France > Ecologie environnementale

Montée des eaux : vulnérabilité des régions côtières

montee-des-eauxIl serait naïf de penser que notre région sera épargnée par le dérèglement climatique au motif que si réchauffement il y a, ce ne pourrait qu’améliorer le temps !

Notre région est particulièrement vulnérable. Une centrale nucléaire à Gravelines, des sites Seveso constituent des risques technologiques importants. De plus, le triangle Calais – St Omer – Nieuport est situé sur un ancien polder, plus bas que la mer.

Le GIEC nous annonce des tempêtes, des précipitations diluviennes, une élévation du niveau de la mer d’ici la fin du siècle. Or, l’évacuation des eaux de mer de notre réseau de wateringues n’est possible qu’en marée basse et tributaire du pompage en marée haute. Dès lors la submersion semble inéluctable.

Or, que fait on ? Re construire à grands frais les digues et regarder ailleurs ? Pourtant plus de 500 000 habitants sont concernés par cette situation. Ce polder a été conquis sur la mer depuis plus de 1000 ans, à l’époque où l’on ne parlait pas de dérèglement climatique.

Il serait illusoire de penser qu’une technologie puissante pourrait nous aider à tout solutionner, à maintenir un niveau de consommation surréaliste source de ce dérèglement climatique.

Nous devons diminuer la pression que nos activités font peser sur la terre, diminuer nos émissions de GES (gaz à effet de serre), reconsidérer la nature, la respecter et non plus agir contre elle. Nous devons dès maintenant envisager la situation des populations concernées.

Si les écologistes ont été les premiers à lancer les alertes, si la prise de conscience progresse dans la population nous sommes encore très loin d’avoir pris la dimension de la catastrophe qui nous attend et qui se rapproche.

Les états doivent absolument, radicalement, prendre des mesures rapides et efficaces.

Le rendez vous de la COP 21 à Paris constitue un nouvel espoir. Restons positifs !

Pour qu’un réel changement se mette en marche il nous faudra une mobilisation citoyenne, seule la volonté des populations permettra de faire pression sur l’ensemble des gouvernements.

Francine Herbaut Dauptain Conseillère régionale Nord Pas de Calais

Gaz de Houille !


petrole-shadokAu motif de diminuer la facture énergétique en région, le Conseil Régional Nord Pas de Calais a lancé une étude sur l’opportunité d’exploitation du gaz de houille sur son territoire. L’idée serait venue en 2011 d’Arnaud Montebourg de « regarder le potentiel de gaz de houille ». Une mission d’enquête a donc été diligentée. Déjà Gazonor s’intéresse au projet. Le chiffre de 500 créations d’emplois est avancé.

Les élus écologistes ont quitté cette mission d’enquête en raison des nombreux partis pris dans le choix des experts, des amalgames entretenus entre gaz de mine et gaz de houille. La suite de cet article vous éclairera sur d’autres aspects de ce dossier.

Le 9 octobre dernier avait lieu une matinée – débat  intitulée « l’exploitation du gaz de houille : atout économique et opportunité industrielle en Nord Pas de Calais ? »

Le point d’interrogation a ici toute sa valeur.

Actuellement en région :

  • Le gaz de mine, celui qui existe naturellement dans les cavités et qui ne nécessite aucune fracturation est actuellement exploité. Il n’y a plus de réservoirs de gaz de mine en dehors de la région Nord Pas de Calais et l’exploitation durera encore au maximum 50 ans, les cavités se remplissant d’eau d’année en année.
  • Le gaz de houille ne représente qu’une possibilité d’exploitation de 10 à 12 années. Il nécessite des forages de 1000 à 4000 m de profondeur

Le risque d’exploitation de ce gaz de houille n’est pas négligeable, voici ce qu’en disent les experts, les associations, les riverains présents :

  • L’eau est injectée sous pression avec des polymères cancérigènes et radioactifs, elle remontera avec le gaz. En Lorraine cette pollution a été reconnue par la DREAL.
  • « Si les adjuvants et huiles dans les produits d’extraction se mélangeaient au captage d’eau potable il faudrait fermer ces captages » affirme l’expert de l’Agence de l’eau. Or, à ce jour personne ne peut affirmer l’étanchéité des tuyaux dans lesquels remonterait le gaz. De plus aucun ciment ne résisterait à un séisme ou à un mouvement du sol suite au forage.
  • Entre 4 et 9 % du méthane s’échappe hors des tuyaux ou ne va pas dedans
  • Dans le gaz extrait est mélangée une eau très salée (10 g/l) emprisonnée dans le charbon, trop salée pour être épandue sur les champs car ceux-ci bruleraient, ni dans les cours d’eau. Il est donc indispensable de la désaliniser et d’en prévoir le coût.
  • L’exploitation entrainera des microséismes dans une région dont le sous sol a déjà été exploité et qui contient encore beaucoup de cavités. Le risque, en cas d’effondrement du sol, est l’inversion des cours d’eau qui pourrait provoquer notamment des inondations.
  • Le forage se ferait à 1600 m de profondeur or, il y a obligation technique de fracturer le charbon quand il est à plus de 1000 m de profondeur

A ces éléments techniques s’ajoutent les questions sur les nuisances dues au balai incessant des camions citernes pendant l’exploitation et sur le devenir des anciens puits, après cette exploitation.

