France > Energie

L’année commence fort

Bègles République bananière, le 7 Janvier 2017 à midi, Jean-Marc Ferrari, sans copyright

Le réchauffement climatique, c’est pas vrai !

Hier soir, sortie en centre ville (de Bordeaux) avec mon fils. 5 km. Il a fallu une heure pour rentrer en transport en commun à 22h30.
Les horaires étaient “normaux”. Il n’y avait pas de panne, pour une fois.
Bordeaux, tout comme Bègles, n’était qu’un tas de ferraille, d’éléments de couleurs diverses munis de tuyaux éructants et nous offrant généreusement les fruits de la croissance. Certains étaient en mouvement, avec une seule personne à l’intérieur, bien sûr. Pendant ce temps, Messieurs Ghosn et Desmarest, vivaient un jour heureux de plus dans leur paradis.

Bonne année.
Et n’oubliez pas de voter.

 

La transition énergétique en 12 déclarations

1. La crise climatique, la fin des ressources fossiles facilement accessibles, les dangers et les limites du nucléaire imposent de changer de stratégie énergétique.

La nécessité d’une transition énergétique n’est plus à démontrer : l’épuisement prévisible des gisements de pétrole et de gaz et le danger du nucléaire et du réchauffement climatique exigent de modifier notre relation à l’énergie. Cette transition pose néanmoins une série de questions, notamment celle de l’importance à accorder aux renouvelables et des modalités de leur développement.

2. Le réchauffement climatique et le nucléaire sont deux menaces qui ne peuvent s’échanger : il faut sortir de l’un et de l’autre.

Nous affirmons que les périls liés aux centrales nucléaires et à la dérive du climat sont différents, mais de même importance. Ce qui signifie qu’il n’est pas raisonnable de faire le choix du nucléaire au nom de la lutte contre l’effet de serre et pas davantage de sortir du nucléaire en augmentant le recours au pétrole et au charbon. Le budget énergétique de demain est à bâtir sans l’atome et avec moins d’énergies fossiles.

3. Le cœur de la transition énergétique réside dans la diminution de la consommation d’énergie.

C’est pourquoi, le cœur de notre projet énergétique consiste à réduire substantiellement notre consommation d’énergie et nos émissions de gaz à effet de serre (objectif de réduction : 4 fois).

A l’échelle de la planète, aucune solution durable n’est envisageable sans une stabilisation du nombre de consommateurs.

4. La réduction de la consommation d’énergie implique quatre types de démarche : isolation, innovation, investissements structurels, implication personnelle.

Le chauffage est la première source de consommation d’énergie. Le grand chantier est celui de l’isolation thermique du parc immobilier, notamment celui créé pendant les décennies d’énergie à bas prix (1950 – 2000), soit la moitié des constructions.

L’innovation technologique concerne les méthodes de fabrication industrielle, les matériaux de construction et d’isolation, les techniques de chauffage, les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique de tous les outils que nous utilisons (voiture, robots domestiques, ordinateurs…).

  • Les choix de planification et les investissements structurels concernent principalement les transports :
    en orientant le développement dans les localités pourvues d’une gare,
  • en desservant les zones d’activités par le ferroviaire, autant pour les voyageurs que pour le fret,
  • en redéployant le ferroviaire par la réouverture de lignes fermées, voire par la création de nouvelles lignes (TER et tram), en recourant, quand c’est possible, à la voie d’eau (cabotage le long des côtes notamment),
  • en disqualifiant l’aérien pour les dessertes nationales, voire européennes,
  • en mettant un terme au développement des centres commerciaux périphériques,
  • en évaluant le coût de la fermeture des services publics (tribunal d’instance, sous-préfecture, poste, hôpital, école) à l’aune de ses coûts climatiques et environnementaux.

L’implication personnelle des ménages et des usagers, sans la mobilisation desquels les innovations technologiques et les investissements structurels ne serviraient à rien : préférer la petite voiture économe en carburant à la grosse cylindrée, préférer le train à sa voiture, préférer les produits à faible contenu carboné, faire le choix d’une alimentation modérément carnée, à base de produits locaux et de saison. Le rôle de la puissance publique est, ici, de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour orienter les comportements individuels (règlement, taxes, campagnes de sensibilisation…).

5. Le développement d’une alternative énergétique doit reposer sur un cocktail adapté aux caractéristiques de chaque territoire : biomasse, hydroélectricité, solaire, vent, géothermie profonde …

Nous refusons une approche réduite à l’obsession énergétique. Le développement ne peut être soutenable que s’il prend en compte la totalité des enjeux : humains, biodiversitaires, alimentaires, paysagers.

