Sur les données démographiques et leurs commentaires récurrents

Les Écologistes du MEI (Mouvement Écologiste Indépendant) constatent avec effarement mais sans surprise le ton employé cette année encore par la quasi-totalité des commentateurs à propos des statistiques démographiques fournies par l’INSEE.

Comme d’habitude, la croissance démographique du pays, des différentes régions et agglomérations est abusivement qualifiée en termes positifs : “dynamisme” ou “progrès”, tandis que les régions dont la population baisse, ou n’augmente que trop lentement, sont jugées “poussives”, “à la traîne”, “en déclin”.

Il est regrettable que les chiffres ne puissent être présentés par la presse et les éditorialistes avec davantage d’objectivité : les mots de “baisse”, “augmentation” ne sont-ils pas assez parlants, pour qu’on les remplace systématiquement par “déclin” ou “dynamisme” ? Quant à la prétendue “stagnation”, mieux vaudrait la nommer simplement “équilibre” ou “stabilité”.

En ces temps de course à un illusoire retour de la croissance économique, d’aucuns croient voir dans les données démographiques ainsi connotées un indicateur des atouts ou handicaps respectifs des différents pays d’Europe. Davantage d’habitants, ce serait plus de consommateurs (surtout) et plus de travailleurs (hypothétiquement), donc la recette miracle de la croissance économique. Alors que les terres arables s’épuisent ou sont sacrifiées sous le béton, à Notre-Dame-des-Landes comme ailleurs, alors que les ressources énergétiques sur lesquels repose notre société industrielle amorcent leur déclin, alors que nul ne peut nier la crise du logement, nos élites persistent donc dans le populationnisme le plus éculé.

Le MEI réaffirme au contraire que l’augmentation de la population, en France ou dans le monde, est un facteur aggravant de la crise globale, environnementale, économique et sociale. Son encouragement par le “natalisme” ou par l'”immigrationnisme” sous de fallacieux prétextes économiques serait une grave inconséquence. A défaut, et dans l’attente, d’une prise de conscience des dangers de la surpopulation, le MEI en appelle donc dans l’immédiat à davantage de retenue et de neutralité dans les commentaires.

La population mondiale au 1er janvier 2013

Évaluation de nos effectifs au 1er janvier 2013

(en millions d’habitants) 

Sources      2013     2012 Progression Progression
(en millions)   (en %)
  INED    7 091    7 013      +      78      +  1,11 %
  Population Data.net    7 099    7 014      +      85       +  1,21 %
  Worldometers    7 089     7 013      +      76      +  1,08 %
  Terriens.com     7 060     6 984      +      76      +  1,09 %
  US Census Bureau    7 062     6 985      +      77      +  1,10 %
   Population Mondiale.org    7 099     7 015      +      84      +  1,20 %
  Moyenne    7 083    7 004    +      79   +     1,13 %

Selon cette moyenne réalisée à partir d’un panel de compteurs de population nous serions donc aujourd’hui 7 milliards et 83 millions d’habitants sur la Terre. Avec 79 millions de personnes de plus en un an, la croissance de nos effectifs reste très élevée. Cela contredit quelque peu les affirmations rassurantes selon lesquelles l’explosion démographique serait une affaire du passé et une menace à oublier. Deux éléments militent envers plus de prudence :

Tout d’abord, le taux de croissance en 2012, estimé entre + 1,1 et + 1,2 % (a), s’il est effectivement plus bas que les maxima atteints entre 1960 et 1970 (+ 2,1 % certaines de ces années) reste très supérieur à ceux que l’humanité a connu tout au long de son Histoire et même de son Histoire récente (b). Ce taux est ainsi beaucoup plus élévé que celui qui prévalait lors des premières années du 20ème siècle où la population augmentait au rythme de + 0,4 % par an soit trois fois moins rapidement qu’aujourd’hui !

D’autre part, c’est évidemment le nombre absolu des hommes qui pèse sur la planète et sur ses équilibres écologiques. Or, nul ne doit être grand mathématicien pour comprendre qu’un taux plus faible, s’il s’applique à une base plus large, peut conduire à une évolution absolue plus importante. Ainsi, entre 1960 et 1970, décennie symbole de l’explosion démographique, les effectifs de l’humanité sont passés de 3 à 3,7 milliards ce qui suppose une croissance annuelle moyenne de 70 millions de personnes. Aujourd’hui, alors même que l’on tend à minimiser l’expansion du nombre des hommes, ce sont pourtant plus de 80 millions d’habitants qui viennnent tous les ans s’ajouter à la surface de la Terre. Habitants qui auront des modes de consommation plus exigeants que ceux des générations précédentes et qui se présentent sur une  planète plus dégradée et déjà deux fois plus peuplée.

A terme toutefois, convenons-en, le taux est déterminant. Avec 0 % de croissance, par définition la population sera stabilisée. Mais  quand ? Et à quel niveau ?

En France et dans certains pays d’Europe, la fécondité qui avait baissé a connu des remontés ces dernières années.  Il en a été de même dans des pays de structures démographiques et économiques très différentes comme ceux du Maghreb dont pourtant on avait vanté la rapidité de la transition démographique.