A notre grande surprise les experts sont capables à la fois de nommer les risques tout en affirmant que ceux-ci doivent être étudiés pour voir dans quelle mesure ils pourraient être évités au mieux, car le risque zéro n’existe pas.

Le conseiller régional communiste, président de la commission de développement économique à l’origine de l’étude affirme : « Il n’y a pas de risque insurmontable en terme écologique pour mener des forages d’exploration » et « La Lorraine a deux ans d’avance sur nous. »

La mission d’enquête préconise notamment de travailler en commun avec la Lorraine, de mettre en place des projets de recherche, créer un comité de suivi régional…

Ce 15 avril à Douai avait lieu la restitution de l’enquête.

Des interventions des différents experts nous retiendrons la confirmation des risques environnementaux notamment sur les eaux souterraines.

Le Conseiller régional communiste à l’origine de ce projet de recherche assure que la question du tubage pour le forage et la question de l’eau ont été étudiées. Selon lui, il est nécessaire de se rapprocher de la Lorraine car il y a des connexions à établir entre nos deux régions charbonnières sur ce type de projet, notamment avec les universitaires par rapport à leur expérience.

Le modèle économique n’est pas encore au point mais il évoque un partenariat public-privé et une production sur 20-25 ans. Il se situe dans une logique « de circuit court » car il préfère un gaz « local » à du gaz de schiste liquéfié venant des U.S.A. !

Il rappelle que les écologistes ne veulent pas de ce projet.

Marche t on sur la tête ?

Au moment où nous constatons les effets du changement climatique, notamment sur le trait de côte de notre région, il semble qu’il y ait une vraie contradiction à vouloir exploiter, pour quelques années, du gaz de houille, compte tenu de tous les risques évoqués et des émissions de carbone engendrées.

Au motif de créer des emplois locaux, il semble aberrant de se tourner vers une énergie fossile à l’avenir limité.

Dossier que nous suivrons de prés !

Francine Herbaut Dauptain Conseillère régionale Nord Pas de Calais

Non à l’engagement de la France et de l’Europe dans l’engrenage militaire en Ukraine

nucleaire-paixLa négociation doit prévaloir.

Dans tout conflit et la situation ukrainienne n’y fait pas exception, l’utilisation de civils comme otages sont des actes inacceptables. Pour empêcher ce type de situation en Ukraine, on ne saurait toutefois admettre une quelconque initiative guerrière susceptible de provoquer l’irréparable. Même dans le cas extrême d’un recours à une résolution de l’ONU pour une intervention armée, sous couvert «d’ingérence humanitaire», cela constituerait un aveu d’impuissance politique et diplomatique des puissances occidentales, aux conséquences désastreuses.

Engager la France aux côtés de l’armée Ukrainienne conduirait inévitablement à une guerre avec la Russie, nul ne peut douter qu’elle serait terriblement meurtrière. Elle aurait pour conséquence de prendre le caractère tragique d’une agression de l’occident contre la Russie et les pays qui sont sous sa zone d’influence, notamment parmi des peuples du tiers-monde. Il ne faut pas qu’au nom du droit international s’exerce une volonté des grandes puissances de dominer économiquement et stratégiquement une région riche en matières premières en sous sol. Il ne faut pas non plus qu’à la faveur de ce climat se développent des campagnes de haine contre les peuples slaves. N’a-t-on pas déjà assez de réfugiés dans la misère et la douleur?

Les événements d’Ukraine ne doivent pas, par ailleurs, servir à justifier un accroissement du potentiel militaire de la France, ni l’augmentation du budget militaire aux dépens des besoins de santé, recherche et éducation. Ils ne doivent pas être le prétexte à un appauvrissement des plus modestes, à une augmentation des impôts.

Croire que les problèmes et solutions ne seraient que sur une ligne d’affrontement droite – gauche, Est – Ouest alors qu’écologiquement parlant, tout ce qui se trouve sur cette grille de lecture ne peut apporter de réponse aux questions posées par le Club de Rome depuis 1972, ces façons d’analyser sont obsolètes.

