De nouvelles orientations économiques et sociales

Si l’écologie scientifique nous éclaire sur le bon usage de notre habitat Terre, elle ne nous indique pas nécessairement les voies à suivre pour réconcilier l’Humanité avec elle-même et la planète. La démarche écologiste, particulièrement en matière économique et sociale, reste soucieuse des réalités, capable de tirer la leçon de ses expériences et de l’évolution des connaissances.

L’écologisme est à la fois critique du collectivisme et du libre échangisme mondial. Négation des minorités, tendance au totalitarisme, gaspillage des ressources et incapacité à satisfaire les besoins élémentaires condamnent l’économie collectiviste. Marginalisation du pouvoir politique et de la démocratie représentative, incapacité à répartir équitablement les ressources de la planète ainsi que l’effort nécessaire pour les produire, disqualifient le libre échangisme dans une économie mondialisée.
Ces deux économies sont sous-tendues par des philosophies matérialistes et scientistes. Elles montrent une égale incapacité à intégrer autrement que de manière marginale ce qui relève du qualitatif. Elles justifient la production par la nécessité d’amortir les machines, de faire circuler l’argent ou de donner du travail : à aucun moment, l’opportunité de la production est soumise à l’examen de son utilité sociale. Ces deux systèmes se satisfont d’une standardisation où se dissolvent l’intégrité des individus et la diversité du monde.

Pour le modèle économique dominant, l’expansion est vitale. Il se nourri de la croissance du trafic automobile, du marché immobilier, du nombre de consommateurs, de la consommation stimulée par la publicité …

L’alternative est une économie de marché régulée, arbitrée par les citoyens, les assemblées élues et les consommateurs éclairés. L’initiative et l’entreprise individuelles dans une économie basée sur l’offre et la demande représentent le système économique le plus efficace et le plus démocratique, sous réserve que:

  • la représentation élue des citoyens en assure la régulation en veillant au respect des lois, des équilibres territoriaux, des identités culturelles et en organisant les solidarités.
  • la compétition propre à l’économie de marché ne s’exprime pas au détriment des exigences environnementales ou sociales. Cela suppose que les règles régissant la production et les échanges entre marchés différents soient maîtrisées et qu’à terme ces règles soient harmonisées.
  • l’Etat assure, par des outils réglementaires et fiscaux, l’intégration des coûts sociaux et environnementaux dans le prix des produits et des services.
  • les consommateurs puissent jouer leur rôle, dans un système réellement concurrentiel, la transparence dans la formation des prix et la totale information du public sur la qualité des produits. A terme, la pression consumériste doit permettre, de réorienter la production vers des biens durables, plus économes, soucieuse de la santé des personnes et de leur milieu.

Nous voulons mettre en oeuvre des leviers qui inverseront les logiques actuelles, en favorisant:

  • le rapprochement du citoyen des lieux de décision.
  • les unités de production et de consommation à dimension humaine.
  • la diversification des modes d’occupation de l’espace.
  • la production et la consommation locale par l’application du principe de subsidiarité aux échanges économiques.
  • la construction politique européenne pour créer une zone d’échange qui s’autonomise par rapport au marché international et qui privilégie le qualitatif sur le quantitatif.

Une économie harmonieuse doit permettre à chacun de se loger, de se nourrir, ou de se cultiver, sans remettre en cause par son mode d’existence la survie de l’Humanité sur la planète. Cela implique une décroissance de la productions de déchets, de la consommation d’énergies non renouvelables et une utilisation rationnelle des matières premières et des espaces fertiles.

La prise de conscience de l’existence et de la gravité de la crise écologique conduit au dépassement des antagonismes de classe par la découverte d’une solidarité de destin entre tous les membres du corps social. Mais, cette prise de conscience est plus difficilement accessible à ceux qui vivent dans l’angoisse du lendemain. Aussi, notre projet affirme la nécessité d’assurer à chacun l’accès à un travail digne et à un revenu décent. Il vise également à réduire les disparités: inégalités de qualité de vie (environnement, logement), d’accès à la connaissance et à la santé.

Ce sont, au delà des considérations morales qui plaident en ce sens, des enjeux fondamentaux pour la cohésion du monde.

Pour nous, le progrès social ne se mesure pas au pouvoir d’accumuler des biens matériels mais aux potentialités d’épanouissement physique et mental de chacun et à la capacité de donner un sens à sa vie.

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