Démographie : une exclusion dommageable de l’imaginaire des candidats ?

« Si nous continuons dans cette voie, si nous ne faisons rien pour enrayer l’accroissement de la population, nous allons en payer le prix, nous allons nous retrouver dans un monde surpeuplé. La démographie a un impact sur le développement économique, sur l’environnement et sur les ressources de la Terre qui sont limitées. »  

Kofi ANNAN (Secrétaire Général des Nations Unies de 1997 à 2006)

Les problèmes de surpopulation et les déséquilibres démographiques à l’échelle mondiale affectent de plus en plus gravement les rapports culturels, sociaux, environnementaux et économiques des sociétés humaines. Alors qu’en France il serait urgent de profiter de l’élection Présidentielle pour aborder la problématique démographique et y formuler des propositions, les postulant(e)s à la fonction suprême l’ont totalement exclu de leur imaginaire politique, y compris le candidat des Verts. Avec l’avènement de la quatrième révolution industrielle dans laquelle nous entrons à marche forcée et qui va impacter encore plus fortement nos sociétés, les problèmes de surpopulation vont incontestablement aggraver une situation déjà complexe. Faute d’avoir intégré cette thématique dans leur projet politique et donc l‘impossibilité de percevoir les effets à terme par une réflexion et une projection de mesures à prendre, cela débouchera inévitablement sur des conflits et des violences aux conséquences catastrophiques jusqu’à compromettre la survie même des sociétés humaines …

La plupart des candidats aux Présidentielles semblent ignorer que depuis les années 1950, nous assistons à une série d’explosions de la bombe démographique, aux effets toujours plus désastreux…..

Parmi les candidats actuellement déclarés à l’élection Présidentielle, excepté l’écologistes Antoine WAECHTER, dont on connait les positions Malthusiennes réalistes et Gérard CHAROLLOIS ou Nicolas DUPONT-AIGNAN, ainsi qu’Alexandre JARDIN qui ont déclaré à l’association « Démographie Responsable » partager ses préoccupations sur les problèmes de surpopulation, certes ces candidats n’ont guère, sinon aucune chance d’être présents au second tour de l’élection Présidentielle, mais c’est un engagement minimal que devraient prendre tous les candidats et a fortiori le candidat très médiatisé des Verts qui se dit « écologiste » alors qu’il se comporte comme un candidat de gauche, qu’il est par ailleurs……

Pour conclure

L’élection Présidentielle est une tribune où la problématique démographique devrait faire l’objet d’une réflexion des candidat(e)s, de manière à formuler des propositions qui permettent de dynamiser des débats sur cette question et de façon irréversible mettre les deux candidats qui seront arrivés au premier tour dans l’obligation de se prononcer clairement.

Ne nous y trompons pas, ne pas considérer la question démographique comme une priorité, c’est forcément apporter de mauvaises réponses aux problèmes culturels, sociétaux, économiques, environnementaux et, climatiques qui découlent de l’activité humaine, donc du nombre…

Article développé dans le premier commentaire

Mother

“Mother” met en avant l’histoire de Beth, une mère de famille américaine militante des droits de l’enfant. A travers sa propre histoire familiale et sa rencontre bouleversante avec une jeune éthiopienne, Beth prend conscience de l’impact dramatique d’une population planétaire en croissance exponentielle sur l’avenir de nos sociétés et de notre planète. Avec l’aide d’experts de renommée mondiale le film met en lumière les liens entre la croissance de la population, notre système économique, la condition de la femme et les prescriptions religieuses.

Tout en se gardant de juger, le film nous révèle une réalité à laquelle nous devons faire face. Avec une approche respectueuse et humaine il conclut en suggérant des solutions constructives centrées sur l’amélioration de la condition des femmes.
Le film, sorti en 2011 en anglais a été doublé récemment en français. Primé dans plusieurs festivals et prisé par plusieurs ONGs internationales, il a été perçu comme innovant et révolutionnaire par son contenu et dans la manière dont le sujet est traité.

Publié ici avec l’accord de l’auteur.

L’immigration ou une politique de co-développement véritable

Bateau2Les naufrages tragiques survenus récemment en Méditerranée, après bien d’autres, ont placé la question migratoire au cœur des débats européens. Aux yeux des Écologistes du MEI, l’amplification des flux de migrants vers l’Europe est un signe supplémentaire de la crise globale dont nos dirigeants tardent à prendre la mesure alors même que ses effets chaotiques se font chaque jour plus criants.