L’Ukraine aujourd’hui se trouve dans une situation qui ne peut être un écosystème viable pour les populations résidentes. C’est en développant à partir de ce point de vue que des solutions pourront émerger. Ne pas intégrer les problématiques écologistes, notamment géo – énergétiques et géo -démographiques nous emportera dans le néant des fausses solutions.

L’Ukraine se trouve dans une situation ÉCOLOGIQUE CATASTROPHIQUE

Quinze réacteurs nucléaires fonctionnent encore en Ukraine. Près de la moitié (46,6 %) de l’électricité produite dans le pays provient de ces réacteurs. C’est l’électricité la plus «atomique» du monde, après celle de la France (nucléaire à 77,1 %) et juste avant celle de la Suède, dont 42,6 % de l’électricité est nucléaire. A Tchernobyl en 2011 à la veille du 25e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, l’Ukraine a annoncé un vaste programme de mise en valeur des terres contaminées par la radioactivité et on envisage sérieusement de cultiver les terres contaminées :un crime écologique plutôt qu’une riche idée.

L’un des rapports, présenté à l’occasion du forum de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) dédié à la sécurité environnementale, fait état d’une situation écologique particulièrement critique en Ukraine. Selon ce rapport, environ 2,5 millions de tonnes d’armes, munitions et déchets militaires légués par l’époque soviétique sont sommairement stockés, notamment dans quatre sites d’enfouissement de résidus radioactifs. ???

Les experts ont répertorié  20.000 tonnes de pesticides périmés, dont 11.000 tonnes d’hexachlorobenzene (HCB) et 2.000 tonnes de DDT. La plupart des 6.000 sites de stockage ukrainien sont jugés par les experts inadaptés et mal surveillés.

Selon les données des écologues, actuellement la région de Donetsk a déjà stocké 4 milliards de tonnes des déchets industriels qui occupent presque 2% du territoire de la région.

Que dire également de la situation de la gestion de l’eau, dont la qualité est d’ailleurs globalement problématique, environ 39% des eaux usées sont polluées par les industries lourdes et environ un quart n’est pas traité du tout. Ou du stockage et de l’élimination des déchets domestiques qui est désastreuse.

L’Ukraine a déjà stocké près du 5 milliards de m3 de déchets ménagers qui se sont trouvés dans 750 décharges dont la plupart sont remplies à 60 / 90%, d’autres décharges sont surchargées et devraient être fermées. La charge annuelle des déchets ménagers en Ukraine est proportionnellement de 3 à 3,5 fois plus importante que pour les pays de l’Europe de l’Ouest.

Plutôt que de vouloir faire entrer l’Ukraine dans une UE, passablement désunie et en crise permanente, pour en faire une base de l’OTAN, ainsi que de vouloir en découdre avec la Russie, si nous voulons éviter que le boomerang nous revienne en pleine figure, avec une catastrophe humaine et écologique majeure,  la France et les Occidentaux doivent plutôt rechercher, en liaison avec Moscou, des solutions pour aider les Ukrainiens à sortir de la situation humaine et écologique dramatique dans laquelle elle se trouve.

Le problème, c’est que la France et l’UE se sont volontairement pris dans le piège Américain.

Les gouvernants américains qui veulent imposer et maintenir leur domination sur le monde, ont trois concurrents économiques qui leur posent problème, la Chine, l’Europe et la Russie. Ils sont donc tentés de  se servir de l’Ukraine pour que Européens et Russes qui sont les maillons faibles par rapport à la Chine s’affrontent,  Ils seraient alors  dans un rapport de force plus favorable pour discuter et conclure des accords avec «l’empire du milieu »…

Nous devons instaurer de nouvelles coopérations pacifiques. La création d’un état fédéral ukrainien ne suffit pas à régler la question : il faut inventer un nouvel espace, de caractère russo-européen, hors influence de l’OTAN, incluant l’Ukraine et la Biélorussie, pour servir de liaison entre l’Europe occidentale et la Russie. Les accords de coopération seraient tripartites : un accord avec l’Europe ne serait pas exclusif d’un accord avec Moscou. Sans cela, pas de solution aux drames du sous-développement, aux inégalités économiques, à la misère, au chômage.

Antoine Waechter plante un arbre symbolique sur la trame verte à Allennes-les-Marais

La Voix du Nord

PUBLIÉ LE 06/03/2015

Par Isabelle Ellender

Le président du Mouvement écologiste indépendant (MEI) est venu soutenir, hier, plusieurs candidats MEI et EELV de la région. Dont ceux des cantons de Faches-Thumesnil et Annœullin. Ils ont planté un arbre symbolique.