L’outil doit être soumis à une analyse rationnelle de ses impacts multiformes sur la société et sur l’environnement. Ces impacts dépendent en partie des objectifs de ceux qui les mettent en œuvre. Les centrales nucléaires, les grandes centrales solaires et les éoliennes industrielles sont des investissements capitalistiques avec des objectifs capitalistiques. Ces projets sont portés par de grands groupes industriels qui échappent au contrôle des citoyens et des communes. La recherche du meilleur rendement financier conduit à les dimensionner sans considération de leurs effets sanitaires, paysagers, biologiques et sociétaux.

6. Le recours industriel à l’énergie du vent doit être raisonné, modéré, localisé où il a le moins d’impact. Nous refusons l’idéologie de l’éolien, stimulée par les industriels et les financiers de ce secteur : la multiplication de ces monstres de béton et d’acier désacralise ce qui reste d’espaces naturels et pollue le cadre de vie des riverains.

Les aérogénérateurs ne doivent pas être implantés dans les milieux naturels et dans les montagnes. Ils n’ont pas nécessairement leur place dans le budget énergétique des régions où la ventilation est faible. La hauteur des mâts ne doit pas excéder 50 mètres et aucune éolienne ne doit être visible d’un village.

7. Les sources à faible densité énergétique (renouvelables) ne peuvent remplacer les sources à forte densité (gaz, charbon, pétrole, nucléaire) s’il s’agit de satisfaire le niveau de consommation actuelle.

8. La substitution de l’électricité aux énergies fossiles dans le transport individuel (voitures) et le chauffage conduit à une absurdité en raison du faible rendement final (transformation des énergies primaires en électricité et acheminement de la production au consommateur).

Seule, la cogénération permet de réduire les pertes dans la production d’électricité à partir d’une centrale thermique (charbon, gaz, nucléaire). Les usages spécifiques de l’électricité représentent un peu plus de 15 % de l’énergie consommée en France.

9. Au-delà d’un certain seuil, la mobilisation des énergies renouvelables dégrade la forêt, artificialise les fleuves et les rivières, casse les paysages naturels et bâtis, consomme de la terre agricole nécessaire à la production alimentaire.

Quelle que soit le voie choisie, une consommation croissante d’énergie conduit à dégrader notre planète et à accumuler les dangers pour les Terriens.

10. La lutte contre la dérive du climat n’implique pas l’abandon immédiat du recours au gaz et au charbon, mais le retour à un niveau d’émission de gaz à effet de serre compatible avec l’équilibre des cycles géochimiques.

La capacité d’absorption du carbone par les océans et la végétation est estimée à 2,5 Gigatonnes par an. Les émissions, en 2010, sont estimées à 7,2 Gigatonnes par an. La différence, soit 4,7 Gigatonnes par an, s’accumule dans l’atmosphère et renforce l’effet de serre.

En 1990, la diminution nécessaire des émissions françaises a été évaluée à quatre fois pour tenir compte du développement des pays tiers.

11. L’objectif d’une stratégie de transition énergétique est l’autonomisation des consommateurs, au moins des consommateurs domestiques et des petites communautés.

Vendre la production des énergies renouvelables dans le réseau électrique centralisé se traduit par la nécessité de multiplier le réseau des lignes électriques aériennes, par des pertes évaluées à 15 %, et par une perversion des motivations des producteurs.

12. La dimension économique de la transition énergétique reste à inventer : comment financer la mise aux normes du parc immobilier français, reconstruire des lignes ferroviaires, subventionner le développement des énergies renouvelables ?

Prêt à taux zéro, arbitrage dans l’affectation des crédits publics, taxer la consommation d’énergie au-delà d’un certain niveau de consommation par personne… voilà quelques pistes. Est-ce suffisant ? L’intéressement des prêteurs (banques) aux bénéfices énergétiques de l’isolation thermique ne paraît guère réalisable lorsque l’investisseur est un particulier.

Certains pensent qu’il est impossible de financer la transition dans des délais compatibles avec la nécessité de la lutte contre le réchauffement du climat. D’autres estiment qu’il ne sera pas possible de réaliser le remplacement de la première génération d’éoliennes et de capteurs photovoltaïques en raison du coût croissant de l’extraction des métaux et de l’énergie. Quelle part de notre richesse devons-nous consacrer à la transition ? Un mauvais choix peut, au final, rendre impossible l’aboutissement de la transition.