En l’occurrence, on peut relever les trois principaux facteurs qui se conjuguent pour expliquer la situation actuelle en Méditerranée :

Tout d’abord, la démographie non maîtrisée qui est encore celle de l’Afrique subsaharienne, dont la population d’un milliard d’habitant est, selon toutes les projections, censée doubler d’ici 2050, et continuer encore son explosion les décennies suivantes. Faut-il parler d’une « croissance dynamique », sur le mode habituel, ou bien alerter sur la bombe « P » qui empêche toute perspective de vie économique raisonnablement adaptée  sur ce continent, entre rivalités ethniques exacerbées et pression aggravée sur les ressources et les espaces naturels ?

En second lieu, l’aggravation des déséquilibres économiques Nord-Sud, qui font paraître l’Europe, malgré la crise qui la touche, comme un Eldorado pour des populations fuyant la misère. Au nom des principes de libre circulation des biens, des capitaux ou des hommes, les défenseurs de la mondialisation libérale y voient un phénomène normal et acceptable, alors que le déracinement est toujours un drame, et que cette émigration prive souvent les pays de départ de leurs forces vives (ce qui serait encore plus vrai dans le cas d’une politique de quotas) et retardent la résorption des écarts attendue de la « main invisible ».Bateau1

Enfin, l’ingérence occidentale sous des prétextes humanitaires à courte vue s’est définitivement disqualifiée aux yeux de quiconque observe avec honnêteté le chaos qui en a résulté en Libye et qui explique l’accélération récente des flux.

Face à la situation actuelle, la politique migratoire européenne doit rompre avec l’hypocrisie et l’incohérence qui la caractérisent jusqu’à maintenant.


Puisque accueillir davantage d’immigrés en Europe ne pourrait qu’aggraver les tensions identitaires déjà fortes dans plusieurs pays du continent, il s’agit d’adopter des mesures visant réellement à tarir les flux et à décourager les départs. Les opérations consistant à terminer le travail des passeurs en amenant les migrants sur le territoire européen doivent céder la place à des mesures fermes et efficaces, s’inspirant de celles prises par l’Australie. Mais une telle approche sécuritaire, pour nécessaire qu’elle soit, ne sera tenable que si l’Europe adopte en parallèle vis-à-vis des pays de départ une politique de co-développement véritable, basée en particulier sur la promotion volontariste du planning familial, et sur la fin de la politique de prédation toujours pratiquée par les firmes occidentales.

 

Allocations Familiales

Le Mouvement Ecologiste Indépendant (MEI) se félicite de la décision du Gouvernement d’accepter la proposition de loi des députés socialistes de moduler le montant des Allocations Familiales en fonction du revenu des parents. Il faut d’ailleurs souligner que cette décision est en accord avec des principes de justice sociale dits de Gauche et que le MEI aimerait pouvoir approuver plus souvent ce genre de décision.

Par principe d’équité, et en ces temps de crise, il semble évident que l’aide de l’Etat doit aller vers les enfants qui en ont le plus besoin plutôt que vers ceux dont le revenu mensuel des parents est de 8 000€. On ne peut que s’étonner de l’absence de consensus sur le sujet dans la classe politique française.

Par la même occasion le Mouvement Ecologiste Indépendant demande au Gouvernement la suppression du Quotient Familial qui n’avantage que ceux qui payent des impôts soit la moitié de la population française. Cette suppression est nécessaire parce que la crise est appelée à durer, que le poids de la dette française atteint un niveau intolérable et que l’effort ne peut être demandé aux couches défavorisées.

Le retournement des projections démographiques

Après l’ONU, l’Ined  confirme le retournement des prévisions démographiques mondiales. Depuis une soixantaine d’années, la baisse régulière des taux de croissance et de fécondité mondiaux constitue l’argument massue pour déconsidérer toutes les inquiétudes relatives à la surpopulation.

Ce raisonnement, très en usage dans le monde politique comme dans de nombreux milieux écologistes, se trouve pourtant désormais infirmé par les plus récentes études et l’optimisme béat n’est plus de mise. L’ONU puis l’Ined viennent de publier leurs dernières projections : Elles sont largement revues à la hausse. La stabilisation de nos effectifs se voit reportée à une date ultérieure et à  un niveau  plus élevé que ce que l’on pouvait espérer. Elle se situera sans doute aux alentours de 11 milliards en 2100, sauf bien entendu, effondrement civilisationnel avant cette échéance.