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Antoine Waechter (à droite sur la photo) est venu soutenir les candidats écologistes des cantons de Faches-Thumesnil et Annœullin.<br />

Pas sûr que l’arbuste planté hier sur la zone des Ansereuilles, à Allennes-les-Marais, soit encore en bonne forme au moment des élections. Qu’importe : la démarche se voulait, de l’aveu même de la délégation écologiste, « symbolique ».

Hier après-midi, Antoine Waechter s’est promené sous un soleil certes timide mais presque annonciateur de printemps, le long de la Deûle. « On a choisi ce lieu, expliquait Francine Herbaut-Dauptain, candidate MEI pour le canton de Faches (et conseillère régionale), parce qu’on est ici à la croisée des cantons d’Annœullin et de Faches-Thumesnil. » Et également, comme nous l’avait expliqué la semaine dernière Christophe Gras, candidat Europe écologie les Verts (EELV) pour le canton d’Annœullin, « parce que le lieu est sur la trame verte et bleue, points de départ de nombreux sentiers de randonnées » (Naviettes à Herrin, Marlettes à Allennes, Bauvin, etc.).

« Modération de la consommation d’espaces »

Pourquoi faudrait-il voter écologistes aux prochaines départementales ? « La plus-value des écologistes, répond Antoine Waechter, qui fut candidat à l’élection présidentielle de 1988,réside surtout dans l’arbitrage, tant au Département qu’à la Région : quand c’est l’UMP ou le PS qui prennent des décisions, c’est toujours l’arbitrage du béton et de l’asphalte ! Les écolos, au contraire, vont toujours choisir la modération de la consommation d’espaces ». Le président du Mouvement écologiste indépendant (66 ans) « aimerait, un jour, voir un élu qui se vanterait, dans son bilan, non pas d’avoir construit toujours plus d’équipements, mais d’avoir sauvegardé ce qui est le plus important pour le bonheur des gens : leur cadre de vie.»

Pour les candidats écologistes MEI et EELV, « la trame verte et bleue, dont le Département est un acteur associé, doit se développer. Et servir de colonne vertébrale à tout le réseau d’itinéraires existants (ou à venir), reliant les territoires entre eux, de la métropole lilloise au bassin minier ».

« Mais nous sommes inquiets, ajoutent-ils, car les lois de réformes, encore floues, risquent de déstabiliser les cohérences et l’efficacité des politiques du Département, par exemple la gestion des espaces naturels sensibles. »

LE MEI dit stop aux antennes relais … (MEI Loire-Atlantique)

DessinAntenneRelaisLe Mouvement Écologiste Indépendant , appelle à la manifestation qui aura lieu samedi prochain 28 février devant la Mairie annexe 41 route de la Chapelle/Erdre à NANTES de 11h à 12 h .

Pourquoi? La société orange prévoit d’installer 3 antennes relais sur le toit de l’immeuble situé au 13 de la rue de Montréal dans la cité du bout des pavés à Nantes . >

Le MEI 44 soutient le Collectif Santé Pour Tous et avance 3 arguments contre ce projet:

  • risque sanitaire que font courir les ondes électromagnétiques , notamment aux personnes sensibles , risque reconnu en 2011 par le Conseil de l’Europe , par l’OMS , par des scientifiques comme le cancérologue le Professeur BELPOMME .
  • Le quartier concerné est déjà plus que largement pourvu en antennes de radiotéléphonie…
  • ce projet n’a fait l’objet d’aucune concertation , ni d’information , ni d’aucune réunion publique avec les riverains .

Que fait Nantes Métropole face à ses engagements pris dans une charte signée en janvier 2013 ( charte relative à l’implantation des stations radioélectriques )?? >

Dominique Potier , Président du MEI 44 .

http://www.nantes.maville.com/actu/actudet_-environnement-une-mobilisation-contre-les-antennes-relais_52716-2725284_actu.Htm

L’autoroute n’irrigue pas l’économie locale ( MEI de Vendée)

Dans le cadre de la préparation des élections départementales, le MEI Vendée réuni à Fontenay-le-Comte le 24 janvier 2015 rappelle avec force et détermination que la seule alternative crédible à la construction de l’autoroute A831 et au problème posé par la circulation de milliers de camions, est la création d’une voie de contournement de la commune de Marans. Nous rappelons aussi qu’une autoroute n’irrigue pas l’économie locale d’une région mais au contraire l’assèche en facilitant la délocalisation des emplois.

Au cours de cette réunion ont été également abordés les points suivants: – la gestion et la sauvegarde du marais poitevin, – la nécessaire relance d’une économie de proximité, – et plus généralement le lien entre l’homme et la nature et sa responsabilité dans la protection de son environnement.

Elle a été par ailleurs l ‘occasion de structurer la section Vendéenne  , et de parfaire la procédure des investitures pour les élections de Mars.

