France > Articles by: Didier Barthès

Le retournement des projections démographiques

Après l’ONU, l’Ined  confirme le retournement des prévisions démographiques mondiales. Depuis une soixantaine d’années, la baisse régulière des taux de croissance et de fécondité mondiaux constitue l’argument massue pour déconsidérer toutes les inquiétudes relatives à la surpopulation.

Ce raisonnement, très en usage dans le monde politique comme dans de nombreux milieux écologistes, se trouve pourtant désormais infirmé par les plus récentes études et l’optimisme béat n’est plus de mise. L’ONU puis l’Ined viennent de publier leurs dernières projections : Elles sont largement revues à la hausse. La stabilisation de nos effectifs se voit reportée à une date ultérieure et à  un niveau  plus élevé que ce que l’on pouvait espérer. Elle se situera sans doute aux alentours de 11 milliards en 2100, sauf bien entendu, effondrement civilisationnel avant cette échéance.

A deux reprises déjà, L’ONU avait tiré la sonnette d’alarme en révisant à la hausse ses prévisions , une première fois en 2011 puis une seconde fois en juin dernier. Ainsi, dans ses projections publiées en 2009, l’Onu estimait que le monde compterait 9,1 milliards d’habitants en 2050, prévisions remontées à 9,3 milliards en 2011, puis à 9,6 milliards en 2013 (il s’agit là des projections moyennes, l’Onu publiant en outre des fourchettes haute et basse).

Une même évolution avait logiquement touché les projections à échéance de 2100, passées de 10,1 milliards en 2011 à 10,9 milliards en 2013.

C’est désormais l’Ined qui vient confirmer la  tendance via le dernier numéro (1) de la revue Population et sociétés qui présente tous les deux ans, sous la direction de Gilles Pison, une étude baptisée « Tous les pays du monde ».  Ce document propose un vaste tableau statistique donnant les principaux éléments démographiques : population actuelle, population prévisionnelle pour 2050, taux de natalité, de fécondité… pour toutes les nations.   Ces données sont également agrégées par grandes zones géographiques ainsi qu’aux niveaux continental et mondial. Voici les principaux enseignements de cette publication.

– Une stabilisation de la fécondité et de la croissance :

Alors que le taux de fécondité mondial (qui était d’environ 5 enfants par femme en 1950) baissait régulièrement, il semble désormais stabilisé à 2,5. Ce taux n’est pas négligeable, il signifie que d’une génération à l’autre les effectifs se voient multipliés par 1,25.   Chaque couple, deux personnes donc,  se trouvant en moyenne remplacé par 2,5 personnes, (un tout petit peu moins en réalité car il y subsiste encore un peu de mortalité infantile. Notons  que celle-ci est toutefois, et heureusement, tombée assez bas et que la grande majorité des enfants dans le monde atteignent désormais l’âge de la reproduction : la mortalité infantile mondiale est de 4 % en 2013 alors qu’elle se situait encore à 5,5 % en 2005).

Le taux de croissance de la population n’est curieusement pas indiqué dans le document de l’Ined, mais au niveau mondial le solde migratoire étant nul par définition, la différence entre le taux de natalité et le taux de mortalité peut nous permettre de l’estimer. Ce taux est stabilisé à + 1,2 % par an depuis 2005. (3) Cela conduit tous les ans la population à augmenter d’environ 80 millions de personnes soit l’équivalent d’une ville comme Paris tous les dix jours (4). Rappelons que si le taux de croissance est plus faible aujourd’hui que dans les décennies précédentes, il s’applique à une population plus importante et que de ce fait, la croissance réelle de nos effectifs est plus forte en 2013 qu’elle ne l’était  dans les années 60 (+ 80 millions d’habitants par an contre + 70 millions environ) ! Le record de croissance en nombre a toutefois été atteint dans les années 90 avec + 90 millions de terriens supplémentaires chaque année.

– L’évolution démographique de l’Afrique  constitue la composante principale de ce retournement.

C’est l’Afrique qui prend la plus grande part dans ce retournement puisque son taux de croissance ne diminue pas, au contraire.  Il s’établit en 2013 à + 2,5 % par an alors qu’il n’était que de + 2,3 % en 2005 (5) Les africains représentent aujourd’hui un peu plus de 15 % des terriens, ils devraient en représenter 25 % en 2050.

