générale
– la reconnaissance des certificats des écoles privées de médecines naturelles (ostéopathie, naturopathie, kinésiologie, acupuncture, etc.) après vérification des connaissances par un organisme agréé par l’Etat (garantie de sérieux) ce qui permettrait d’ouvrir les portes des hôpitaux et des cliniques aux thérapies naturelles comme c’est le cas dans plusieurs pays. Les thérapeutes alternatifs confirmés pourraient pratiquer des enseignements à l’université

Campagnes d’informations sur les bonnes habitudes de vie (alimentation, exercice physique, respiration, etc.), les mauvaises (tabac, alcool, produits raffinés, plats préparés, excès de viande, sédentarité, etc.). avec diffusion dans les médias nationaux aux heures de grande écoute.

Favoriser l’éducation parentale en mettant en place des structures d’informations des parents dans chaque école :

– de favoriser économiquement les praticiens qui s’installent dans les déserts médicaux
– la création de maisons médicales regroupant plusieurs spécialités médicales et paramédicales se succédant dans des locaux communs
– l’encouragement au travail à temps partiel, en particulier pour praticiens mères de familles ou praticiens en fin de carrière voire en début de retraite

11) La formation continue :

Obligation pour tous les praticiens de se recycler périodiquement pour une bonne pratique de la médecine.

12) Revalorisation du rôle de la sage-femme :

Sauf cas particulier, l’accouchement n’est pas un acte médical mais un acte naturel.

Il faut revoir à la hausse les tarifs de la Sécurité Sociale pour l’encadrement de l’accouchement à domicile sous la responsabilité d’une sage femme.

13) La responsabilisation de chaque citoyen :

La préservation de la santé, notre bien le plus précieux, ne saurait être négligée. Pour les Ecologistes, il s’agit d’une priorité absolue.

Tout ce qui peut être fait pour préserver ou améliorer la santé doit être étudié avec clairvoyance, la prévention restant la voie de la sagesse à privilégier.

Aussi, faut-il que l’éducation à la santé au sens large soit intégrée dans le parcours éducatif des jeunes français et de leurs parents. Cela concerne aussi bien l’alcoolisme, les stupéfiants, les conduites sexuelles à risques, l’alimentation, l’hygiène comme le simple fait de se brosser les dents ou pratiquer des exercices physiques réguliers.

Elles sont aussi réalisées par des magazines privés qu’il serait bon de reconnaître d’utilité publique quand ils encouragent des démarches non médicamenteuses et de les aider par la suppression de la T.V.A.

IV. FINANCEMENT ET GESTION DU SYSTÈME DE SANTE

1) Une politique de santé vise à faire bénéficier chaque citoyen des meilleurs soins possibles tout en assurant son financement. Ce dernier s’appuie sur une assurance maladie mise en place en 1945. Son équilibre est actuellement compromis. Il nous faut donc l’adapter.

En effet, la hausse constante des dépenses de santé est liée aux progrès technologiques, au coût croissant des traitements, à l’allongement de la durée de vie et au souhait de la population à bénéficier de la meilleure protection possible face à la maladie.

Les diverses mesures mises en place pour enrayer cette montée des dépenses ont jusqu’à présent donné des résultats insuffisants.

Comme nous l’avons développé précédemment, l’éducation et la prévention des pathologies d’origine environnementale permettraient d’importantes économies. Cela suppose une politique volontaire, globale, entreprise par un véritable Ministère de l’Environnement doté de moyens et d’une autorité suffisante sur les autres Ministères, en relation étroite avec celui de la Santé qu’il pourrait englober.

2) La protection médicale universelle participe à la politique de répartition des revenus et de solidarité nationale. Non seulement chaque citoyen a droit à bénéficier de soins adaptés à son état mais c’est aussi l’intérêt général d’un pays que d’avoir une population en bonne santé.

Elle devrait être la priorité absolue de tout gouvernement conscient de ses responsabilités car la santé, bien que non productrice de biens marchands, permet le maintien de la force de travail et donc de la richesse d’un pays.

Le MEI s’oppose donc à toute individualisation du risque médical.

3) Le financement des conséquences de la maladie repose actuellement sur les seuls travailleurs. C’est une forme de solidarité mais ce n’est pas la meilleure car elle freine le plein emploi par l’alourdissement des charges sociales.