Pouvoir des médias

Jean Bitterlin                                                                                         Fellering le 17 décembre 2014

24 rue de la Gendarmerie

68470 Fellering

Tél. : 03 89 39 14 30

 

A M. Laurent Bodin

Éditorialiste Journal « L’Alsace »

Monsieur Bodin,

Cette lettre a pour but de vous exprimer la profonde irritation que j’ai eue à la lecture de votre éditorial du samedi 13 décembre 2014 paru dans le journal « L’Alsace ». Dirigé contre les écologistes votre article est un modèle du genre, tout y est : parti-pris, violence des termes employés, flatterie du beauf, amalgames et techniques utilisées (numérotées de 1 à 8 dans les commentaires que j’ai faits de votre texte).

« Absolutisme vert », « écolo-anarchistes », « petite minorité utopiste », « dictature », « terrorisme vert » voilà les termes violents que vous utilisez. Il fut un temps (début des années 1980) où le journaliste rajoutait « Khmer vert » ; vous ne l’avez pas fait, peut-être parce que ce n’est plus d’actualité.

Si de telles attaques frontales à l’encontre des écologistes ont déjà eu lieu dans le passé elles sont plus étonnantes aujourd’hui puisque les périls annoncés par ces derniers se déroulent désormais sous nos yeux : réchauffement climatique avec son cortège de catastrophes (inondations, tornades, désertifications, migrations,…), effondrement de la biodioversité, pollutions multiples et absolument dramatiques (sur le long terme entre autres), accidents nucléaires, surpopulation, raréfaction des ressources, conflits, problèmes de qualité de vie ou de vie tout court, ……

Les écologistes prônaient alors, comme alternative à la démesure et à la Croissance, la voie du « Small is beautiful » et de la retenue (pas celle du barrage) parce que c’est une voie plus raisonnable, plus efficace, plus démocratique, plus juste, plus respectueuse de la Nature, plus durable (pour utiliser un terme à la mode), plus sûre (avec de petits dégâts si on se plante), plus….plus….

Soit l’exact opposé de la voie de la Sainte Croissance (les majuscules c’est mon apport personnel) qui se manifeste, justement, par des ouvrages démesurés ou inutiles tels que l’aéroport de Notre-Dame des Landes, le barrage de Sivens, la ferme des 1000 vaches ou le Center Parks de Roybon.

En 1977, lors de la contestation de la centrale Superphénix de Crey-Malville vous auriez sans doute écrit le même type d’éditorial que celui du 13 décembre,  car on retrouve dans ce projet les mêmes caractéristiques que celles de Sivens : absence de démocratie (jy reviendrai) d’où manifestations, répression policière, un mort,  médias à la botte des pouvoirs politiques ou économiques (votre éditorial en est la preuve flagrante) et, malheureusement, apathie de la plupart de nos concitoyens plus préoccupés par leur frénésie de consommation et le championnat de France de football ou préoccupés par la recherche d’un emploi (pour, justement, consommer).

Je rappelle que la folie de Creys-Malville (si vous pensez qu’il ne s’agit pas d’une folie faites le moi savoir) aura coûté 50 milliards de francs (actualisés ça doit faire la même somme en euros aujourd’hui), autant pour le démantèlement, et tout ça pour un projet voué à l’échec dès le départ (même les Américains le jugeaient trop risqué). Ceci montre d’ailleurs que les manifestants d’alors avaient une certaine légitimité à s’opposer à ce projet en occupant le site et en affrontant  les forces représentant un certain « ordre ».

Alors voilà ci-dessous , en vert, quelques commentaires accompagnant votre texte (en noir).

Edito de Laurent Bodin – Journal « L’Alsace » – samedi 13 décembre 2014

Titre : Absolutisme vert

Peut-on encore engager de grands chantiers en France en 2014 ? La réponse est assurément « Non », si l’on écoute les « zadistes », ces écolo-anarchistes occupant les sites des chantiers pour empêcher toute avancée d’un projet qu’ils contestent.

  1. Technique      n°1 : mettre les mots aux endroits où ils sont les plus efficaces. En      plaçant « La réponse est assurément « Non » de suite après      la question et non, comme il eût été logique à la suite de « …..      projet qu’ils contestent. » vous mettez en place un cadre (un filet)      hors duquel le lecteur aura du mal à sortir.
  2. Qu’est-ce qui vous permet d’utiliser le terme      « assurément » ? Je peux vous assurer qu’un tas de grands      chantiers (par exemple dans l’habitat, dans les transports en commun, dans      l’aménagement des villes) trouveraient grâce aux yeux des      « zadistes ».
  3. Technique n°2 : discréditer l’adversaire en      collant  au terme      « écolo », plutôt sympathique (de nos jours tout le monde se dit      écolo) le terme « anarchistes », très négatif aux yeux du      Français moyen (qui ne connait d’ailleurs pas du tout les écrits des      anarchistes).