Ce mouvement touche principalement l’Afrique Subsaharienne mais aussi désormais, quoique dans une moindre mesure, l’Afrique du Nord. Seule l’Afrique Australe, qui croît de 1 % par an, présente une structure d’évolution démographique comparable à celle du reste du monde. Cette croissance est évidemment lourde de menaces dans un continent souvent frappé par les famines  et dont, rappelons-le, les déserts constituent une proportion très importante.

Ce poids déterminant de l’évolution de la démographie africaine dans l’évolution globale du monde peut être mis en évidence dans le tableau suivant donnant, continent par continent, l’évolution attendue entre aujourd’hui (mi-2013) et 2050.

Evolution démographique mondiale attendue d’ici 2050

(en millions d’habitants, source Ined, extraits)

Zones Pop en 2013   Pop en 2050     Evolution  Evolution
  (est. 2013)   (nombre)    (en %)
Monde        7 141       9 731   +  2 590   +   36 %
Afrique        1 101       2 435   +  1 334   + 121 %
Amérique           958       1 228   +     270   +   28 %
Asie        4 305       5 284   +     979   +   23 %
Europe           740          726    –       14   –      2 %
Océanie             38            58    +      20   +   53 %

 

On voit que l’Afrique est le continent qui progressera le plus en nombre et surtout en valeur relative, passant de 1,101 milliard d’habitants à 2,435 milliards   (+ 1,334 milliard) soit + 121 %,  tandis que dans le même temps, le monde entier passerait de 7,141 à 9,731milliards (+ 2,590 milliards) soit + 36 %. L’Europe serait le seul continent à voir sa population diminuer (très légèrement : – 2 %)

La réévaluation à la hausse des prévisions réalisées par l’Ined est très nette dans le tableau suivant comparant les projections pour 2050 publiées respectivement en 2011 et 2013. Ce tableau vient particulièrement conforter la réévaluation des estimations onusiennes.

Réévaluation des projections pour 2050 entre 2011 et 2013

(en millions d’habitants, source Ined, extraits)

Zones  Projections  pour 2050  Projections  pour 2050 Evolution Evolution
(publiées en 2011) (publiées en 2013)  (nombre)  (en %)
Monde       9 587     9 731   +  144 +  1,5 %
Afrique       2 300     2 435   +  135 +  5,9 %
Amérique       1 216     1 228   +    12 +  1,0 %
Asie       5 284     5 284   +      0       –
Europe          725        726   +      1 +  0,1 %
Océanie            62          58    –      4  –  6,5 %

 

Le  retournement des prévisions concerne particulièrement l’Afrique puisque la réévaluation (à la hausse) des prévisions entre 2011 et 2013 est de + 1,5 % pour le monde (il y a donc bien une réévaluation globale) et de + 5,9 % pour l’Afrique. Notons qu’il n’y a pas eu d’évolution des projections publiées pour l’Asie et à peine pour l’Europe.

L’Afrique reste d’autre part le continent de quelques cas extrêmes en terme de fécondité : 7,6 enfants par femme au Niger (7,0 en 2013 !),  6,8 en Somalie, 6,2 au Burundi et 6,1 au Mali. Le cas du Nigéria, quoiqu’il ne représente pas un record de fécondité (5,7 quand même) est également très inquiétant compte tenu de son poids démographique (175 millions d’habitants aujourd’hui). Ce pays devrait atteindre 444 millions d’habitants en 2050 soit plus que les États-Unis d’aujourd’hui (et même 11 % de plus que les Etats-Unis de 2050) pour une surface dix fois plus petite.

L’Asie est et restera le géant démographique.

L’Asie reste bien entendu le continent le plus peuplé (4,305 milliards d’habitants soit 60 % des terriens) et le sera encore en 2050 (5,284 milliards sur 9,731 soit 54 %). L’Inde, avec un taux de fécondité encore estimé à 2,4 devrait doubler la Chine et voir ses effectifs passer de 1,276 à 1,652 milliard (respectivement de 1,361 à 1,314 milliard pour la Chine qui devrait donc connaître une légère baisse de sa population (- 3,5 %)). En terme de densité de peuplement (6), le Bangladesh qui devrait voir augmenter ses effectifs de 40 % est et restera le pays record avec 1 402 habitants par kilomètre carré en 2050. Ainsi densément peuplée, la France métropolitaine compterait près de 780 millions d’habitants ! En Asie, seul le Timor-Est (mais avec un million d’habitants seulement) et l’Afghanistan (31 millions) connaissent des taux de fécondité supérieurs à 5 et donc comparables aux records africains.

