Sur les données démographiques et leurs commentaires récurrents

Les Écologistes du MEI (Mouvement Écologiste Indépendant) constatent avec effarement mais sans surprise le ton employé cette année encore par la quasi-totalité des commentateurs à propos des statistiques démographiques fournies par l’INSEE.

Comme d’habitude, la croissance démographique du pays, des différentes régions et agglomérations est abusivement qualifiée en termes positifs : “dynamisme” ou “progrès”, tandis que les régions dont la population baisse, ou n’augmente que trop lentement, sont jugées “poussives”, “à la traîne”, “en déclin”.

Il est regrettable que les chiffres ne puissent être présentés par la presse et les éditorialistes avec davantage d’objectivité : les mots de “baisse”, “augmentation” ne sont-ils pas assez parlants, pour qu’on les remplace systématiquement par “déclin” ou “dynamisme” ? Quant à la prétendue “stagnation”, mieux vaudrait la nommer simplement “équilibre” ou “stabilité”.

En ces temps de course à un illusoire retour de la croissance économique, d’aucuns croient voir dans les données démographiques ainsi connotées un indicateur des atouts ou handicaps respectifs des différents pays d’Europe. Davantage d’habitants, ce serait plus de consommateurs (surtout) et plus de travailleurs (hypothétiquement), donc la recette miracle de la croissance économique. Alors que les terres arables s’épuisent ou sont sacrifiées sous le béton, à Notre-Dame-des-Landes comme ailleurs, alors que les ressources énergétiques sur lesquels repose notre société industrielle amorcent leur déclin, alors que nul ne peut nier la crise du logement, nos élites persistent donc dans le populationnisme le plus éculé.

Le MEI réaffirme au contraire que l’augmentation de la population, en France ou dans le monde, est un facteur aggravant de la crise globale, environnementale, économique et sociale. Son encouragement par le “natalisme” ou par l'”immigrationnisme” sous de fallacieux prétextes économiques serait une grave inconséquence. A défaut, et dans l’attente, d’une prise de conscience des dangers de la surpopulation, le MEI en appelle donc dans l’immédiat à davantage de retenue et de neutralité dans les commentaires.

3 réponses sur “Sur les données démographiques et leurs commentaires récurrents”

  1. Je partage évidemment à 100 % l’analyse de Fabien Niezgoda. Le matin même du jour ou cet article était publié, j’entendais à la radio un économiste expliquer qu’en France le chômage avant notamment pour cause l’arrivée de classes d’âge nombreuses sur le marché du travail, fruit de la forte fécondité française.
    Le journaliste l’interrompit pour dire ” une très bonne chose par ailleurs”. L’économiste ne démentit pas. Oui, tous les ans à l’annonce des statistiques démographiques françaises, les mêmes propos nous sont imposés et le choix du vocabulaire, justement mis en évidence par Fabien, est édifiant.
    Les journalistes, les économistes et le monde politique dans son immense majorité et quelle que soit son orientation, présentent la forte fécondité de notre pays comme une bonne nouvelle par essence avec le même naturel et la même évidence qu’ils prétendraient préférer le bonheur au malheur et la bonne santé à la maladie.
    Cette touchante unanimité ne peut même pas être mise sur le compte du seul nationalisme puisque, toujours à la radio, j’entendais également des commentateurs expliquer que l’Inde avait sur la Chine l’avantage d’un potentiel économique beaucoup plus favorable pour l’avenir grace à son dynamisme démographique. On se demande ce qui se passera quand les 1,5 milliards d’indiens prévus pour 2025 seront à leur tour âgés et qu’il faudra encore plus de jeunes pour y faire face. Je suppose que la croute terrestre aura la bonté de devenir élastique.

    Pourtant, lorsque l’on discute avec les gens, les choses sont moins contrastées et beaucoup de français sont prêt à admettre que la question de la surpopulation doit avoir toute sa place dans les débats sur l’écologie, qu’elle doit cesser d’être taboue et qu’un nombre plus restreint de naissances pourrait ne pas être une mauvaise chose.
    Le jour où certains partis politiques comprendront cet état d’esprit de leurs adhérents potentiels, peut-être les points de vue affichés seront-ils moins monolithiques et “bien-pensants”. Dans un premier temps il s’agira sans doute plus d’un calcul électoral que d’une réflexion sincère, mais il faut absolument changer cet état d’esprit sinon nous serons 10 milliards sur la planète et sans plus d’espoir de la sauver.

  2. Simplement, à la fin de l’avant dernier paragraphe je mettrais des guillemets autour du mot “élites”
    Car pour des écologistes, ceux qui ont la responsabilité politique de la marche du monde vers ce que nous pensons être le désastre de l’écosystème planétaire permettant la vie sur terre ne peuvent être qualifiés d’élites qu’avec une connotation dramatiquement humoristique. Jacques lançon

  3. Ce communiqué (de Fabien) reprend un tas de choses déjà dites et évidentes pour nous. Je le signe, comme bien d’autres qui ne se revendiquent pas nécessairement de l’Ecologie, des deux mains mais pour le dernier paragraphe en mettant « … est une grave inconséquence. » au lieu de « … serait une grave inconséquence. » et aussi de dire à qui ont en appelle.

    Mais il me semble néanmoins qu’en tant que parti politique et au-delà de la sémantique nous devrions avoir une position claire sur le sujet de la démographie, poser les questions et apporter les réponses :

    – la France n’est-elle pas trop peuplée (avec les raréfactions grandissantes de l’énergie, des matières premières, des terres arables, des produits issus de l’agriculture …. et de leurs conséquences). Ce qui entraîne donc qu’il nous faudra avoir une position non seulement sur la natalité mais aussi sur l’immigration et l’émigration (donc comment éviter l’attractivité de la France –sujet délicat !) et sur l’âge du départ à la retraite (à cause de la pyramide des âges).

    – que proposons-nous au niveau des allocations familiales ou au sujet du quotient familial ? Par exemple une allocation de 200€ (ou plus si vous voulez) pour un enfant, 400€ pour deux enfants, 400€ pour trois enfants(donc rien de plus pour le 3ème), 200€ pour quatre enfants (donc on enlève 200€) et rien pour cinq enfants. Que proposons-nous sur le quotient familial qui profite surtout aux riches (donc au détriment de toutes les autres catégories sociales).

    – que proposons-nous pour éviter que les villages, défigurés par l’habitat, ne s’étendent (souvent au prétexte que l’école communale risque de fermer). Oserons-nous dire(ou comment dirons-nous) que plus un m2 de terre arable ne devra être sacrifié (aux lotissement, aux projets routiers, aux projets de nouvelles lignes TGV ou d’aéroport).

    – etc. etc…..

    Jean Bitterlin

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