A deux reprises déjà, L’ONU avait tiré la sonnette d’alarme en révisant à la hausse ses prévisions , une première fois en 2011 puis une seconde fois en juin dernier. Ainsi, dans ses projections publiées en 2009, l’Onu estimait que le monde compterait 9,1 milliards d’habitants en 2050, prévisions remontées à 9,3 milliards en 2011, puis à 9,6 milliards en 2013 (il s’agit là des projections moyennes, l’Onu publiant en outre des fourchettes haute et basse).

Une même évolution avait logiquement touché les projections à échéance de 2100, passées de 10,1 milliards en 2011 à 10,9 milliards en 2013.

C’est désormais l’Ined qui vient confirmer la  tendance via le dernier numéro (1) de la revue Population et sociétés qui présente tous les deux ans, sous la direction de Gilles Pison, une étude baptisée « Tous les pays du monde ».  Ce document propose un vaste tableau statistique donnant les principaux éléments démographiques : population actuelle, population prévisionnelle pour 2050, taux de natalité, de fécondité… pour toutes les nations.   Ces données sont également agrégées par grandes zones géographiques ainsi qu’aux niveaux continental et mondial. Voici les principaux enseignements de cette publication.

– Une stabilisation de la fécondité et de la croissance :

Alors que le taux de fécondité mondial (qui était d’environ 5 enfants par femme en 1950) baissait régulièrement, il semble désormais stabilisé à 2,5. Ce taux n’est pas négligeable, il signifie que d’une génération à l’autre les effectifs se voient multipliés par 1,25.   Chaque couple, deux personnes donc,  se trouvant en moyenne remplacé par 2,5 personnes, (un tout petit peu moins en réalité car il y subsiste encore un peu de mortalité infantile. Notons  que celle-ci est toutefois, et heureusement, tombée assez bas et que la grande majorité des enfants dans le monde atteignent désormais l’âge de la reproduction : la mortalité infantile mondiale est de 4 % en 2013 alors qu’elle se situait encore à 5,5 % en 2005).

Le taux de croissance de la population n’est curieusement pas indiqué dans le document de l’Ined, mais au niveau mondial le solde migratoire étant nul par définition, la différence entre le taux de natalité et le taux de mortalité peut nous permettre de l’estimer. Ce taux est stabilisé à + 1,2 % par an depuis 2005. (3) Cela conduit tous les ans la population à augmenter d’environ 80 millions de personnes soit l’équivalent d’une ville comme Paris tous les dix jours (4). Rappelons que si le taux de croissance est plus faible aujourd’hui que dans les décennies précédentes, il s’applique à une population plus importante et que de ce fait, la croissance réelle de nos effectifs est plus forte en 2013 qu’elle ne l’était  dans les années 60 (+ 80 millions d’habitants par an contre + 70 millions environ) ! Le record de croissance en nombre a toutefois été atteint dans les années 90 avec + 90 millions de terriens supplémentaires chaque année.

– L’évolution démographique de l’Afrique  constitue la composante principale de ce retournement.

C’est l’Afrique qui prend la plus grande part dans ce retournement puisque son taux de croissance ne diminue pas, au contraire.  Il s’établit en 2013 à + 2,5 % par an alors qu’il n’était que de + 2,3 % en 2005 (5) Les africains représentent aujourd’hui un peu plus de 15 % des terriens, ils devraient en représenter 25 % en 2050.

Ce mouvement touche principalement l’Afrique Subsaharienne mais aussi désormais, quoique dans une moindre mesure, l’Afrique du Nord. Seule l’Afrique Australe, qui croît de 1 % par an, présente une structure d’évolution démographique comparable à celle du reste du monde. Cette croissance est évidemment lourde de menaces dans un continent souvent frappé par les famines  et dont, rappelons-le, les déserts constituent une proportion très importante.

Ce poids déterminant de l’évolution de la démographie africaine dans l’évolution globale du monde peut être mis en évidence dans le tableau suivant donnant, continent par continent, l’évolution attendue entre aujourd’hui (mi-2013) et 2050.