De quel droit une petite minorité d’utopistes dicteraient-ils leurs choix au plus grand nombre ? Tout simplement bien sûr, parce qu’ils détiennent la vérité, savent ce qui est bon pour l’Humanité alors que nous, pauvres imbéciles, serions des adeptes d’un capitalisme et d’un consumérisme aveugles

  1. Technique      n°3 : l’outrance du propos que l’on retrouve dans les deux phrases      ci-dessus. Ce n’est pas une « minorité » mais une « petite      minorité » qui « dicteraient leurs choix » et qui plus est      ce sont des « utopistes ». Comment pouvez-vous affirmer      cela ? Si les trois projets évoqués ont abouti à une contestation durable      sur le terrain c’est justement parce qu’une bonne partie de la population      conteste les projets et soutient les occupants.      Je voudrais aussi vous signaler que l’Utopie c’est de croire que      dans un monde fini on puisse continuer un modèle de développement qui se      traduit, entre autres, par des barrages, des centers parks ou de nouveaux      aéroports. Je compte sur vous pour me faire parvenir d’anciens éditoriaux      où vous dénoncez les petites minorités qui ont fait des profits monstrueux      sur le dos des contribuables dans des projets absurdes (ce ne sont pas les      exemples qui manquent).
  2. Technique      n°4 : flatter le lecteur et/ou le mettre de son côté. Le      « nous » a pour but d’attirer le lecteur du côté du rédacteur ;      tous deux traités de « pauvres imbéciles » voilà désormais le      lecteur à vos côtés contre ces contestataires qui, de plus, sont si méprisants      car « ils détiennent la vérité » et « savent ce qui      est bon pour l’Humanité ».

Notre-Dame-des-Landes, Sivens, Roybon ….Prenant de l’ampleur, le mouvement « zadiste » a le mérite de nous interpeller sur le fonctionnement de notre société. De prime abord, difficile de juger si le projet de nouvel aéroport en Loire-Atlantique est une aberration économique et/ou écologique.Idem pour le barrage du Tarn dont un rapport a révélé qu’il était surdimensionné. Mais c’est bien parce que manifester, contester, protester est un droit, qu’on ne peut accepter la dictature que les « zadistes » veulent imposer. Derrière de grands principes, ce sont les prémices d’un terrorisme vert qui transparaissent.

  1. Technique      n° 5 : se montrer grand seigneur et reconnaître des mérites de l’adversaire      . Cela vous pare d’un manteau d’objectivité qui rend votre analyse plus      crédible. C’est sans doute la technique la plus détestable car elle permet      ensuite toutes les bassesses.
  2. Technique      n°6 : énoncer et s’adosser sur de grands principes admis par tous      (« manifester, contester, protester est un droit ») pour donner      plus de poids au reste. Cette technique vous l’utilisez à plusieurs      reprises dans votre éditorial.
  3. Technique      n°7 : renverser les rôles. Les grands projets évoqués n’ont pas été      décidés démocratiquement (publicité, débats publics, référendum, fin des      recours administratifs pour s’assurer du respect des lois sur l’eau ou      européennes). Si dictature il y a c’est bien celle des promoteurs et      profiteurs de ces projets et non celles des opposants qui, sans aucun      doute, n’ont rien à gagner dans leur lutte.
  4. Vous      placez en fin de paragraphe la phrase qui tue (« qu’on ne peut      accepter la dictature que ………ce sont les prémices d’un terrorisme vert qui      transparaissent ») au bon endroit (technique n°1). Car vous l’avez,      afin qu’elle passe comme une lettre à la Poste, magnifiquement emballée      entre deux fondamentaux admis par tout un chacun (celui de      « manifester, contester, protester » et celui qu’ « il      n’y a point de liberté sans lois ») .

« Il n’y a point de liberté sans lois », nous enseigne Rousseau, dans son traité « Du contrat social ». Le droit de tout un chacun est de souscrire, ou pas, à ce principe, mais le devoir de la collectivité dans un Etat démocratique est de veiller à son respect puisque c’est la règle commune. Ne pas y souscrire revient à s’aventurer sur un terrain dangereux dont doivent se méfier certains partis politiques qui jouent avec le feu en soutenant le mouvement « zadiste ». Récupérée par bon nombre de responsables d’Europe-Ecologie-Les Verts, la mort du jeune Rémy Fraisse à Sivens est d’abord un fait divers dont les conséquences ont été politiques.

