France > Articles by: Antoine Waechter

Réinvestissons l’Europe

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Le référendum britannique révèle les limites de la démocratie, lorsque l’expression du peuple souverain divise la société en deux moitiés, différentes par leur niveau de vie, leur âge et leur degré de formation, et pénalise certaines catégories, comme les agriculteurs, qui ne bénéficieront plus des aides de la PAC.

Plus encore, il interroge sur ce que la classe politique, y compris française, a fait de l’Union : une « chose » désincarnée, en apparence éloignée des préoccupations populaires, vouée au libéralisme planétaire, sans politique étrangère. Le projet européen s’est dissout dans un marché mercantile.

Pour autant, nous Écologistes, nous faisons le choix de l’Union, pour avoir débarrassé ce continent de ses frontière intérieures, pour avoir vaincu la spéculation sur les monnaies, pour cet antidote au retour des conflits séculaires, pour cette politique agricole commune qui a, jusqu’à ce jour, évité la paupérisation de la paysannerie de montagne, pour la protection de la biodiversité et la valorisation du patrimoine que l’Europe a fait inscrire dans nos lois.

Il est si facile de critiquer les technocrates de Bruxelles et de faire de la Commission le bouc émissaire des insatisfactions populaires. N’oublions pas, pourtant, que la conduite de l’Union est de la responsabilité du Conseil des Ministres et du Parlement de Strasbourg. Or, quel est l’engagement de nos responsables dans la définition des politiques européennes : ils sont volontiers absents aux réunions ? Quelle considération les partis accordent-ils à la représentation nationale au Parlement européen : les députés désignés sont trop souvent des bénéficiaires de lots de consolation électorale ?

Réinvestir l’Union doit être la réponse à la sortie de la Grande Bretagne. Rappel de quelques-unes des exigences des Écologistes :

  • Nomination, au sein du Gouvernement français, d’un ministre plénipotentiaire, impliqué, motivé et compétent, chargé des affaires européennes,
  • retour, en France, à une liste nationale pour les élections européennes, de manière à inscrire plus clairement l’Europe dans le débat national,
  • définition, avec tous les membres de l’Union, d’une politique étrangère européenne indépendante,
  • retour aux fondements de la politique agricole commune : régulation des volumes de production, fermeture sélective aux importations concurrentes de produits européens, pour que l’agriculture puisse produire une alimentation saine et gérer un territoire de qualité,
  • harmonisation des politiques sociales des différents membres de l’Union
  • création d’une police des frontières chargée des frontières externes de l’Union pour incarner les limites physiques du territoire européen,
  • élargissement des cours de géographie et d’histoire à la géographie et à l’histoire des pays membres de l’Union.

Journées d’été 2016 en Alsace

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JOURNÉES D’ÉTÉ 2016

24 au 27 août 2016

Au Rimlishoff

3 rue du Rimlishoff 68530 BUHL (vallée de Guebwiller)

Accès :            En voiture par Guebwiller depuis la RD83 et la RD430  En train : gare de Bollwiller (TER) ou de Mulhouse (TGV)

Nous retournons cette année en Alsace, plus précisément dans la vallée vosgienne de la Lauch (vallée de Guebwiller)

Les journées d’été constituent le moment fort de l’année, permettant à tous de se rencontrer dans une ambiance conviviale de réflexion et de découverte. Les familles peuvent y venir avec les enfants. C’est aussi une excellente occasion de découvrir le territoire d’accueil, en ajoutant des jours de congé avant ou après les journées d’été. Ces dernières sont ouvertes aux adhérents ainsi qu’aux sympathisants (n’hésitez pas à inviter des amis intéressés).

Fiche d’inscription à envoyer à :

Jean Bitterlin  24 rue de la Gendarmerie 68470 FELLERING 03 89 39 14 30  06 84 88 62 14

Prénom NOM ………………………………………………………………….. Téléphone : ……………………………………….. Adresse : ……………………………………………………………………………Mail : …………………………………………………. Participe aux journées d’été du MEI du ………. août 2016 au …………..août 2016

Arrive au Rimlishoff le …………..août 2016 vers …….. heures en voiture.

Si arrivée en train : heure d’arrivée en gare de                 : ………………….. heures. Je souhaite des repas végétariens : oui     non

Pour des raisons d’organisation, nous demandons à chacun de t’inscrire dans les meilleurs délais et de ne pas changer d’avis au dernier moment : nous devons réserver les places au centre sans pouvoir nous dédire sans frais. Merci de nous faciliter l’organisation. A bientôt !