Une démarche pertinente consiste à privilégier les investissements les plus immédiatement efficaces : l’isolation des bâtiments et les meilleurs rendements énergétiques (solaire thermique, biomasse). Les besoins en crédits publics de la transition énergétique exigent, plus globalement, une meilleure utilisation de l’argent public pour dégager les ressources budgétaires nécessaires.

Consommation d’énergie primaire en France :

TWh %
Source Perte Efficace Source
Pétrole 868 29,0
Gaz 490 16,4
Charbon 143 4,8
Uranium 1239 986 253 41,4
Solaire thermique 0,7
Hydraulique 61 2,0
Eolien 10 0,3
Solaire photo 0,6
Géothermie 2 0,1
Bois énergie 136 4,5
Biomasse liquide 30 1,0
Biogaz 4 0,1
Déchet 13 0,3
TOTAL 2 996 1 092 1 904

Consommation par domaine :

TWh %
Production matière 61 3,20
Chauffage 932 48,95
Mobilité 621 32,62
Electricité spécifique 290 15,23
TOTAL 1 904 100,00

La couverture des besoins en électricité de la population française, soit 27,71 millions de ménages et 478 TWh peut être couvert par :

  • 43 réacteurs nucléaires de 1450 MW
  • 34 000 éoliennes de 2 MW
  • 1 700 000 000 m² de panneaux photovoltaïque
  • 272 000 000 de tonnes de bois énergie (soit la production totale de 85 millions d’hectare de forêt feuillue de plaine, soit 5 fois la forêt française)
  • 27 200 000 000 m3 de gaz

Pays de la Loire, NDDL , interview de Dominique Potier

Sur radio Kernews , le président MEI Loire-Atlantique , Dominique Potier , expose les arguments pour appeler les électeurs a voter ” non”  lors du référendum sur le projet d ‘aéroport à NDDL . Pour cela ouvrez la pièce jointe ici exposée .

Le M E I de ” Pays de la Loire ” dit stop à la mascarade …

Dans un premier temps , le Mouvement Écologiste Indépendant dit stop à l’expulsion des « Historiques » de Notre Dame des Landes , ces femmes et ces hommes qui ont façonné la Terre …

Le M E I dit stop à toute cette hypocrisie: mythe du « progrès » , de l’ emploi , etc … il suffit de lire ce que disent de grands responsables économiques des Pays de la Loire .

Jean – Paul Dubreuil , patron Vendéen d’ Air Caraibes: « je pense qu’on est parti sur une mauvaise analyse … les compagnies majeures ont constitué des Hubs , c’est à dire des plate- formes de correspondance à Paris / Bruxelles / Frankfort …c’est une erreur de quitter l’actuelle plate-forme qui est un atout …»

Philippe de Villiers: « aujourd’hui plus de 10 % de nos visiteurs sont des européens qui arrivent par avion à Nantes/Atlantique … en moins d’une heure ils sont au Puy du Fou … si on transfère cet aéroport à N D D L , il faudra plus de deux heures pour y accéder .»

Jean Varlet , géographe et professeur: « l’économique s’ aborde aussi sous l’angle Airbus Industrie ,

une activité située aux portes de l’aéroport actuel et qui fournit environ 2000 emplois …»

Mr Hollande , vous êtes indigne de la Cop 21; quant à vous Madame Ségolène Royal , soyez courageuse , une ministre , ça peut aussi démissionner . Nous y ajoutons les élus EELV des Pays / Loire .

Dominique Potier président MEI 44 , Annie Le Gal La Salle conseillère municipale , la Chapelle sur Erdre , Alain Bouyer président MEI 85 .

Gaz de Houille !


petrole-shadokAu motif de diminuer la facture énergétique en région, le Conseil Régional Nord Pas de Calais a lancé une étude sur l’opportunité d’exploitation du gaz de houille sur son territoire. L’idée serait venue en 2011 d’Arnaud Montebourg de « regarder le potentiel de gaz de houille ». Une mission d’enquête a donc été diligentée. Déjà Gazonor s’intéresse au projet. Le chiffre de 500 créations d’emplois est avancé.

Les élus écologistes ont quitté cette mission d’enquête en raison des nombreux partis pris dans le choix des experts, des amalgames entretenus entre gaz de mine et gaz de houille. La suite de cet article vous éclairera sur d’autres aspects de ce dossier.