Evolution démographique mondiale attendue d’ici 2050

(en millions d’habitants, source Ined, extraits)

Zones Pop en 2013   Pop en 2050     Evolution  Evolution
  (est. 2013)   (nombre)    (en %)
Monde        7 141       9 731   +  2 590   +   36 %
Afrique        1 101       2 435   +  1 334   + 121 %
Amérique           958       1 228   +     270   +   28 %
Asie        4 305       5 284   +     979   +   23 %
Europe           740          726    –       14   –      2 %
Océanie             38            58    +      20   +   53 %

 

On voit que l’Afrique est le continent qui progressera le plus en nombre et surtout en valeur relative, passant de 1,101 milliard d’habitants à 2,435 milliards   (+ 1,334 milliard) soit + 121 %,  tandis que dans le même temps, le monde entier passerait de 7,141 à 9,731milliards (+ 2,590 milliards) soit + 36 %. L’Europe serait le seul continent à voir sa population diminuer (très légèrement : – 2 %)

La réévaluation à la hausse des prévisions réalisées par l’Ined est très nette dans le tableau suivant comparant les projections pour 2050 publiées respectivement en 2011 et 2013. Ce tableau vient particulièrement conforter la réévaluation des estimations onusiennes.

Réévaluation des projections pour 2050 entre 2011 et 2013

(en millions d’habitants, source Ined, extraits)

Zones  Projections  pour 2050  Projections  pour 2050 Evolution Evolution
(publiées en 2011) (publiées en 2013)  (nombre)  (en %)
Monde       9 587     9 731   +  144 +  1,5 %
Afrique       2 300     2 435   +  135 +  5,9 %
Amérique       1 216     1 228   +    12 +  1,0 %
Asie       5 284     5 284   +      0       –
Europe          725        726   +      1 +  0,1 %
Océanie            62          58    –      4  –  6,5 %

 

Le  retournement des prévisions concerne particulièrement l’Afrique puisque la réévaluation (à la hausse) des prévisions entre 2011 et 2013 est de + 1,5 % pour le monde (il y a donc bien une réévaluation globale) et de + 5,9 % pour l’Afrique. Notons qu’il n’y a pas eu d’évolution des projections publiées pour l’Asie et à peine pour l’Europe.

L’Afrique reste d’autre part le continent de quelques cas extrêmes en terme de fécondité : 7,6 enfants par femme au Niger (7,0 en 2013 !),  6,8 en Somalie, 6,2 au Burundi et 6,1 au Mali. Le cas du Nigéria, quoiqu’il ne représente pas un record de fécondité (5,7 quand même) est également très inquiétant compte tenu de son poids démographique (175 millions d’habitants aujourd’hui). Ce pays devrait atteindre 444 millions d’habitants en 2050 soit plus que les États-Unis d’aujourd’hui (et même 11 % de plus que les Etats-Unis de 2050) pour une surface dix fois plus petite.

L’Asie est et restera le géant démographique.

L’Asie reste bien entendu le continent le plus peuplé (4,305 milliards d’habitants soit 60 % des terriens) et le sera encore en 2050 (5,284 milliards sur 9,731 soit 54 %). L’Inde, avec un taux de fécondité encore estimé à 2,4 devrait doubler la Chine et voir ses effectifs passer de 1,276 à 1,652 milliard (respectivement de 1,361 à 1,314 milliard pour la Chine qui devrait donc connaître une légère baisse de sa population (- 3,5 %)). En terme de densité de peuplement (6), le Bangladesh qui devrait voir augmenter ses effectifs de 40 % est et restera le pays record avec 1 402 habitants par kilomètre carré en 2050. Ainsi densément peuplée, la France métropolitaine compterait près de 780 millions d’habitants ! En Asie, seul le Timor-Est (mais avec un million d’habitants seulement) et l’Afghanistan (31 millions) connaissent des taux de fécondité supérieurs à 5 et donc comparables aux records africains.

De son côté, l’Amérique du Nord constituera le grand ensemble de pays très développés voyant se poursuivre la croissance de ses effectifs (448 millions d’habitants en 2050 pour l’ensemble Canada + Etats-Unis contre 352 aujourd’hui soit + 27 % Notons que dans toute l’Amérique, nord et sud confondus, les records de fécondité sont détenus par Haïti (3,5) et par… la Guyane française (3,4) !