LE PROGRAMME

 

Matin 9h-12h Après midi 14h-17h Fin de journée 17h30-19h30 Soir 20h30-22h30
Mardi 23 Accueil
Mercredi 24 Ateliers* Ateliers* Petite sortie(S1) Conférence (C1)
Jeudi 25 Formation(F) Atelier présidentielles(P) Ateliers* Conférence(C2)
Vendredi 26 Ateliers* Visite Ungersheim(S2) Conférence(C3)
Samedi 27 Ateliers* Conseil national(CN) Sortie Hautes-Vosges et repas ferme auberge
Dimanche 28 Retour

 

(CN) : la réunion du conseil national est ouvert à tous les adhérents

* Ateliers : débats thématiques (thèmes en fonction de l’actualité ou de l’animateur) (S1) : visite du site de l’abbaye de Murbach, à cinq minutes du Rimlishoff

(S2) : visite de la commune en transition d’Ungersheim (monnaie locale, centrale photovoltaïque, transport hippomobile, réserve naturelle sur un ancien carreau minier, maraichage biologique coopératif…), valorisée par le film de Marie-Monique Robin Sacré village.

(F) : 2017 sera une année d’élections législatives : comment être candidat, comment conduire  une campagne électorale : tout le monde peut être candidat (les complexes à la poubelle !) et le Mouvement en a besoin

(P) : nous élaborerons le déroulé de la campagne présidentielle et approfondirons les six thèmes arrêtés par le Conseil national : démocratie, paix, économie, énergie, territoire (paysages et patrimoine), agriculture : quel discours devra tenir notre candidat sur ces sujets.

(C1) : Florence BURGAT : le droit animalier

(C2) : Michel GEORGET : Vaccinations, la réalité derrière le mythe

(C3) : Pierre LE VIGAN : L’effacement du politique. P. Le Vigan présentera un autre de ses ouvrages en atelier : La post-urbanité.

PRIX

 

La pension complète (nuit, petit déjeuner, déjeuner et dîner) par personne et par jour est de 49,40 euros. La demi-pension (dîner, nuit, petit déjeuner) est de 41,50 euros. Prix d’un repas adulte hors forfait pension : 15 euros. Des réductions sont envisageables pour tous : si vous souhaitez plus de précisions, renseignez-vous auprès de Jean Bitterlin (03.89.39.14.30) ou Jacques Mahourat (05.59.82.13.52).

Il est possible d’obtenir des repas végétariens sous réserve de le demander au moment de l’inscription.

Nombre Tarif Nombre de personnes TOTAL
Pension complète 49,40
Demi-pension 41,50
Hors pension : repas 15
TOTAL

Je verse un acompte de ………………………………………….. par chèque, libellé au nom de l’Association de financement du MEI.

Laudato si, un remarquable engagement du Vatican

pape-vertCe n’est pas un hasard si le pape a adopté le patronyme du saint patron des écologistes : l’encyclique Laudato si, rédigé en grande partie par le pontife lui-même, est sans doute la prise de position d’un chef religieux et d’un chef d’état la plus aboutie et la plus engagée qui soit à ce jour. Ce texte ne vaut pas seulement par la prise de position officielle de l’Eglise sur les enjeux écologiques, mais aussi et peut-être surtout par l’analyse radicale qui y est développée et par une invitation à réinterpréter les textes bibliques, notamment la fameuse injonction « Dominez la Terre ».

François invite l’Humanité à adopter une éthique dans ses relations avec le monde qui le porte et qui ne lui appartient pas. Il dénonce le pouvoir de l’argent et la croyance en la capacité salvatrice de la technique. Le partage est la clé de l’avenir : il suppose une certaine décroissance dans les pays riches, écrit-il, pour que les pays émergeants puissent améliorer leur sort.

Si toutes les religions adoptaient cette position engagée, le monde se porterait mieux et la paix se rétablirait naturellement.

Les écologistes doivent se rassembler sur leur identité

logos-ecolosJ’ai accepté l’invitation de participer à une réunion, le 4 avril prochain, dont le seul objectif annoncé est d’engager le dialogue entre acteurs de l’écologie politique. Il est présomptueux de conclure une rencontre avant qu’elle ait eu lieu et d’avoir entendu la position des différents intervenants.