Il faut donc considérer que la baisse tendancielle des taux de croissance de la population sur laquelle tablent de nombreux  analystes constitue une hypothèse mais non une certitude. Nous rappelions d’ailleurs l’an dernier que l’ONU avait revu à la hausse ses projections démographiques pour le siècle qui commence.

 Rappel des prévisions de l’ONU pour l’évolution au cours de ce siècle.

(prévisions de 2011 en millions d’habitants)

  Prévisions      en 2050       en 2100
  Basse        8 500          6 200
  Moyenne        9 300        10 300
  Haute      10 600        15 800

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Les effectifs de la population mondiale moyenne indiqués pour 2012 (7 004 millions) sont très légèrement différents de ceux qui avait été retenus l’an dernier (7 003 millions). Ceci parce que la liste  des compteurs n’est plus exactement la même. Deux d’entre eux ont été exclus : Terre sacré.org ne publie plus de compteur et celui de Population Matter a trop largement changé de base pour être significatif.

(a) Il est illusoire de raisonner sur des chiffres trop précis compte tenu de la connaissance que nous pouvons avoir de nos effectifs et de leur évolution. Les données sur la population peuvent etre considérées comme exactes à 1 ou 2 %  près. Le taux de croissance annuel de   + 1,13 %  que nous indiquons fixe un ordre de grandeur. Ce serait une erreur de le prendre au pied de la lettre (ou plutôt du chiffre). Il en va évidemment de même pour toutes les autres statistiques démographiques ici présentées.

(b) Ajoutons qu’il est bien peu recommandable, comme on le fait parfois de prendre   systématiquement comme référence des années record par rapport auxquelles, par définition tout autre chiffre apparaitra plus raisonnable.  Comparer tous les chiffres de la croissance démographique au taux maximum jamais connu introduit un biais statistique évident et donc une comparaison faussée par nature.

Cet article reprend, avec l’aimable accord de ses auteurs, celui publié ce jour sur le site Économie Durable

Logement / Quand les initiatives des personnes de bonne volonté se conjuguent

  1. Une ministre donne une impulsion d’intérêt général qui secoue la torpeur
  2. Un élu écologiste réagit à l’opportunité locale face à des logements administratifs vacants
  3. Un préfet et ses services instruisent efficacement sans délai
  4. Les associations caritatives locales alertent, aiguillonnent et accompagnent.
  5. Les bailleurs locaux interviennent…
  6. Nous apprécions l’accès à des logements décents qui, souhaitons le, se pérennisent au-delà de mars 2013

Extrait du journal Sud-Ouest du 28/12/2012 :

Ce jeudi « en se déplaçant dans ce coin de la banlieue bordelaise la ministre du logement  a tenu à signifier que les lignes pouvaient bouger, et rondement. Quatre maisons vides, propriété de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), ont été attribuées à des familles mal logées à la veille de Noël. Elles pourront y rester jusqu’au 31 mars.

Logés en deux semaines

Le coup est parti le 6 décembre, quand Gérard Chausset, un adjoint (EELV) au maire de Mérignac, a signalé aux services du préfet de la Gironde que ce lotissement de 18 maisons appartenant à la DGAC était majoritairement inoccupé. Cinq jours plus tard, Michel Delpuech, le préfet de Gironde et d’Aquitaine, a pris la décision de confier 10 de ces maisons au bailleur social Gironde Habitat. Deux jours plus tard, l’opération était calée au cours d’une réunion organisée avec la DGAC, Gironde Habitat et Emmaüs, qui se charge de l’accompagnement social des nouveaux occupants. Une convention lie les parties. Aucune réquisition n’a été prononcée.

Les quatre premières familles ont pu emménager avant Noël, tandis que chauffage et plomberie étaient rapidement vérifiés. Six autres vont suivre. Des familles logées à l’hôtel ou dans des appartements exigus et insalubres, des demandeurs d’asile menacés d’être mis à la rue, des travailleurs pauvres… Toute la gamme de ce mal-logement qui lève depuis le début du millénaire.

En soulignant cette initiative, Cécile Duflot a voulu s’extirper du débat qui s’articule sur la seule réquisition des logements vacants, sur les doléances du DAL (Droit au logement) et la lenteur des procédures. « Parfois, la réquisition n’est pas nécessaire. Ici, c’est le bon exemple. Quand tout le monde se mobilise, le résultat est bien plus rapide qu’avec tous les dispositifs coercitifs », a appuyé la ministre en rendant hommage à Gérard Chausset et à tous les autres acteurs de l’affaire.

