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Trois « écologistes » au gouvernement : une basse manœuvre électorale !

 

Devenue une force non négligeable sur l’échiquier politique français dès la fin des années 1980, l’Ecologie représentée essentiellement par le parti « Les Verts » constituait une menace pour les grands partis, plus particulièrement pour le Parti Socialiste puisque l’Ecologie prenait plus de voix à Gauche qu’à Droite. Le Parti Socialiste réagit alors en créant d’abord une structure concurrente des Verts ( « Génération Ecologie » en 1991), en organisant une campagne calomnieuse dans les médias (les Khmers Verts) et, parallèlement, en missionnant par entrisme de nombreux individus qui finirent, sous la houlette de Dominique Voynet, par prendre le pouvoir en 1993 chez les Verts. Cette prise de pouvoir fut facilitée par la naïveté de nombreux militants Verts et leur absence d’engagement strictement politicien. Les Verts étaient désormais sous tutelle du Parti Socialiste qui, pour récompenser leur docilité, leur attribua non seulement de nombreux postes d’élus mais aussi la bienveillance des médias.

Mais les Verts, devenus EELV, lassés par le peu d’avancées en matière d’Ecologie obtenues de leur partenaire socialiste durant plus de 20 ans, ternis par l’image déplorable qu’en ont les citoyens français, affaiblis par la régression du nombre de leur militants et les abandons de certains de leurs cadres ont fini par réagir : critiques de plus en plus virulentes vis-à-vis du Parti Socialiste et tendance à s’en détacher pour retrouver une certaine autonomie comme celle manifestée lors des dernières élections régionales de décembre 2015.

Or le Parti Socialiste, s’il veut voir la réélection de François Hollande en 2017 a absolument besoin soit d’un parti EELV soumis, soit d’une caution écologiste en débauchant des membres éminents de ce parti. EELV étant dans un tel état d’éclatement et de conflits internes, le choix de François Hollande s’est tout naturellement porté sur le débauchage qui a en outre été facilité par les ambitions personnelles de nombreux prétendants. Les nominations de février 2016 de Barbara Pompili, Jean-Vincent Placé et Emmanuelle Cosse au gouvernement ne sont finalement qu’un bis répétita de ce qui s’est passé en 1993 avec Dominique Voynet afin de sauver le Parti Socialiste.

Le Mouvement Ecologiste Indépendant ne peut que se désoler de cette manœuvre qui porte préjudice à l’Ecologie Politique et donc à l’ensemble de la sphère écologiste (autres partis, associations).

Le Mouvement Ecologiste Indépendant a la certitude que les trois « écologistes » du nouveau gouvernement Valls ne pourront en aucun cas infléchir la politique du Premier Ministre qui a montré depuis qu’il est au pouvoir que l’Ecologie est le cadet de ses soucis. Par ailleurs le MEI doute fort que cette manœuvre puisse contribuer à la réélection de François Hollande en 2017.

Jean Bitterlin

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