Avec la Chine (- 3,5 % donc),  l’Europe (- 2 %) et le Japon (- 24 % !) constitueront les principales zones de décroissance démographique. Le Japon devrait ainsi établir un record de diminution mais il est vrai qu’il part d’une densité très élevée (337 habitants par kilomètre carré en 2013). En Europe, la baisse devrait particulièrement toucher l’Europe Orientale (qui passerait de 295 à 260 millions d’habitants soit – 12 %) et dans une moindre mesure, l’Europe Méridionale qui verrait sa population passer de 153 à 146 millions entre 2013 et 2050. La France métropolitaine devrait atteindre 72 millions d’habitants soit 8 millions de plus qu’aujourd’hui (+ 12,5 %). L’Océanie connait également de forts taux de croissance mais ils portent sur des effectifs relativement faibles.

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(1) ” Population et sociétés “ numéro 503, septembre 2013, sous la direction de Gilles Pison. C’est de ce document que sont extraites la plupart des données évoquées ici tableaux compris, quelques-uns proviennent cependant des statistiques publiées par l’ONU.

(2) Selon l’étude de l’Ined, l’indice synthétique de fécondité mondial était de 2,7 en 2005 et 2007, de 2,6 en 2009 et de 2,5 en 2011 et 2013.

(3) Cette croissance annuelle de la population de 1,2 % résulte des différences entre un taux de natalité de 2,1 % et d’un taux de mortalité de 0,9 % pour les années 2005 et 2007 et d’un taux de natalité de 2,0 % associé à un taux de mortalité de 0,8 % pour 2009, 2011 et 2013.

(4) Pour des statistiques globales voir : Les chiffres clefs de la population.

(5) En 2013, ces + 2,5 % de croissance en Afrique résultent  d’une natalité de 3,6 % et d’une mortalité de 1,1 % tandis qu’en 2005, les + 2,3 % de croissance annuelle résultaient d’une natalité de 3,8 % et d’une mortalité de 1,5 %. Le mouvement de transition démographique (baisse des deux taux) s’est quand même légèrement poursuivi mais la baisse de la mortalité a été supérieure à  celle de la natalité d’où la hausse de la croissance.

(6) La densité de peuplement n’est malheureusement pas indiquée dans les statistiques publiées par l’Ined, elle a donc été calculée par nos soins pour le Bangladesh. Rappel : la densité moyenne sur l’ensemble du globe (Antarctique non pris en compte) est aujourd’hui d’environ 52 personnes par kilomètre carré et de 116 en France métropolitaine.

Allocations familiales

Motion sur les Allocations familiales

Adoptée par le Conseil national du MEI le 14 avril 2013

Dans le cadre du débat actuel sur la politique familiale, et dans le contexte plus général de la crise et des politiques d’austérité, il convient de ne pas se limiter à une réforme superficielle des allocations familiales.

La question, en effet, ne se réduit pas à sa dimension sociale ou fiscale. Il est évident que les allocations familiales pour les foyers les plus aisés sont contraires au principe de péréquation qui sous-tend habituellement les transferts de l’Etat-providence. A ce titre, leur modulation, préconisée par le rapport Fragonard, ou leur fiscalisation, écartée par le chef de l’État, rejoindraient l’idéal de justice sociale qui devrait également conduire à la remise en cause du quotient familial. Il est à souligner par ailleurs que de telles réformes ne pourraient que contribuer à un retour à l’équilibre des comptes publics.

Néanmoins, partisans d’une réforme et partisans du statu quo semblent se retrouver sur le principe même d’une aide publique aux familles nombreuses, principe admis comme une évidence nationale consensuelle.

L’encouragement de la natalité par l’État français s’est pourtant développé dans un contexte historique et idéologique bien déterminé : celui du développement simultané d’un capitalisme industriel avide de bras et plus tard de consommateurs, et d’un militarisme gourmand en chair à canon, le tout sous le regard complaisant des institutions religieuses.

A la critique pionnière de ce natalisme par le courant néo-malthusien dès la première moitié du XXe siècle se sont ajoutés depuis plus de quarante ans les avertissements des écologistes, conscients des limites de la planète et des dangers de la bombe “P”.

C’est dans la continuité de cette remise en cause du consensus populationniste, qui ne peut qu’aggraver la crise globale dans ses multiples aspects, que les Écologistes du MEI préconisent, comme l’association Démographie Responsable, une refonte radicale des allocations familiales.

Les principes de cette refonte radicale seraient les suivants :

Une allocation revalorisée à hauteur de 100€ pour un premier enfant, et portée à 150€ pour une famille de deux enfants (soit davantage qu’actuellement), mais un plafonnement à ce niveau dès le troisième enfant, quel que soit le nombre d’enfants supplémentaires, ceux-ci devant être assumés intégralement par la famille et non plus par la collectivité.