La SNCF et la RATP aussi

Ce type de conventionnement est à ce jour une rareté. Le mener à bon port, dans un délai aussi ramassé, est un cas unique. Cet automne, la SNCF a elle aussi mis à disposition des nécessiteux des logements qu’elle possède dans la région parisienne et à Marseille. La RATP a fait de même en Île-de-France. Le ministère souhaiterait que ce système fasse école, dans le parc public comme dans le privé. « Rien que dans l’agglomération bordelaise, vous avez 23 000 logements vacants. Ils peuvent être conventionnés ! » veut croire Cécile Duflot. »

A propos du PIB

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Le PIB est un agrégat de plus en plus contesté comme la notion de croissance, et l’ONU a proposé d’autres instruments de mesure comme l’IDH : Indice de Développement Humain beaucoup plus proche de la réalité socio-économique et des différences de développement économique existant dans le monde donc plus pertinent quant à la possibilité de faire des comparaisons. Et il y en a d’autres comme l’IPH ou encore incluant les paramètres Hommes-Femmes, comme l’IDSH

Oui, l’IDH est un instrument de mesure du développement utilisé depuis longtemps par les sociologues, géographes, statisticiens et autres chercheurs .C’est une bonne idée d’envisager de l’intégrer pour la part sociale, mais il n’introduirait pas les coûts environnementaux dans le PIB.

Il existe une démarche “écologique’ au sein de l’union européenne, et suivie par la France et d’autres pays avec les indicateurs « phares » présentés ci-dessous, à titre expérimental et pédagogique, voire démagogique.

Nous demandons  que dans le cadre d’un débat public cela aille au-delà, dans un premier temps au cours des campagnes présidentielles et législatives, et dans un deuxième temps au niveau de l’assemblée nationale et des collectivités locales.

C’est à dire que le PIB soit réellement remis en cause durant la campagne des présidentielles. Cela sera aussi une de nos exigences au cours de la campagne des législatives. Pourquoi ? Le PIB fait le jeu d’une approche uniquement productiviste du capital et de l’entreprise, qui s’est accentuée avec la mondialisation et l’emprise financière. C’est pourquoi, il est urgent qu’il soit remplacé par ces agrégats qui prennent en compte le social et l’environnemental, qui sont à présent les parents-pauvres du système, et ce plus particulièrement depuis les années 1970-1980.

Voici à présent  les indicateurs « phares » de développement durable qui font partie de la stratégie de l’Union européenne, révisée en 2006 et sur laquelle la France s’est alignée. Elle met en exergue une sélection de 11 indicateurs « clés », présentés ci-dessous :

  1. Taux de croissance du PIB par habitant
  2. Émissions totales de gaz à effet de serre
  3. Part des énergies renouvelables dans la consommation intérieure brute d’énergie
  4. Consommation d’énergie des transports et PIB Productivité des ressources
  5. Indice d’abondance des populations d’oiseaux communs
  6. Prises de poissons en dehors des limites biologiques de sécurité
  7. Espérance de vie en bonne santé
  8. Taux de risque de pauvreté après transferts sociaux
  9. Taux d’emploi des travailleurs âgés (55-64 ans)
  10. Aide publique au développement

source : L’économie française, édition 2008

A cela pourrait s’ajouter des agrégats concernant l’environnement et développés par l’Université de Yale et Columbia dans une optique d’aide à la prise de décision, comme :

  • EPI : Indice de Performance Environnementale pour évaluer la politique environnementale d’un pays
  • ESI : Indice de Durabilité Environnementale, sorte de baromètre de la trajectoire à Long Terme d’un pays en matière d’environnement et qui traduit le passé, le présent et le futur environnemental d’un pays.

Il faudrait aussi aller vers une comptabilité nationale environnementale intégrée, qui existe déjà mais également à titre expérimental et pédagogique…

Une direction renouvellée

Le Conseil National des Ecologistes (MEI), réunit à Paris les 26 et 27 novembre, a partiellement renouvelé sa direction, après l’assemblée générale qui a vu la réélection d’Antoine Waechter à la présidence du Mouvement.

Jacques Lançon, adjoint au maire de Lons Le Saunier, a été reconduit dans ses fonctions de secrétaire national. Francine Herbaut Dauptain, conseillère régionale du Nord – Pas de Calais, a été élue première vice-présidente.

Président : Antoine Waechter, conseiller régional d’Alsace, adjoint au maire de Fulleren
1ere vice-présidente : Francine Herbaut Dauptain, conseillère régionale du Nord – Pas de Calais
Vice président en charge de l’environnement et du territoire : Albert Danjau (Midi Pyrénées)
Vice président en charge des questions économiques : Laurent Boitelle (Alsace)
Vice-président en charge des affaires sociales : Michel Hecquet, conseiller régional du Nord – Pas de Calais
Vice président en charge des questions de société : Fabien Niezgoda (Lorraine)
Vice-présidente en charge des questions internationales : Françoise Werkmann (Strasbourg)

Secrétaire national : Jacques Lançon, adjoint au maire de Lons Le Saunier
Trésorier national : Emmanuel Pruvost (Ile de France)
Secrétaire national adjoint en charge de la communication : Jean-Marc Ferrari (Aquitaine)
Secrétaire national adjoint en charge des adhérents : Jean Bitterlin (Alsace)

Fabien Niezgoda est en charge des élections.
Laurent Boitelle est en charge des relations presse.