La fonction présidentielle paie l’erreur de la réforme de 2000

Les Ecologistes - Mouvement Ecologiste Indépendant

La fonction présidentielle paie l’erreur de la réforme de 2000

12 novembre 2013 Actualité Démocratie Institutions 1

Nicolas SARKOZY en a été la victime, François HOLLANDE l’est aujourd’hui, victimes d’un système institutionnel qui fait du président un premier ministre.

Rendu responsable de tout ce qui ne va pas, la présidence est la cible de tous les mécontentements. Le remplacement du premier ministre en titre ne changera rien à la courbe descendante des sondages.

Soucieux de se succéder à lui-même au bout d’un mandat de cinq ans trop court, le Président cale ses décisions sur l’opinion, entrant dans une valse hésitation qui tue l’autorité, pourtant nécessaire au chef de l’exécutif.

Elue dans la foulée de l’élection présidentielle et en soutien du Président, l’assemblée nationale n’est plus qu’un appendice de l’Élysée : l’exécutif et le législatif sont concentrés dans les mêmes mains : il en résulte un effacement du Parlement derrière la présidence, des éruptions de mauvaise humeur de parlementaires frustrés, rendant chaotique le cheminement législatif, une présidence, nue devant le peuple, menacée par un « printemps » français.

Bref : la fonction présidentielle est affaiblie et avec elle c’est l’État qui s’affaiblit. En temps de crise, cette situation est détestable. Plus personne n’est en situation de tenir la barre tout en assurant l’unité nationale.

La réforme du quinquennat fut une erreur. Redonnons à la fonction présidentielle le caractère fédérateur qu’elle a dans toutes les démocraties européennes. Redonnons au premier ministre les prérogatives du gouvernement. Séparons les élections législatives de l’élection présidentielle pour redonner une visibilité au Parlement.

La crise politique actuelle se résoudra par une réforme constitutionnelle. Par gros vent, la gouvernance est essentielle : ce n’est pas un luxe de lui donner plus d’efficacité et de stabilité.

Une réponse

  1. Oui en effet, ce raccourcissement du mandat présidentiel était une mauvaise idée et pourtant en son temps, trop peu de gens l’ont critiquée (je crois toutefois que Jacques Chirac n’y était pas favorable).
    Nicolas Hulot dit avec raison que nous souffrons de “court termisme ” Cette évolution de la société vers le court terme, en la seule faveur d’ actions sommées de donner des résultats dés demain matin sans se préoccuper des conséquences à plus long terme est un vrai problème. Une telle démarche exclut de planter des arbres, de préserver des espaces sauvages et plus généralement de faire tout ce qui pourrait protéger la nature, actions qui, presque par définition, exigent le passage du temps. Nous sommes trop pressés. Le remplacement du septennat par le quinquennat en était une bonne illustration. Ne donnons à personne le temps de faire les choses puisque seule compte l’immédiateté.

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