Le 9 octobre dernier avait lieu une matinée – débat  intitulée « l’exploitation du gaz de houille : atout économique et opportunité industrielle en Nord Pas de Calais ? »

Le point d’interrogation a ici toute sa valeur.

Actuellement en région :

  • Le gaz de mine, celui qui existe naturellement dans les cavités et qui ne nécessite aucune fracturation est actuellement exploité. Il n’y a plus de réservoirs de gaz de mine en dehors de la région Nord Pas de Calais et l’exploitation durera encore au maximum 50 ans, les cavités se remplissant d’eau d’année en année.
  • Le gaz de houille ne représente qu’une possibilité d’exploitation de 10 à 12 années. Il nécessite des forages de 1000 à 4000 m de profondeur

Le risque d’exploitation de ce gaz de houille n’est pas négligeable, voici ce qu’en disent les experts, les associations, les riverains présents :

  • L’eau est injectée sous pression avec des polymères cancérigènes et radioactifs, elle remontera avec le gaz. En Lorraine cette pollution a été reconnue par la DREAL.
  • « Si les adjuvants et huiles dans les produits d’extraction se mélangeaient au captage d’eau potable il faudrait fermer ces captages » affirme l’expert de l’Agence de l’eau. Or, à ce jour personne ne peut affirmer l’étanchéité des tuyaux dans lesquels remonterait le gaz. De plus aucun ciment ne résisterait à un séisme ou à un mouvement du sol suite au forage.
  • Entre 4 et 9 % du méthane s’échappe hors des tuyaux ou ne va pas dedans
  • Dans le gaz extrait est mélangée une eau très salée (10 g/l) emprisonnée dans le charbon, trop salée pour être épandue sur les champs car ceux-ci bruleraient, ni dans les cours d’eau. Il est donc indispensable de la désaliniser et d’en prévoir le coût.
  • L’exploitation entrainera des microséismes dans une région dont le sous sol a déjà été exploité et qui contient encore beaucoup de cavités. Le risque, en cas d’effondrement du sol, est l’inversion des cours d’eau qui pourrait provoquer notamment des inondations.
  • Le forage se ferait à 1600 m de profondeur or, il y a obligation technique de fracturer le charbon quand il est à plus de 1000 m de profondeur

A ces éléments techniques s’ajoutent les questions sur les nuisances dues au balai incessant des camions citernes pendant l’exploitation et sur le devenir des anciens puits, après cette exploitation.

A notre grande surprise les experts sont capables à la fois de nommer les risques tout en affirmant que ceux-ci doivent être étudiés pour voir dans quelle mesure ils pourraient être évités au mieux, car le risque zéro n’existe pas.

Le conseiller régional communiste, président de la commission de développement économique à l’origine de l’étude affirme : « Il n’y a pas de risque insurmontable en terme écologique pour mener des forages d’exploration » et « La Lorraine a deux ans d’avance sur nous. »

La mission d’enquête préconise notamment de travailler en commun avec la Lorraine, de mettre en place des projets de recherche, créer un comité de suivi régional…

Ce 15 avril à Douai avait lieu la restitution de l’enquête.

Des interventions des différents experts nous retiendrons la confirmation des risques environnementaux notamment sur les eaux souterraines.

Le Conseiller régional communiste à l’origine de ce projet de recherche assure que la question du tubage pour le forage et la question de l’eau ont été étudiées. Selon lui, il est nécessaire de se rapprocher de la Lorraine car il y a des connexions à établir entre nos deux régions charbonnières sur ce type de projet, notamment avec les universitaires par rapport à leur expérience.

Le modèle économique n’est pas encore au point mais il évoque un partenariat public-privé et une production sur 20-25 ans. Il se situe dans une logique « de circuit court » car il préfère un gaz « local » à du gaz de schiste liquéfié venant des U.S.A. !

Il rappelle que les écologistes ne veulent pas de ce projet.

Marche t on sur la tête ?

Au moment où nous constatons les effets du changement climatique, notamment sur le trait de côte de notre région, il semble qu’il y ait une vraie contradiction à vouloir exploiter, pour quelques années, du gaz de houille, compte tenu de tous les risques évoqués et des émissions de carbone engendrées.

Au motif de créer des emplois locaux, il semble aberrant de se tourner vers une énergie fossile à l’avenir limité.

Dossier que nous suivrons de prés !

Francine Herbaut Dauptain Conseillère régionale Nord Pas de Calais