Afin de ne pas fragiliser davantage les familles en ces temps difficiles, une telle réforme ne devrait pas avoir d’effet rétroactif : une famille nombreuse déjà constituée continuerait à toucher des allocations sur la base des grilles actuelles, le nouveau calcul ne s’appliquant qu’aux familles de deux enfants ou moins, ainsi qu’aux nouvelles naissances. Par ailleurs, une telle refonte du principe des allocations devra être accompagnée d’une modulation suivant le revenu et d’une réforme de la fiscalité.

Pour une réorientation des allocations familiales

En ces temps de difficultés financières exacerbées, les allocations familiales occupent le devant de la scène. Doit-on les taxer de façon particulière ? Doit-on, comme d’autres prestations, les intégrer à l’assiette de l’impôt sur le revenu ? Faut-il les soumettre à des conditions de ressources ? Les plafonner ?

Toutes ces interrogations sont légitimes, elles relèvent d’une double préoccupation sociale et budgétaire. Pourtant, on doit regretter que la question de fond, c’est-à-dire leur raison d’être, soit bien souvent absente des débats.

Les allocations familiales sont avant tout le principal outil d’une politique nataliste. Leur objet est de favoriser la fécondité en faisant en sorte que l’arrivée d’un, et surtout de plusieurs enfants, n’occasionne pas pour les familles de telles difficultés financières, qu’elles hésitent à se lancer dans l’aventure.

L’incitation se révèle efficace, et la France, généreuse en la matière, est aussi l’un des pays d’Europe les plus féconds avec environ deux enfants par femme quand ses voisins italien, allemand ou espagnol sont très en dessous. Le monde politique et la presse en général s’en félicitent régulièrement sans une once de questionnement.

Mais le mécanisme n’est-il pas allé trop loin quand, pour certaines familles, les allocations constituent une des premières sources de revenu ? Comme si l’enfant devenait un moyen de vivre, une industrie comme une autre, alors même que les prélèvements obligatoires ne cessent de progresser.

La poursuite d’une politique aussi volontariste en faveur de la natalité peut être mise en cause du triple point de vue écologique, moral et économique.

Écologique d’abord, car la planète ne supporte plus nos effectifs. Au niveau mondial, ceux-ci ont été multipliés par deux au cours des 45 dernières années et par quatre au cours du siècle précédent, les forêts et la mégafaune sont sur le point de disparaître du fait de notre omniprésence. En France, la population a augmenté de plus de 15 millions de personnes depuis 1970 et notre pays bétonne l’équivalent d’un département tous les 10 ans. Dans ce cadre-là, est-il nécessaire de consacrer des fonds publics à encourager toujours plus le phénomène ?

Problème moral ensuite, car avant d’être des prestations, les allocations familiales sont d’abord des prélèvements et ces prélèvements touchent ceux, qui, par leur relative retenue démographique se comportent de la façon la plus responsable et la plus écologique. Dans le monde surpeuplé de demain, nous nous apercevrons que nous avons financé la catastrophe en taxant les plus écologiquement vertueux au profit de ceux qui l’étaient moins.

Économique enfin, car quelle est la logique de ce soutien inconditionnel à la natalité ? On nous dit souvent qu’il faut préserver l’avenir et notamment financer les retraites : C’est une triste plaisanterie.

Plaisanterie à long terme, car sur le fond, peut-on sérieusement compter sur une société qui, pour maintenir son équilibre exigerait que chaque génération soit plus nombreuse que la précédente ? Sur un monde de surface finie, il ne peut s’agir que d’une fuite en avant. Il faut bien envisager la stabilisation, et le plus tôt et au plus bas niveau, sera le mieux.

Plaisanterie à court terme aussi, car cela fait 40 ans que les pays occidentaux, et la France tout particulièrement, sont minés par le chômage et se montrent incapables de fournir du travail à leur jeunesse. Manque-t-on de main d’œuvre ? Est-ce cela qui plombe l’économie ? Non, on manque d’emplois ! On ne financera pas les retraites avec les chômeurs. Bien au contraire, l’arrivée chaque année sur le marché du travail de classes d’âges plus nombreuses creuse plus encore les déficits des comptes publics, puisque, d’une façon ou d’une autre, la collectivité doit offrir à ses membres un minimum de ressources. Une des raisons des meilleurs résultats de l’Allemagne sur le volet de l’emploi est qu’elle n’a pas à fournir tous les ans un travail à des jeunes aux effectifs stables ou croissants.

