Une nouvelle voie

L’Humanité a les moyens de détruire ce qui donne un sens à la vie, c’est à dire la vie elle-même. Elle a les moyens de construire le “meilleur des mondes”, cette grande fourmilière dans laquelle l’individu perdrait son identité et sa liberté. Le capitalisme et le socialisme ont engagé une telle évolution en se fondant sur un postulat erroné: celui d’une production illimitée de biens matériels et de richesses par le travail humain. Or, tout est limité sur notre planète: les matières premières, l’eau, le territoire, les ressources renouvelables…

Les formations qui ont gouverné le pays n’ont jamais été capables de quitter leur logique de croissance, que ce soit en matière démographique, de consommation d’énergie et d’espace, ou de mobilités. Les valeurs non marchandes comme l’harmonie d’un paysage ou la convivialité d’un quartier pèsent de peu de poids face aux exigences de l’économisme. Les dernières forêts rhénanes, ce qui reste de littoral intact et les quelques ours des Pyrénées, sont sacrifiés sans état d’âme sur l’autel d’un développement qui a oublié sa finalité: l’épanouissement de l’individu et des sociétés humaines.

La violence parait légitime à la droite et à la gauche lorsqu’elle sert l’Etat ou leur vision du progrès. La résolution armée des conflits, l’écrasement de l’individu par la machine étatique, certaines technologies, expriment cette violence que nous rejetons.

La prise en compte des limites de la planète conduit à écarter l’option de la croissance matérielle, présentée hier comme une réponse au chômage. Le respect de la vie comme éthique de la responsabilité humaine s’oppose à l’exploitation sans retenue des ressources de la Terre et à la domination sans partage de tout le territoire planétaire. L’exigence de solidarité mondiale ne supporte pas les égoïsmes nationaux. La non violence technologique et sociale récuse la vision matérialiste et déterministe du progrès pour lui substituer une définition qualitative, humaniste et culturelle.

Pour conserver intacte notre capacité à inventer l’avenir, nous devons rester libres de tout héritage idéologique, sans pour autant être ignorants de l’Histoire.

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