Marches pour le climat et pouvoir citoyen

ParFrancine Herbaut-Dauptain

Marches pour le climat et pouvoir citoyen

La mobilisation citoyenne de ce 8 septembre a-t-elle été galvanisée par le départ de Nicolas Hulot du Gouvernement et ses propos ? Pour une part sans doute, de même que la désillusion face aux gouvernants, plus attachés à maintenir le statu quo qu’à agir contre les causes responsables de la dérive climatique, les appels des scientifiques et chercheurs et le long travail de sensibilisation des écologistes.

La question à l’issue de cette manifestation est celle de l’action du citoyen et de son impact sur les politiques publiques.

Changer nos modes de vie. Réparer plutôt que jeter. Acheter bio dans un commerce de proximité plutôt qu’auprès de la grande distribution ou son livre chez le libraire plutôt que chez Amazon. Manger moins de viande. Se transporter en vélo, à pieds, en transports en commun plutôt que de prendre systématiquement la voiture et l’avion. Voici pêlemêles quelques petits gestes que les citoyens font leurs.

Encore faut il avoir en tête l’impact de ceux-ci. Quelques exemples : prenez une douche plutôt qu’un bain pour économiser l’eau : oui mais 92 % de l’eau est utilisée par l’industrie et l’agriculture ! Trier vos déchets représentera environ 8 % de la production totale de déchets en Europe. Les économies d’énergie individuelles (éteindre les lumières, ne pas laisser d’appareil en veille…) ne représentent qu’environ 25 % de la consommation globale. *

Ainsi, même si ces petits gestes et comportements citoyens sont utiles, les actions individuelles n’ont pas le même poids que celui des activités agricoles et industrielles.

 Il est temps de se poser les vraies questions sur notre civilisation consumériste et de la remettre en cause. Pour se diriger vers une société plus sobre, la remise en cause des fondamentaux sur lesquels repose l’économie de marché actuelle est essentielle.

 

Le poids du consommateur est considérable. Pourquoi le bio a-t-il fait un bond en avant ces dernières années si ce n’est parce que les consommateurs veulent des produits sains, qui préservent leur santé et celle de leurs enfants ? Attention la grande distribution rôde et « fait du bio » mais dans quelles conditions ? Ainsi consommer bio va de paire avec des achats locaux et le plus possible auprès de coopératives et producteurs locaux. Si non, le bénéfice environnemental est plus que réduit quand le produit vient de l’autre bout de la planète ou que le producteur ne peut vivre décemment de son travail.

Reste donc à assurer une information complète du citoyen sur l’impact de son action individuelle et de ses choix. Car si nos actions individuelles ne remettent pas en cause le modèle de société, elles ne transforment rien. De même les politiques partielles ne remettent pas en cause la croissance mais en limite les effets.

Nous pourrons changer le cours des évènements si nous sommes des millions à agir et qu’une véritable coopération s’opère entre citoyens, élus, militants politiques pour dépasser les puissances financières.

 

Dans leur Assemblée Générale de mars 2018 les écologistes du Mouvement Ecologiste Indépendant se sont donné comme objectif le rassemblement de tous les citoyens, associations et partis écologistes pour arriver à l’effet levier indispensable pour juguler le dérèglement climatique.

En effet, nous devons conjuguer nos talents et nos expériences. Seuls les élus écologistes peuvent apporter une réponse politique à la mesure des enjeux.

Notre Mouvement a choisi l’indépendance comme stratégie d’action ce qui nous permet de rallier tous les citoyens au-delà du clivage gauche-droite dont les principaux partis ont érigé la croissance comme seule réponse possible à l’évolution du monde.

Le Mouvement Ecologiste Indépendant propose de rassembler largement sur nos convergences à agir.

 

Pour le Mouvement Ecologiste Indépendant doivent être remis en cause, en plus de la course à la production et à la croissance :

L’antropocentrisme*, qui place l’humain au centre de l’Univers et permet de justifier moralement l’exploitation par l’Homme de la planère et de tous les êtres qui y vivent.

La problématique démographique ne doit plus être un sujet tabou*

Sans la recherche d’une stabilisation rapide de la population mondiale il est illusoire de stabiliser, à fortiori de réduire, le poids de l’Humanité sur les ressources et les écosystèmes terrestres. En effet, pour stabiliser l’empreinte humaine, compenser la croissance de la population mondiale et celle, plus forte encore des changements de mode de vie en Chine et en Inde (2.5 milliards de personnes), les Occidentaux (environ 800 millions de personnes) devraient réduire leur consommation dans une proportion de trois à quatre.

*Le sens de l’écologie politique. Une vision par-delà droite et gauche.

Antoine Waechter and Co 2017 Ed Sang de la Terre

*Petit manuel de résistance contemporaine

Cyril Dion  Ed Actes Sud 2018

Francine Herbaut Dauptain             Pierre Dardaillon

 

À propos de l’auteur

Francine Herbaut-Dauptain administrator

Co-Présidente

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