De son côté, l’Amérique du Nord constituera le grand ensemble de pays très développés voyant se poursuivre la croissance de ses effectifs (448 millions d’habitants en 2050 pour l’ensemble Canada + Etats-Unis contre 352 aujourd’hui soit + 27 % Notons que dans toute l’Amérique, nord et sud confondus, les records de fécondité sont détenus par Haïti (3,5) et par… la Guyane française (3,4) !

Avec la Chine (- 3,5 % donc),  l’Europe (- 2 %) et le Japon (- 24 % !) constitueront les principales zones de décroissance démographique. Le Japon devrait ainsi établir un record de diminution mais il est vrai qu’il part d’une densité très élevée (337 habitants par kilomètre carré en 2013). En Europe, la baisse devrait particulièrement toucher l’Europe Orientale (qui passerait de 295 à 260 millions d’habitants soit – 12 %) et dans une moindre mesure, l’Europe Méridionale qui verrait sa population passer de 153 à 146 millions entre 2013 et 2050. La France métropolitaine devrait atteindre 72 millions d’habitants soit 8 millions de plus qu’aujourd’hui (+ 12,5 %). L’Océanie connait également de forts taux de croissance mais ils portent sur des effectifs relativement faibles.

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(1) ” Population et sociétés “ numéro 503, septembre 2013, sous la direction de Gilles Pison. C’est de ce document que sont extraites la plupart des données évoquées ici tableaux compris, quelques-uns proviennent cependant des statistiques publiées par l’ONU.

(2) Selon l’étude de l’Ined, l’indice synthétique de fécondité mondial était de 2,7 en 2005 et 2007, de 2,6 en 2009 et de 2,5 en 2011 et 2013.

(3) Cette croissance annuelle de la population de 1,2 % résulte des différences entre un taux de natalité de 2,1 % et d’un taux de mortalité de 0,9 % pour les années 2005 et 2007 et d’un taux de natalité de 2,0 % associé à un taux de mortalité de 0,8 % pour 2009, 2011 et 2013.

(4) Pour des statistiques globales voir : Les chiffres clefs de la population.

(5) En 2013, ces + 2,5 % de croissance en Afrique résultent  d’une natalité de 3,6 % et d’une mortalité de 1,1 % tandis qu’en 2005, les + 2,3 % de croissance annuelle résultaient d’une natalité de 3,8 % et d’une mortalité de 1,5 %. Le mouvement de transition démographique (baisse des deux taux) s’est quand même légèrement poursuivi mais la baisse de la mortalité a été supérieure à  celle de la natalité d’où la hausse de la croissance.

(6) La densité de peuplement n’est malheureusement pas indiquée dans les statistiques publiées par l’Ined, elle a donc été calculée par nos soins pour le Bangladesh. Rappel : la densité moyenne sur l’ensemble du globe (Antarctique non pris en compte) est aujourd’hui d’environ 52 personnes par kilomètre carré et de 116 en France métropolitaine.

Pour une réorientation des allocations familiales

En ces temps de difficultés financières exacerbées, les allocations familiales occupent le devant de la scène. Doit-on les taxer de façon particulière ? Doit-on, comme d’autres prestations, les intégrer à l’assiette de l’impôt sur le revenu ? Faut-il les soumettre à des conditions de ressources ? Les plafonner ?

Toutes ces interrogations sont légitimes, elles relèvent d’une double préoccupation sociale et budgétaire. Pourtant, on doit regretter que la question de fond, c’est-à-dire leur raison d’être, soit bien souvent absente des débats.

Les allocations familiales sont avant tout le principal outil d’une politique nataliste. Leur objet est de favoriser la fécondité en faisant en sorte que l’arrivée d’un, et surtout de plusieurs enfants, n’occasionne pas pour les familles de telles difficultés financières, qu’elles hésitent à se lancer dans l’aventure.

L’incitation se révèle efficace, et la France, généreuse en la matière, est aussi l’un des pays d’Europe les plus féconds avec environ deux enfants par femme quand ses voisins italien, allemand ou espagnol sont très en dessous. Le monde politique et la presse en général s’en félicitent régulièrement sans une once de questionnement.

Mais le mécanisme n’est-il pas allé trop loin quand, pour certaines familles, les allocations constituent une des premières sources de revenu ? Comme si l’enfant devenait un moyen de vivre, une industrie comme une autre, alors même que les prélèvements obligatoires ne cessent de progresser.