Les écologistes ont besoin d’unité et de cohérence. Nous devons nous rassembler sur nos valeurs pour affirmer l’identité de l’écologisme, hors du socialisme et du libéralisme. Notre ambition de participer à la direction du pays est incompatible avec une posture de supplétifs du pouvoir actuel ou de dilution dans une coalition de l’ultra gauche.

Le MEI avait tenté d’organiser le dialogue, au printemps 2011 à Lyon, sans lendemain parce que chacun avait sa propre solution, ralliement au PRG ou au Modem, ou candidature présidentielle auto désignée. Au final, seuls le MEI et EELV ont tenté une démarche commune aux présidentielles et aux législatives.

Je rappelle que, dès sa création en septembre 1994, le MEI avait adopté un projet de confédération. Les conditions sont favorables pour faire aboutir ce projet, à condition que le chemin ne soit pas miné par les ambitions personnelles.

Réforme territoriale : de mauvaises motivations ne peuvent aboutir qu’à un mauvais projet

regions

LA réduction du nombre de régions ne génèrera aucune économie substantielle : elle pourrait même, dans un premier temps, susciter des dépenses d’adaptation et de reconfiguration. La réduction du nombre de régions ne modifie pas le millefeuille institutionnel : bien au contraire, avec la création des métropoles, l’empilage a gagné une couche supplémentaire. En s’agrandissant, les régions ne gagnent rien en efficacité et en pouvoir : de ce point de vue, la comparaison avec les pays voisins est fallacieuse : les cantons suisses et les länder allemand sont, pour certains, de taille modeste.

La réforme de nos institutions est utile, à défaut d’être indispensable. Elle doit répondre à des motivations sérieuses : accroître l’efficacité de la gouvernance de nos territoires dans le cadre de l’achèvement de la décentralisation, rendre plus cohérentes entre elles les politiques et les interventions des différentes collectivités, approfondir la démocratie, notamment en stimulant une plus grande implication des citoyens. Ces objectifs étant posés, il faut inventer l’architecture institutionnelle qui leur correspond.

Les départements, qui n’ont pas su évoluer depuis la fin de la tutelle préfectorale (1983), ne sont manifestement plus en état de répondre à ces objectifs. Ce constat ne date pas d’aujourd’hui. Mais, de Raffarin à Sarkozy, les ambitions de réforme se sont heurtées à une majorité départementaliste au sein de l’UMP comme du PS. La suppression des Conseils généraux (devenus Conseils départementaux) suppose de répartir leurs compétences, soit en direction de communautés de communes agrandies, soit en direction des Régions. La possibilité pour les élus régionaux de se répartir en commissions départementales au sein de l’institution régionale pour assurer les tâches de gestion (RSA, services sociaux…) répond aux exigences de proximité dans ces domaines.

La principale qualité de l’assemblée régionale est sa capacité de prospective et de planification. Elle ne peut conserver cette capacité que si elle est dégagée de la tentation du clientélisme qu’alimente la défense des petits territoires qui se confondent avec les circonscriptions électorales (commune, canton). En d’autres termes, le scrutin proportionnel par listes départementales lui convient bien.

Rappelons enfin que les länder, les cantons et pratiquement toutes les régions des pays voisins ont le statut d’état fédéré. La décentralisation sera achevée lorsque les régions françaises auront été dotées de pouvoirs réglementaires, c’est-à-dire qu’elles seront devenues les chefs d’orchestre des politiques territoriales. Dans le cadre d’une intelligente subsidiarité, cela va de soi.

Quelle dimension pour ces Régions ? Une institution ne trouve sa légitimité que lorsqu’elle est reconnue par le peuple. Aujourd’hui déjà, l’assemblée régionale est peu visible du public. Elle disparaîtra des radars collectifs si son périmètre ne correspond pas à un territoire ayant une identité dans la conscience des gens. L’accession à une dimension politique (liée à l’attribution d’un pouvoir réglementaire) peut, le cas échéant, compenser l’accroissement de taille, jusqu’à un certain point. Mais, il peut probable que la méthode à la hache, regroupement par région existante, et sur la base d’une décision technocratique parisienne, puisse aboutir à un résultat acceptable et accepté. Les regroupements doivent être désirés, et proposés par la base, par exemple par chacun des conseils généraux.

