Elevage industriel

elevage-industrielVoici le printemps et ses premiers rayons de soleil. Rien de tel pour avoir envie de chausser ses baskets ou prendre son vélo pour faire un petit tour à la campagne en famille. A nous l’air pur, le pique-nique dans l’herbe, l’observation des animaux en liberté ! Sortons de la pollution des villes !

C’est sans compter sur l’évolution insidieuse du monde agricole.

Il va falloir revoir votre vocabulaire, vous adapter aux changements :

Là où vous croyez voir une ferme, maintenant ce sont des ateliers, des chaines de production d’animaux. Là où l’agriculture traditionnelle élève ses petits cochons dans un pré ou sur la paille, vous avez des animaux sur caillebotis et sous les animaux, des fosses à lisier de milliers de tonnes. Bienvenue dans l’univers concentrationnaire ou des milliers d’animaux cohabitent.

Ce lisier doit être éliminé. L’idée est donc de l’épandre sur les terrains avoisinants. Vous voyez dans quoi vous risquez de vous asseoir négligemment ? Sans compter qu’en période de pluie les terrains gorgés d’eau ne peuvent plus rien absorber et que ce lisier stagne en surface. Les nitrates, nitrites, nitrosamines se retrouveront sans bruit dans les marres, les rivières, lacs, mers, estuaires provoquant les marées vertes, la destruction des équilibres naturels et la mort d’autres espèces.

Là où vous respiriez « l’air pur », l’ammoniac vous prend les bronches, directement issu de la fosse à lisier et de l’aération des « ateliers ». L’air étant par essence volatile. Chargé des bactéries multi résistantes, fabriquées par l’usage des antibiotiques dans ces élevages industriels, il a une fâcheuse tendance à ne pas rester enfermé dans l’atelier. Lui aussi a bien le droit de musarder ! Et c’est ce qu’il fait en s’échappant, s’envolant sur les chemins, dans les habitations avoisinantes….. Les premières personnes à risque sont l’éleveur et sa famille mais aussi les voisins et tous les promeneurs, joggeurs, enfants… passant à proximité.

On ne vous montrera plus les petits cochons car la plupart sont édentés, équeutés et j’en passe car dans un univers carcéral, eux qui avaient instinctivement l’habitude de fouir le sol, pourraient avoir la mauvaise idée de fouir le voisin ! Avouez que ce n’est pas un spectacle pour des enfants !

Dans le cadre d’une enquête publique, avec ma collègue conseillère régionale EELV, j’ai voulu rencontrer les éleveurs pour les convaincre de revenir à des pratiques plus respectueuses de la nature : peine perdue. Ils préfèrent s’endetter pour investir et s’agrandir, s’agrandir, s’agrandir, pour tenter de gagner….. toujours moins car c’est l’offre et la demande qui conditionne les prix !

Après les 1000 vaches, où s’arrêteront ces projets d’élevage de plus en plus gigantesques en porcs, volailles, boeuf… ?

Le dévoiement des pratiques agricoles vers des pratiques industrielles de surproduction, surconsommation, surconcentration repose sur des erreurs, mensonges et contresens, entrainant des dangers, concentrant le pouvoir entre les mains de quelques-uns, au détriment des petites et moyennes exploitations françaises.

Evidemment ce n’est pas comme cela partout, mais l’industrialisation progresse vite, très vite. Voilà pourquoi nous sommes intervenues dans l’enquête publique contre une installation ICPE de notre région.

Pour nous, les filières bio sont les seules voies à suivre. La région aide financièrement et techniquement l’installation ou la conversion en élevage bio et/ou polycultures bio. D’où l’autonomie retrouvée, un changement de système, sans phytosanitaires, en travaillant avec la nature et pas contre la nature.

D’autres choix existent pour une agriculture de qualité, de santé, de bien-être.

D’autres comportements de consommation sont aussi nécessaires.

Bon pique-nique.

Francine HerbautDauptain – Conseillère régionale Nord Pas de Calais

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