Nous proposons donc le transfert progressif de tout ou partie des charges sociales vers les divers impôts et TVA, en particulier sur les activités polluantes ou participant au réchauffement de la planète

4) Contrairement à ce que certains affirment, la croissance de la consommation n’est pas une solution acceptable au chômage puisqu’elle accroît les pollutions.

Par contre, s’orienter vers des productions durables et de qualité par des techniques moins polluantes participe à la création d’emplois et à la bonne santé de tous.

5) Le système médical français est basé sur le libéralisme (on choisit son médecin qui est payé à l’acte). Ce système se régule théoriquement par la loi de l’offre et de la demande.

Or cette régulation ne peut s’effectuer puisque les frais médicaux sont pour la plupart remboursés donc gratuits au final. Ce système de remboursement complémentaire systématique par les mutuelles favorise la multiplication des actes médicaux et la surconsommation des médicaments, ce qui n’est pas toujours favorable à la santé.

La mise en place d’un ticket modérateur significatif, obligatoire, adapté à la pathologie et aux revenus pourrait être étudiée (système appliqué à Monaco).

Il serait souhaitable d’établir un contrôle plus strict des congés maladie et de certaines pratiques médicales abusives.

Une meilleure couverture des soins dentaires et ophtalmologiques  devrait être mise à l’étude.

6) La couverture territoriale du système de santé devient de plus en plus inégalitaire entre des régions surmédicalisées et d’autres en voie de désertification.

Nous préconisons :

Afin d’instaurer une saine émulation, pourraient être expérimentées des formes de rémunération forfaitaire de praticiens volontaires, en particulier dans les maisons médicales.

7) Les services hospitaliers d’urgence coûtent cher et sont souvent saturés en période d’épidémies ou d’afflux de population par de fausses urgences. Ces services hautement spécialisés se trouvent alors encombrés et ne peuvent plus se consacrer exclusivement aux urgences véritables.

Pour remédier à cette situation, il faudrait créer, en amont, des services d’accueil de sélection (sauf urgences flagrantes traitées par le SAMU) et d’orientation des urgences. Ces services auraient un coût de fonctionnement bien moindre et désengorgeraient les services hospitaliers. Ils pourraient être décentralisés.

8) Il serait de plus souhaitable de créer une commission d’évaluation des pratiques médicales afin d’évaluer et de prévenir les risques d’erreurs ou de pratiques abusives et d’améliorer la gestion des dépenses de santé tant dans le privé qu’à l’hôpital (sur le principe de fonctionnement de la Cour des Comptes)

ANNEXES

*ANNEXE 1 :

« Chaque individu doit être responsable de ses choix et de sa vie.L’Etat n’a pas à prendre en charge par des lois d’interdictions le comportement des individus, sauf bien sûr lorsque les dits comportements et choix sont une atteinte à la liberté et à la vie d’autrui. L’Etat n’a donc pas à porter atteinte à la liberté des individus à disposer d’eux-mêmes comme bon leur semble, à penser comme bon leur semble. STOP à la pensée unique. La prohibition de toutes les drogues est en soi une dictature (ce qui consiste à dicter au peuple une conduite à suivre), une atteinte à la liberté fondamentale d’absorber les produits de son choix. Le système suisse nous paraît être le meilleur moyen de respecter cette liberté et de juguler les Trafics.

Du “droit à la santé”, il y a dérive vers le “devoir de santé” voire l’”obligation de santé”.

“La drogue n’est pas interdite parce qu’elle est dangereuse, mais elle est dangereuse parce qu’elle est interdite (Procureur Georges Apap). »

*ANNEXE 2 :

Clause de conscience au paragraphe concernant la vaccination  :

« Le MEI propose la clause de conscience suivante sur la responsabilité parentale concernant la vaccination : toute personne qui, pour des motifs personnels et après avoir pris l’avis de son médecin, refuse d’être vaccinée ne pourra y être contrainte. Les parents et les tuteurs d’enfants mineurs peuvent choisir pour leur enfant dont ils ont la charge de ne pas le faire vacciner. La personne doit alors signer une décharge indiquant qu’elle assume, pour elle-même ou pour son enfant, la pleine responsabilité de cette déclaration dont les conséquences, quant aux risques courus, ont été préalablement exposés par son médecin. »

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