La poursuite d’une politique aussi volontariste en faveur de la natalité peut être mise en cause du triple point de vue écologique, moral et économique.

Écologique d’abord, car la planète ne supporte plus nos effectifs. Au niveau mondial, ceux-ci ont été multipliés par deux au cours des 45 dernières années et par quatre au cours du siècle précédent, les forêts et la mégafaune sont sur le point de disparaître du fait de notre omniprésence. En France, la population a augmenté de plus de 15 millions de personnes depuis 1970 et notre pays bétonne l’équivalent d’un département tous les 10 ans. Dans ce cadre-là, est-il nécessaire de consacrer des fonds publics à encourager toujours plus le phénomène ?

Problème moral ensuite, car avant d’être des prestations, les allocations familiales sont d’abord des prélèvements et ces prélèvements touchent ceux, qui, par leur relative retenue démographique se comportent de la façon la plus responsable et la plus écologique. Dans le monde surpeuplé de demain, nous nous apercevrons que nous avons financé la catastrophe en taxant les plus écologiquement vertueux au profit de ceux qui l’étaient moins.

Économique enfin, car quelle est la logique de ce soutien inconditionnel à la natalité ? On nous dit souvent qu’il faut préserver l’avenir et notamment financer les retraites : C’est une triste plaisanterie.

Plaisanterie à long terme, car sur le fond, peut-on sérieusement compter sur une société qui, pour maintenir son équilibre exigerait que chaque génération soit plus nombreuse que la précédente ? Sur un monde de surface finie, il ne peut s’agir que d’une fuite en avant. Il faut bien envisager la stabilisation, et le plus tôt et au plus bas niveau, sera le mieux.

Plaisanterie à court terme aussi, car cela fait 40 ans que les pays occidentaux, et la France tout particulièrement, sont minés par le chômage et se montrent incapables de fournir du travail à leur jeunesse. Manque-t-on de main d’œuvre ? Est-ce cela qui plombe l’économie ? Non, on manque d’emplois ! On ne financera pas les retraites avec les chômeurs. Bien au contraire, l’arrivée chaque année sur le marché du travail de classes d’âges plus nombreuses creuse plus encore les déficits des comptes publics, puisque, d’une façon ou d’une autre, la collectivité doit offrir à ses membres un minimum de ressources. Une des raisons des meilleurs résultats de l’Allemagne sur le volet de l’emploi est qu’elle n’a pas à fournir tous les ans un travail à des jeunes aux effectifs stables ou croissants.

 

Propositions :

Il est possible d’imaginer une autre politique visant à réorienter ces prestations en faveur des familles moins nombreuses tout en permettant de substantielles économies.

On pourrait ainsi mettre en place une allocation (100 euros par exemple au lieu de 0 actuellement) dès le premier enfant, puisque celui-ci génère de facto des dépenses non négligeables pour une famille.

L’on pourrait également revaloriser les allocations pour deux enfants en les faisant passer à 150 ou 200 € (au lieu de 127,05 € aujourd’hui). Puis, de façon à ne pas favoriser l’accroissement de la population, garder ce même montant quel que soit le nombre d’enfants. Ainsi, tout couple souhaitant se reproduire plus qu’à l’identique, c’est-à-dire avoir plus de deux enfants, devrait, en connaissance de cause (ou plutôt, de conséquence) assumer la charge financière que cela suppose et non demander à la collectivité de le faire à sa place.

Il va de soi que de telles mesures ne devraient pas être rétroactives afin de ne pas mettre en péril financier des familles non préparées. Elles ne devraient prendre effet que pour les enfants à naitre et à une date annoncée suffisamment longtemps à l’avance.

Enfin, le montant de ces allocations pourrait être soumis à l’impôt sur le revenu dans un souci de justice sociale et d’égalité du traitement des ressources. Dans le même temps, la fiscalité et les multiples avantages donnés aux familles nombreuses devraient aussi être réorientés.

Communiqué approuvé par 94 % des votants au 11 mars 2013.