 

Propositions :

Il est possible d’imaginer une autre politique visant à réorienter ces prestations en faveur des familles moins nombreuses tout en permettant de substantielles économies.

On pourrait ainsi mettre en place une allocation (100 euros par exemple au lieu de 0 actuellement) dès le premier enfant, puisque celui-ci génère de facto des dépenses non négligeables pour une famille.

L’on pourrait également revaloriser les allocations pour deux enfants en les faisant passer à 150 ou 200 € (au lieu de 127,05 € aujourd’hui). Puis, de façon à ne pas favoriser l’accroissement de la population, garder ce même montant quel que soit le nombre d’enfants. Ainsi, tout couple souhaitant se reproduire plus qu’à l’identique, c’est-à-dire avoir plus de deux enfants, devrait, en connaissance de cause (ou plutôt, de conséquence) assumer la charge financière que cela suppose et non demander à la collectivité de le faire à sa place.

Il va de soi que de telles mesures ne devraient pas être rétroactives afin de ne pas mettre en péril financier des familles non préparées. Elles ne devraient prendre effet que pour les enfants à naitre et à une date annoncée suffisamment longtemps à l’avance.

Enfin, le montant de ces allocations pourrait être soumis à l’impôt sur le revenu dans un souci de justice sociale et d’égalité du traitement des ressources. Dans le même temps, la fiscalité et les multiples avantages donnés aux familles nombreuses devraient aussi être réorientés.

Communiqué approuvé par 94 % des votants au 11 mars 2013.

Sur les données démographiques et leurs commentaires récurrents

Les Écologistes du MEI (Mouvement Écologiste Indépendant) constatent avec effarement mais sans surprise le ton employé cette année encore par la quasi-totalité des commentateurs à propos des statistiques démographiques fournies par l’INSEE.

Comme d’habitude, la croissance démographique du pays, des différentes régions et agglomérations est abusivement qualifiée en termes positifs : “dynamisme” ou “progrès”, tandis que les régions dont la population baisse, ou n’augmente que trop lentement, sont jugées “poussives”, “à la traîne”, “en déclin”.

Il est regrettable que les chiffres ne puissent être présentés par la presse et les éditorialistes avec davantage d’objectivité : les mots de “baisse”, “augmentation” ne sont-ils pas assez parlants, pour qu’on les remplace systématiquement par “déclin” ou “dynamisme” ? Quant à la prétendue “stagnation”, mieux vaudrait la nommer simplement “équilibre” ou “stabilité”.

En ces temps de course à un illusoire retour de la croissance économique, d’aucuns croient voir dans les données démographiques ainsi connotées un indicateur des atouts ou handicaps respectifs des différents pays d’Europe. Davantage d’habitants, ce serait plus de consommateurs (surtout) et plus de travailleurs (hypothétiquement), donc la recette miracle de la croissance économique. Alors que les terres arables s’épuisent ou sont sacrifiées sous le béton, à Notre-Dame-des-Landes comme ailleurs, alors que les ressources énergétiques sur lesquels repose notre société industrielle amorcent leur déclin, alors que nul ne peut nier la crise du logement, nos élites persistent donc dans le populationnisme le plus éculé.

Le MEI réaffirme au contraire que l’augmentation de la population, en France ou dans le monde, est un facteur aggravant de la crise globale, environnementale, économique et sociale. Son encouragement par le “natalisme” ou par l'”immigrationnisme” sous de fallacieux prétextes économiques serait une grave inconséquence. A défaut, et dans l’attente, d’une prise de conscience des dangers de la surpopulation, le MEI en appelle donc dans l’immédiat à davantage de retenue et de neutralité dans les commentaires.