Prenons l’exemple de l’Alsace. L’hypothèse minimale est d’acceptée le regroupement avec le Territoire de Belfort élargi au pays de Montbéliard, qui est demandeur. Il est envisageable de constituer un ensemble bénéficiant du même droit local, par un élargissement à la Moselle, ou de prendre la montagne comme colonne vertébrale du nouvel ensemble en ajoutant le département des Vosges. Ces hypothèses laissent la Lorraine se regrouper avec Champagne Ardennes comme elle semble le souhaiter. Les différentes options doivent être ouvertes et débattues. Aucune ne doit être imposée de Paris.
Le diable étant dans les détails, ne négligeons pas ces derniers. Dans une grande région Alsace Lorraine, l’élu de Verdun met de 3h30 à 4 heures de train pour venir à Strasbourg (de gare à gare). L’élu mulhousien mettrait 2h26 à 2h56 pour se rendre à Metz ou à Nancy, si le siège du nouvel ensemble se trouvait dans ces villes. Inutile de consacrer 6 à 8 heures de déplacement pour une réunion de commission d’une durée de 2 heures. La vidéo conférence peut remplacer la réunion physique, les réunions peuvent être regroupées en session de plusieurs jours. Mais, il est à parier que l’absentéisme se développerait.

Une institution moins visible des citoyens, une présence moins assidue des élus, la possibilité pour l’Etat de réaliser des ponctions plus importantes sur le budget régional à la hauteur des économies annoncées (sans étude sérieuse), le risque est grand d’un affaiblissement du fait régional, notamment si les assemblées départementales sont maintenues. Tout affaiblissement du niveau local renforcerait l’État central qui, dans le même temps, réduit ses moyens d’exercer ses missions régaliennes.

Nous sommes favorable à une réforme territoriale, à condition qu’elle soit intelligente, concertée et surtout qu’elle réponde à un objectif de meilleure gouvernance et de plus grande démocratie.

Meeting national Europe Ecologie à Dijon

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Sandrine Bélier, tête de liste Europe Ecologie dans le Grand Est et Antoine Waechter, numéro 2 de la liste, étaient, ce lundi 12 mai en meeting à Dijon. Devant une salle pleine de militants venus de toute l’euro-région et entourée de ses colistiers de l’ensemble du Grand Est, elle a également reçu toute l’amitié et le soutien de Joël Labbé, sénateur EELV du Morbihan, François Veillerette, second de la liste Europe Ecologie dans le Nord Ouest, Pascal Durand, tête de liste en Ile de France et Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d’Europe Ecologie Les Verts. Chacun d’entre eux a témoigné, à travers leurs propres combats, de l’importance de renforcer la part des élus d’Europe Ecologie au niveau européen. Ils ont ainsi abordé la question de la santé, mais également de l’agriculture et de l’industrie pour montrer qu’un autre futur est possible dans l’Europe de demain.

« Sandrine Bélier est la seule élue à être venue me soutenir »

Emmanuel Giboulot, viticulteur à Beaune condamné à 500 euros d’amende pour avoir refusé de traiter ses vignes préventivement avec des pesticides, est monté à la tribune pour témoigner du soutien qu’il a reçu lors de son procès. Il a ainsi défendu un autre modèle d’agriculture à l’image de celle souhaitée par le programme d’Europe Ecologie: une agriculture de qualité et de proximité, qui ne soit pas seulement régie par la volonté des grands groupes de l’agro industrie.

Invité surprise du meeting, José Bové a apporté ses encouragements à Sandrine Bélier par un message vidéo mettant en avant son bilan au Parlement Européen et en parlant de ses combats: la biodiversité, ACTA et bientôt TAFTA.

« Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin »

Sandrine Bélier a conclu le meeting en appelant à plus d’Europe, mais pas à n’importe quelle Europe. Elle a appelé à refuser de choisir entre ceux qui souhaitent une Europe aux Etats forts, au nationalisme exacerbé et à ceux qui ne proposent qu’un tiède compromis entre le libéralisme et leurs convictions pour mettre en avant la rupture proposée par Europe Ecologie: une transition énergétique pensée pour redynamiser l’économie et remettre l’humain au centre d’une Europe démocratique. « Nous avons la responsabilité d’amorcer et de porter un nouveau modèle de développement, plus juste, plus équitable et plus durable » a rappelé l’eurodéputée sortante de la circonscription du Grand Est en proposant un réel « Made in Europe ».

Le stupide projet du gouvernement pour faire des économies

Prétendre faire des économies par la suppression des départements et la division par deux du nombre des régions est stupide.