La population mondiale au 1er janvier 2013

Évaluation de nos effectifs au 1er janvier 2013

(en millions d’habitants) 

Sources      2013     2012 Progression Progression
(en millions)   (en %)
  INED    7 091    7 013      +      78      +  1,11 %
  Population Data.net    7 099    7 014      +      85       +  1,21 %
  Worldometers    7 089     7 013      +      76      +  1,08 %
  Terriens.com     7 060     6 984      +      76      +  1,09 %
  US Census Bureau    7 062     6 985      +      77      +  1,10 %
   Population Mondiale.org    7 099     7 015      +      84      +  1,20 %
  Moyenne    7 083    7 004    +      79   +     1,13 %

Selon cette moyenne réalisée à partir d’un panel de compteurs de population nous serions donc aujourd’hui 7 milliards et 83 millions d’habitants sur la Terre. Avec 79 millions de personnes de plus en un an, la croissance de nos effectifs reste très élevée. Cela contredit quelque peu les affirmations rassurantes selon lesquelles l’explosion démographique serait une affaire du passé et une menace à oublier. Deux éléments militent envers plus de prudence :

Tout d’abord, le taux de croissance en 2012, estimé entre + 1,1 et + 1,2 % (a), s’il est effectivement plus bas que les maxima atteints entre 1960 et 1970 (+ 2,1 % certaines de ces années) reste très supérieur à ceux que l’humanité a connu tout au long de son Histoire et même de son Histoire récente (b). Ce taux est ainsi beaucoup plus élévé que celui qui prévalait lors des premières années du 20ème siècle où la population augmentait au rythme de + 0,4 % par an soit trois fois moins rapidement qu’aujourd’hui !

D’autre part, c’est évidemment le nombre absolu des hommes qui pèse sur la planète et sur ses équilibres écologiques. Or, nul ne doit être grand mathématicien pour comprendre qu’un taux plus faible, s’il s’applique à une base plus large, peut conduire à une évolution absolue plus importante. Ainsi, entre 1960 et 1970, décennie symbole de l’explosion démographique, les effectifs de l’humanité sont passés de 3 à 3,7 milliards ce qui suppose une croissance annuelle moyenne de 70 millions de personnes. Aujourd’hui, alors même que l’on tend à minimiser l’expansion du nombre des hommes, ce sont pourtant plus de 80 millions d’habitants qui viennnent tous les ans s’ajouter à la surface de la Terre. Habitants qui auront des modes de consommation plus exigeants que ceux des générations précédentes et qui se présentent sur une  planète plus dégradée et déjà deux fois plus peuplée.

A terme toutefois, convenons-en, le taux est déterminant. Avec 0 % de croissance, par définition la population sera stabilisée. Mais  quand ? Et à quel niveau ?

En France et dans certains pays d’Europe, la fécondité qui avait baissé a connu des remontés ces dernières années.  Il en a été de même dans des pays de structures démographiques et économiques très différentes comme ceux du Maghreb dont pourtant on avait vanté la rapidité de la transition démographique.

Il faut donc considérer que la baisse tendancielle des taux de croissance de la population sur laquelle tablent de nombreux  analystes constitue une hypothèse mais non une certitude. Nous rappelions d’ailleurs l’an dernier que l’ONU avait revu à la hausse ses projections démographiques pour le siècle qui commence.

 Rappel des prévisions de l’ONU pour l’évolution au cours de ce siècle.

(prévisions de 2011 en millions d’habitants)

  Prévisions      en 2050       en 2100
  Basse        8 500          6 200
  Moyenne        9 300        10 300
  Haute      10 600        15 800

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Les effectifs de la population mondiale moyenne indiqués pour 2012 (7 004 millions) sont très légèrement différents de ceux qui avait été retenus l’an dernier (7 003 millions). Ceci parce que la liste  des compteurs n’est plus exactement la même. Deux d’entre eux ont été exclus : Terre sacré.org ne publie plus de compteur et celui de Population Matter a trop largement changé de base pour être significatif.

(a) Il est illusoire de raisonner sur des chiffres trop précis compte tenu de la connaissance que nous pouvons avoir de nos effectifs et de leur évolution. Les données sur la population peuvent etre considérées comme exactes à 1 ou 2 %  près. Le taux de croissance annuel de   + 1,13 %  que nous indiquons fixe un ordre de grandeur. Ce serait une erreur de le prendre au pied de la lettre (ou plutôt du chiffre). Il en va évidemment de même pour toutes les autres statistiques démographiques ici présentées.

(b) Ajoutons qu’il est bien peu recommandable, comme on le fait parfois de prendre   systématiquement comme référence des années record par rapport auxquelles, par définition tout autre chiffre apparaitra plus raisonnable.  Comparer tous les chiffres de la croissance démographique au taux maximum jamais connu introduit un biais statistique évident et donc une comparaison faussée par nature.

Cet article reprend, avec l’aimable accord de ses auteurs, celui publié ce jour sur le site Économie Durable