La population mondiale au 1er janvier 2013

Évaluation de nos effectifs au 1er janvier 2013

(en millions d’habitants) 

Sources      2013     2012 Progression Progression
(en millions)   (en %)
  INED    7 091    7 013      +      78      +  1,11 %
  Population Data.net    7 099    7 014      +      85       +  1,21 %
  Worldometers    7 089     7 013      +      76      +  1,08 %
  Terriens.com     7 060     6 984      +      76      +  1,09 %
  US Census Bureau    7 062     6 985      +      77      +  1,10 %
   Population Mondiale.org    7 099     7 015      +      84      +  1,20 %
  Moyenne    7 083    7 004    +      79   +     1,13 %

Selon cette moyenne réalisée à partir d’un panel de compteurs de population nous serions donc aujourd’hui 7 milliards et 83 millions d’habitants sur la Terre. Avec 79 millions de personnes de plus en un an, la croissance de nos effectifs reste très élevée. Cela contredit quelque peu les affirmations rassurantes selon lesquelles l’explosion démographique serait une affaire du passé et une menace à oublier. Deux éléments militent envers plus de prudence :

Tout d’abord, le taux de croissance en 2012, estimé entre + 1,1 et + 1,2 % (a), s’il est effectivement plus bas que les maxima atteints entre 1960 et 1970 (+ 2,1 % certaines de ces années) reste très supérieur à ceux que l’humanité a connu tout au long de son Histoire et même de son Histoire récente (b). Ce taux est ainsi beaucoup plus élévé que celui qui prévalait lors des premières années du 20ème siècle où la population augmentait au rythme de + 0,4 % par an soit trois fois moins rapidement qu’aujourd’hui !

D’autre part, c’est évidemment le nombre absolu des hommes qui pèse sur la planète et sur ses équilibres écologiques. Or, nul ne doit être grand mathématicien pour comprendre qu’un taux plus faible, s’il s’applique à une base plus large, peut conduire à une évolution absolue plus importante. Ainsi, entre 1960 et 1970, décennie symbole de l’explosion démographique, les effectifs de l’humanité sont passés de 3 à 3,7 milliards ce qui suppose une croissance annuelle moyenne de 70 millions de personnes. Aujourd’hui, alors même que l’on tend à minimiser l’expansion du nombre des hommes, ce sont pourtant plus de 80 millions d’habitants qui viennnent tous les ans s’ajouter à la surface de la Terre. Habitants qui auront des modes de consommation plus exigeants que ceux des générations précédentes et qui se présentent sur une  planète plus dégradée et déjà deux fois plus peuplée.

A terme toutefois, convenons-en, le taux est déterminant. Avec 0 % de croissance, par définition la population sera stabilisée. Mais  quand ? Et à quel niveau ?

En France et dans certains pays d’Europe, la fécondité qui avait baissé a connu des remontés ces dernières années.  Il en a été de même dans des pays de structures démographiques et économiques très différentes comme ceux du Maghreb dont pourtant on avait vanté la rapidité de la transition démographique.

Il faut donc considérer que la baisse tendancielle des taux de croissance de la population sur laquelle tablent de nombreux  analystes constitue une hypothèse mais non une certitude. Nous rappelions d’ailleurs l’an dernier que l’ONU avait revu à la hausse ses projections démographiques pour le siècle qui commence.

 Rappel des prévisions de l’ONU pour l’évolution au cours de ce siècle.

(prévisions de 2011 en millions d’habitants)

  Prévisions      en 2050       en 2100
  Basse        8 500          6 200
  Moyenne        9 300        10 300
  Haute      10 600        15 800

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Les effectifs de la population mondiale moyenne indiqués pour 2012 (7 004 millions) sont très légèrement différents de ceux qui avait été retenus l’an dernier (7 003 millions). Ceci parce que la liste  des compteurs n’est plus exactement la même. Deux d’entre eux ont été exclus : Terre sacré.org ne publie plus de compteur et celui de Population Matter a trop largement changé de base pour être significatif.

(a) Il est illusoire de raisonner sur des chiffres trop précis compte tenu de la connaissance que nous pouvons avoir de nos effectifs et de leur évolution. Les données sur la population peuvent etre considérées comme exactes à 1 ou 2 %  près. Le taux de croissance annuel de   + 1,13 %  que nous indiquons fixe un ordre de grandeur. Ce serait une erreur de le prendre au pied de la lettre (ou plutôt du chiffre). Il en va évidemment de même pour toutes les autres statistiques démographiques ici présentées.

(b) Ajoutons qu’il est bien peu recommandable, comme on le fait parfois de prendre   systématiquement comme référence des années record par rapport auxquelles, par définition tout autre chiffre apparaitra plus raisonnable.  Comparer tous les chiffres de la croissance démographique au taux maximum jamais connu introduit un biais statistique évident et donc une comparaison faussée par nature.

Cet article reprend, avec l’aimable accord de ses auteurs, celui publié ce jour sur le site Économie Durable