L’indépendance, pour convaincre et agir

L’avènement d’une société écologiste demande une profonde évolution des mentalités. Les écologistes ne peuvent réussir qu’en convaincant une majorité de personnes par delà les catégories sociales. Le cadre et l’ouvrier sont unis, par une même communauté de destin face à la crise écologiste: notre message s’adresse à l’un comme à l’autre.

Comment la population pourrait-elle comprendre que les écologistes incarnent cette démarche nouvelle, s’ils s’inscrivent dans la confrontation droite-gauche? Comment convaincre l’ensemble des Français, en ne s’adressant qu’au peuple de gauche … ou de droite ?

L’indépendance politique est le moyen le plus efficace pour faire avancer les idées écologistes. Elle est à la fois conceptuelle, méthodologique et stratégique.

Conceptuellement, elle affirme l’originalité des idées écologistes face aux idéologies politiques classiques.

En tant que méthode, elle implique une totale ouverture d’esprit, qui permet de dialoguer librement et sans a priori avec l’ensemble de la population, des associations et des autres formations politiques démocratiques. Ce faisant, elle permet de formuler un projet en prise avec la réalité complexe et évolutive du monde.

Pour parvenir à le mettre en œuvre, l’indépendance politique permet de sélectionner en toute objectivité, s’il existe, un partenaire ouvert à nos idées. Nous n’avons pas de partenaires privilégiés ou naturels, mais des partenaires potentiels engagés par un rapport de force qui nous soit favorable. En lieu et place de l’étiquette politique, ce sont les capacités du partenaire à appliquer un contrat de gestion local ou national qui seront retenues.

En tant que formation politique, nous avons vocation à envoyer des écologistes sincères dans les institutions, y compris au gouvernement. Mais cette participation est subordonnée aux conditions qui permettent à cet engagement d’être pertinent. Toute participation à un exécutif suppose un contrat définissant des objectifs concrets et réalisables sur la durée du mandat. Ce contrat doit être public et appuyé par un poids électoral crédible. Son exécution doit être planifiée et mesurable.

Pour que notre identité politique soit perceptible par l’opinion, et par respect pour nos électeurs, nous refusons les désistements de seconds tours et les consignes de vote.

Parce qu’une évolution sociale d’ordre culturel est forcément progressive, notre démarche ne peut être que réformiste sur le court terme, tout en restant ferme sur les orientations et radical sur les objectifs à long terme. Le long chemin d’une conviction comporte deux pièges à éviter: l’enlisement dans un dogmatisme stérile et l’émoussement au contact du “pouvoir” et du “poids des réalités”.

Notre stratégie consiste à privilégier les réformes à effets structurels, à construire une majorité culturelle qui appuie la majorité électorale que nous souhaitons et à dépasser les blocages de la société par l’arbitrage référendaire des citoyens.

L’écologie politique est efficace quand elle ne confond pas pouvoir le formel et le pouvoir réel.
C’est le pouvoir réel qui nous intéresse, car lui seul permet de faire changer le cours des choses. Il ne s’acquiert qu’avec un appui majoritaire de l’opinion, les moyens de contrôler la technocratie, et l’assurance d’être autonome vis-à-vis des pouvoirs économiques.
Le pouvoir formel ne nous intéresse pas si notre influence sur la société peut être plus forte dans l’opposition que dans un exécutif nous réduisant à l’impuissance ou à la soumission.

Notre bilan ne devra pas s’évaluer en nombre de maires ou de ministres, mais à l’ouverture de la France et de l’Europe à la culture écologiste.

Notre ambition est de contribuer au progrès de la pensée et des comportements collectifs.

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