  1. Qui      ne peut souscrire au début de ce paragraphe ? Le problème c’est que      vous semblez admettre que nous sommes dans un Etat démocratique, ce que je      conteste. Certes l’idéal démocratique est très difficile à atteindre mais      on peut dire que la France est loin       de cet idéal et, sur ce sujet, loin des pays nordiques par      exemple: accès aux médias quasiment réservé aux partis dominants,      différence de traitement par les journalistes selon le parti auquel vous      appartenez, absence de proportionnelle, absence de référendum d’initiative      populaire, différence de moyens financiers lors des élections,…. Si vous      n’êtes pas convaincu je vous propose de vous rencontrer et d’approfondir      le sujet.
  2. C’est      monstrueux d’écrire que « la mort de Rémy Fraisse est d’abord un fait      divers dont les conséquences ont été politiques ». C’est quand      même un gamin qui, par idéal, se battait contre un projet destructeur de      Nature, projet – et c’est vous qui le rappelez- dont un rapport révèle qu’il  « était surdimensionné » (donc      mauvais) !! Oseriez-vous dire cette phrase en face des parents et      amis de Rémy Fraisse ?

Il existe en France comme dans tout Etat de droit des procédures qui s’imposent à tous. Quelle société peut vivre avec un minimum d’harmonie entre ses membres, si l’usage de la force prévaut sur l’action en justice ? Aucune. Partant d’un bon sentiment, ce n’est pas cependant la proposition de référendums locaux sur les projets environnementaux qui empêchera les mouvements « zadistes » puisque, par définition, ceux-ci font fi de la volonté majoritaire.

  1. Encore      un début de paragraphe utilisant la technique n°6 avec l’énoncé de grands      principes évidents.
  2. Le      référendum local ce n’est pas une « affaire de bons sentiments »      comme vous l’écrivez, mais de Démocratie !! Je trouve bien triste de voir      un journaliste tenir ce genre de propos vous qui devriez, justement, être      un des ferments de la Démocratie.
  3. Technique      n°8 : terminer l’article par une bassesse. D’où tirez-vous  que « par définition », « les      mouvements « zadistes » font fi de la volonté      majoritaire » ? Cette volonté majoritaire s’est-elle exprimée à      Notre-Dame des Landes, à Sivens, à Roybon, … ? Dans ces projets les      processus démocratiques et obéissants aux lois ont-ils été      respectés ?
  4. Il      est aussi curieux que vous utilisiez les termes de « projets      environnementaux » pour des projets qui sont tout sauf      « environnementaux » mais qui sont des saccages de Nature (déjà      mal en point par ailleurs). Je serais ravi si vous pouviez m’envoyer votre      définition du « projet environnemental » avec un exemple à      l’appui.

Jean Bitterlin : ni « zadiste » ni membre d’EELV

 P.S. : Je ne saurais trop insister à inviter à lire l’excellent livre de Noam Chomsky « La fabrication du consentement ». C’est peut-être une idée de cadeau de Noël.

Le Mouvement Ecologiste Indépendant a participé au débat public LNOBPL en rédigeant un cahier d’acteur, mais aussi par sa présence, physique ou via internet, à plusieurs réunions publiques.

Le Mouvement Ecologiste Indépendant a participé au débat public LNOBPL en rédigeant un cahier d’acteur, mais aussi par sa présence, physique ou via internet, à plusieurs réunions publiques.

A l’issue de la réunion de clôture du 16 décembre, il apparait clairement que ce débat a suscité de nombreuses réactions citoyennes sur la mobilité de demain, les coûts des projets, et il est apparu également que les objectifs visés par le projet ne semblaient pas correspondre à la demande citoyenne. A chaque réunion, de nombreuses interventions du public ont rappelé que l’attente était d’abord, bien avant un gain de quelques minutes sur les liaisons entre grandes villes déjà desservies, la desserte de l’ensemble du territoire, y compris des villes modestes, et une amélioration des fréquences et du confort permettant de réellement abandonner la route pour le rail.

La CPDP en charge du débat et RFF ont rappelé et souligné lors de la réunion de clôture qu’à l’issue du débat, les possibilités qui s’offrent sont infinies ; allant de l’abandon du projet à l’adoption d’un scénario tel quel !

