France > Démocratie > Justice > L’immigration ou une politique de co-développement véritable

L’immigration ou une politique de co-développement véritable

Bateau2Les naufrages tragiques survenus récemment en Méditerranée, après bien d’autres, ont placé la question migratoire au cœur des débats européens. Aux yeux des Écologistes du MEI, l’amplification des flux de migrants vers l’Europe est un signe supplémentaire de la crise globale dont nos dirigeants tardent à prendre la mesure alors même que ses effets chaotiques se font chaque jour plus criants.

En l’occurrence, on peut relever les trois principaux facteurs qui se conjuguent pour expliquer la situation actuelle en Méditerranée :

Tout d’abord, la démographie non maîtrisée qui est encore celle de l’Afrique subsaharienne, dont la population d’un milliard d’habitant est, selon toutes les projections, censée doubler d’ici 2050, et continuer encore son explosion les décennies suivantes. Faut-il parler d’une « croissance dynamique », sur le mode habituel, ou bien alerter sur la bombe « P » qui empêche toute perspective de vie économique raisonnablement adaptée  sur ce continent, entre rivalités ethniques exacerbées et pression aggravée sur les ressources et les espaces naturels ?

En second lieu, l’aggravation des déséquilibres économiques Nord-Sud, qui font paraître l’Europe, malgré la crise qui la touche, comme un Eldorado pour des populations fuyant la misère. Au nom des principes de libre circulation des biens, des capitaux ou des hommes, les défenseurs de la mondialisation libérale y voient un phénomène normal et acceptable, alors que le déracinement est toujours un drame, et que cette émigration prive souvent les pays de départ de leurs forces vives (ce qui serait encore plus vrai dans le cas d’une politique de quotas) et retardent la résorption des écarts attendue de la « main invisible ».Bateau1

Enfin, l’ingérence occidentale sous des prétextes humanitaires à courte vue s’est définitivement disqualifiée aux yeux de quiconque observe avec honnêteté le chaos qui en a résulté en Libye et qui explique l’accélération récente des flux.

Face à la situation actuelle, la politique migratoire européenne doit rompre avec l’hypocrisie et l’incohérence qui la caractérisent jusqu’à maintenant.


Puisque accueillir davantage d’immigrés en Europe ne pourrait qu’aggraver les tensions identitaires déjà fortes dans plusieurs pays du continent, il s’agit d’adopter des mesures visant réellement à tarir les flux et à décourager les départs. Les opérations consistant à terminer le travail des passeurs en amenant les migrants sur le territoire européen doivent céder la place à des mesures fermes et efficaces, s’inspirant de celles prises par l’Australie. Mais une telle approche sécuritaire, pour nécessaire qu’elle soit, ne sera tenable que si l’Europe adopte en parallèle vis-à-vis des pays de départ une politique de co-développement véritable, basée en particulier sur la promotion volontariste du planning familial, et sur la fin de la politique de prédation toujours pratiquée par les firmes occidentales.

 

2 commentaires on “L’immigration ou une politique de co-développement véritable

  1. Daniel Martin précise : la volonté de domination mondiale Américaine et régionale d’Israël qui entraîne les Européens, en particulier la France, dans des opérations d’ingérence occidentale, en faisant croire que c’est pour promouvoir la liberté et la démocratie, et qui génèrent comme en Libye le chaos. Pire encore, en Syrie quand on aide des organisations Islamistes telle Al Nozra (filiale locale d’Al qaïda) « parce que, sur le terrain, ils font un bon boulot contre Bachard Al ASSAD »… Bilan : plus d’un million de Syriens ont également fui leur pays, sans compter la progression des organisations Djihadistes qui sèment la terreur vers les pays voisins. Il faut stopper cette politique de déstabilisation politique de ces pays qui contribue à l’accélération récente des flux au risque de s’amplifier.

  2. Pour exprimer une pensée écologiste : Limiter le facteur essentiel de l’immigration à la passoire et au chaos libyen ne traduit pas l’immensité des drames provoqués ; et je cite pour preuve les extraits des interventions du patron du Haut-Commissariat pour les réfugiés en janvier et du ministre espagnol de l’Intérieur Jorge Fernandez Diaz .

    António Guterres, patron du Haut-Commissariat pour les réfugiés en janvier . “Parmi ceux qui traversent la Méditerranée, il y a aussi les migrants économiques, mais en 2013 et en 2014, fait nouveau, la majorité était des personnes qui fuyaient de réelles persécutions – de Syrie et Érythrée surtout – et qui ont donc besoin de protection”, analysait-il. “Le drame est que ces personnes, faute de voies de migration légales, tombent aussi entre les mains des passeurs et de leur odieux commerce. Il faut garantir une protection à ceux qui y ont droit et réfléchir à de nouvelles voies de migration légale, qui permettraient de faire barrage aux passeurs”, proposait-il.
    Jorge Fernandez Diaz :”Ce qu’il faut faire, c’est rétablir la normalité dans les pays d’origine et dans les pays de transit, collaborer pour leur développement, pacifier la région”, a déclaré le ministre espagnol de l’Intérieur Jorge Fernandez Diaz dans un entretien à la radio privée Cadena Cope. “Si ces conflits belliqueux tragiques en Syrie et dans d’autres zones ne se produisaient pas, le problème (…) n’aurait pas la gravité et l’ampleur que nous observons en ce moment”, a-t-il poursuivi.
    Donc la surpopulation certes est un facteur aggravant et à résoudre à terme, les passeurs libyens un problème à résoudre au plus tôt, mais l’écrasante responsabilité incombe bien à ceux qui ont provoqué les chaos irakien, libyen, syrien, érythréen qui causent la flambée d’exodes. Et ne pas dénoncer les maîtres du monde responsables de ces chaos de sociétés et états existant tant bien que mal avant les interventions “occidentales” c’est en devenir complice ; je regrette d’avoir à l’affirmer.
    Nous pourrions d’ailleurs reprendre les souhaits de A Guterres et JF Diaz
    En PJ les documents du Figaro et Huffpost AFP avec Le Monde dont j’ai extrait les passages

Laisser un commentaire