Les demandes de financement pour l’action sociale, la formation initiale ou continue, les transports, l’environnement ou le développement économique, subsisteront. De même l’obligation d’une représentation dans les nombreux conseils d’administration où siègent les élus. Au bilan, il n’est pas certain que l’opération se traduise par une économie. Par contre, elle pourrait s’accompagner d’une perte d’efficacité, la proximité étant un gage d’optimisation de la dépense comme l’a démontré la gestion des collèges, des lycées et des TER.

Par contre, améliorer la gouvernance des territoires, éviter les doublons et les querelles de compétence, renforcer la démocratie, voilà des objectifs qui justifient la redéfinition de l’architecture institutionnelle du pays. Oui à la disparition des conseils généraux qui n’ont pas réussi à s’émanciper de la dépendance administrative : mais après avoir désigner les collectivités qui reprendront leurs compétences, notamment sociales et techniques : la Région et les communautés de communes portées à la dimension des Pays ? Non à la fusion autoritaire des régions, qui doivent coller à l’identité séculaire d’un territoire et gagner en pouvoirs.

Il est peut-être temps de passer à la VIe république, plus démocratique, et décentralisée à l’image de la quasi-totalité des membres de l’Union.

NDDL : le MEI appelle solennellement le gouvernement…

Le samedi 22 février 2014 à Nantes, le MEI s’est joint aux 50 000 manifestants pacifiques de tous âges venus (de toute la France,  accompagnés par les agriculteurs et leurs 520 tracteurs) pour dire son opposition au projet d’aéroport de NDDL.
La manifestation a malheureusement été aussi le lieu de scènes de violences inacceptables, que le MEI condamne. En revanche il faut néanmoins s’interroger sur les responsabilités des uns et des autres, et, à ce sujet, le MEI appelle à une grande prudence. Qui a décidé de modifier le tracé de la manifestation  pour  défiler devant les bureaux de Vinci ? Pourquoi les forces de l’ordre étaient-elles absentes  lorsque les casseurs entraient en action (bris de vitres ou ramassage de pavés) sous les caméras de télévision pour intervenir finalement trop tard et de façon si spectaculaire ?

L’aéroport actuel offre des possibilités d’aménagements à moindre coût tant financier  qu’écologique : de nombreuses études le prouvent, avec des arguments raisonnés qui ont été très faiblement diffusés par la presse et encore moins via les grands médias.

Le MEI appelle  solennellement le gouvernement à prendre en compte la solution alternative de la rénovation de l’aéroport actuel de Nantes Atlantique. Cette option représenterait une belle sortie de crise, bienvenue au regard de la situation économique de notre pays. Par son obstination le gouvernement porte une part de responsabilité dans les dérapages violents qui accompagnent l’évolution du dossier de Notre Dame des Landes.

La fonction présidentielle paie l’erreur de la réforme de 2000

Nicolas SARKOZY en a été la victime, François HOLLANDE l’est aujourd’hui, victimes d’un système institutionnel qui fait du président un premier ministre.

Rendu responsable de tout ce qui ne va pas, la présidence est la cible de tous les mécontentements. Le remplacement du premier ministre en titre ne changera rien à la courbe descendante des sondages.

Soucieux de se succéder à lui-même au bout d’un mandat de cinq ans trop court, le Président cale ses décisions sur l’opinion, entrant dans une valse hésitation qui tue l’autorité, pourtant nécessaire au chef de l’exécutif.

Elue dans la foulée de l’élection présidentielle et en soutien du Président, l’assemblée nationale n’est plus qu’un appendice de l’Élysée : l’exécutif et le législatif sont concentrés dans les mêmes mains : il en résulte un effacement du Parlement derrière la présidence, des éruptions de mauvaise humeur de parlementaires frustrés, rendant chaotique le cheminement législatif, une présidence, nue devant le peuple, menacée par un « printemps » français.

Bref : la fonction présidentielle est affaiblie et avec elle c’est l’État qui s’affaiblit. En temps de crise, cette situation est détestable. Plus personne n’est en situation de tenir la barre tout en assurant l’unité nationale.

La réforme du quinquennat fut une erreur. Redonnons à la fonction présidentielle le caractère fédérateur qu’elle a dans toutes les démocraties européennes. Redonnons au premier ministre les prérogatives du gouvernement. Séparons les élections législatives de l’élection présidentielle pour redonner une visibilité au Parlement.

La crise politique actuelle se résoudra par une réforme constitutionnelle. Par gros vent, la gouvernance est essentielle : ce n’est pas un luxe de lui donner plus d’efficacité et de stabilité.