Seuls une poignée d’élus des métropoles, et quelques entrepreneurs issus des CCI, qui ne semblent pas avoir compris l’intérêt de la procédure de débat public, continuent à réclamer un scénario inchangé, le plus souvent le bleu, que le pays ne peut pas financer et qui ne sert qu’une minorité d’intérêts. Pourtant, au vu des multiples interrogations exprimées, c’est bien une situation intermédiaire qui se dégage du débat, avec des propositions citoyennes concrètes pour desservir les territoires de façon performante à moindre coût, en s’appuyant sur la rénovation de l’existant. Les économies réalisées pourraient alors être utilisées pour un désenclavement de certains territoires mal ou non desservis, qui s’est avéré être également une attente extrêmement importante des citoyens. La desserte performante du corridor Nantes-Rennes via Châteaubriant sur une ligne existante, entraînant à la fois de nouvelles dessertes, et une libération des sillons pour Redon et Quimper, renforçant ainsi les dessertes de ces deux villes, et qui a pu être présentée le 9 décembre, est un exemple de solution concrète tout particulièrement intéressante qui doit être creusée. D’autres exemples de dessertes ont également été évoqués, ou d’installations de troisième voie (comme à Strasbourg) afin de permettre d’augmenter le trafic en réduisant le grignotage de terres agricoles, et doivent donc être prises en considération. De plus, les conclusions de la réunion énoncées hier font bien état d’un besoin de redéfinition des objectifs partant des usagers, qui doit absolument être fait de façon complémentaire.

Le MEI souhaite que la CPDP rende son rapport en toute objectivité, comme elle s’est engagée à le faire, en veillant à bien rendre compte, publiquement, de l’ensemble des contributions citoyennes. Il demande aussi à l’Etat, premier Maitre d’Ouvrage, de bien redéfinir les objectifs en partant des besoins de l’ensemble des populations et élus concernés, et non seulement ceux des grandes villes et des CCI, puis de présenter ensuite aux populations les solutions possibles d’aménagement et de leurs coûts, accompagnées d’avis argumentés par le Maître d’Ouvrage RFF.

La ferme-usine des 1000 vaches à Drucat près d’Abbeville

Ce projet a germé dans l’esprit d’un industriel du BTP. Il remet en cause le modèle agricole, tel que nous le connaissons majoritairement, fait de petites et moyennes étables et de pâturages.

Dans la ferme, modèle Ramery, les vaches ne connaîtront ni prés, ni herbe verte. Dans ce projet chaque vache produira 30 l de lait par jour, lait qui ne pourra être que de qualité médiocre. Un « manège de traite » permet de traire 300 vaches à l’heure trois fois par jour (toutes les 8 heures) soit 27 000 l de lait pour 1000 vaches.

Évidemment ce projet ne se soucie ni du paysage, ni du bien-être des vaches, ni de la santé des consommateurs, encore moins du devenir des petits producteurs des alentours mais a uniquement pour but le gain financier avec un prix de revient du litre  à 27 cts contre 35 cts en moyenne ailleurs. On peut donc y voir la mort annoncée des petits éleveurs.

Clou du projet : la construction d’un méthaniseur, prévu dans un an, capable de traiter le lisier, les boues d’épuration, les déchets des grandes surfaces et des hôpitaux. C’est du moins ce qu’avait annoncé le promoteur de ce projet.

Sous l’action des opposants (l’association Novissen, la confédération paysanne, les écologistes…) la puissance de ce méthaniseur a été ramenée à 0.6 Mwh et alimentée uniquement par des déchets 100 % végétaux.

On rejoint ici la problématique de la méthanisation industrielle : plutôt que de chercher à réduire la quantité de déchets que nous produisons, la méthanisation industrielle, pour optimiser l’investissement et les profits financiers,  incite à en produire de plus en plus. Se rajoute le problème du flux incessant de camions : acheminement des déchets qui alimentent l’unité de méthanisation (plus l’unité est grande et plus les déchets sont collectés loin). Dans le cas de cette ferme l’acheminement  de la production laitière et l’acheminement de l’alimentation des bêtes ne peut être négligeable.

Les opposants ont obtenu par arrêté du gouvernement que la ferme – usine soit limitée à 500 bêtes (sans les génisses et les veaux). Mais les forces de l’ordre ont voulu « faire un exemple » et le 28 octobre à Amiens aura lieu le procès  de 9 personnes. Elles comparaîtront pour dégradation en réunion, refus de prélèvement ADN, recel …

Entre 1500 et 2000 personnes sont attendues ce mardi 28 octobre devant le Tribunal d’Amiens pour marquer leur soutien aux actions engagées par les riverains et les paysans soucieux d’un autre modèle d’agriculture. Les écologistes du Mouvement Écologiste Indépendant, totalement opposés à ce projet, seront présents à leurs côtés.

Notre Dame des Landes : dérogation ” espèces protégées “ Demande d’une véritable enquête publique

Demande d’une véritable Enquête Publique car les compensations environnementales sont impossibles. Rien ne peut compenser ces stérilisations territoriales incessantes.

 

Copie  de la déposition du MEI , à la préfecture de Nantes.

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