Non à l ‘urbanisation du plateau de Saclay

Plateau de Saclay

 

Concernant le plateau de Saclay, parler de  «Silicon Valley à la française» relève de l’intox pure et simple pour vendre l’idée du projet.

Si la mutualisation d’équipements lourds de recherche est souhaitable, et le rassemblement d’Etablissements d’Enseignement Supérieur peut sembler séduisant (rassemblement, pas accolage …). Mais là on dépasse les limites, par exemple : Agro Paris Tech Grignon a-t-elle plus besoin du diffuseur neutronique Soleil que de ses champs expérimentaux laissés à 30 km ? Ne semble t’il pas absurde aussi de déplacer l’université Paris Sud d’Orsay de 3 km en l’éloignant de sa station RER pour la rapprocher d’un métro hypothétique dans 15 ans ?

A moins que l’attraction du foncier libéré dans des sites très prisés, parisiens et périphériques, ne soit visée que pour espérer de juteuses opérations Financières…

 Il est temps de  démystifier cette idéologie de la «visibilité mondiale», de la «dynamisation de la recherche», «développement», «croissance»… dont les slogans ronflants n’ont d’autre objet que de  frapper les esprits et leur part d’irrationalité. Cette opération dite d’Intérêt National, sur une région reconnue pour sa grande qualité agricole, ne crée d’emplois que dans le BTP. Elle ne fait que déplacer les autres, à volume constant pour l’Ile de France, avec leurs contingences de transport, de logement, ou de précarité.

Soyons réalistes, les chercheurs et les entreprises savent  communiquer à l’ère du numérique, et ne manquent pas de se rencontrer, périodiquement, et lors des grands évènements thématiques. Leur synergie est plus fonction de la souplesse des gouvernances que de la proximité géographique.

L’urbanisation massive guette cet atypique poumon vert si proche de la métropole. Le Schéma de Développement Territorial de l’Etablissement Public Paris Saclay ne projette t’il pas pratiquement le doublement en 30 ans de la population de la région de l’OIN ?

Que dire également de la problématique transport, alors la ligne verte du métro apparaît comme un luxe au détriment de toute la Région IdF : 4,8 milliards d’euros, pas encore budgétés, pour seulement 5.000 voyageurs par heure de pointe, 20.000 par jour. Avec cette somme, le STIF trouverait de quoi résoudre tous ses problèmes (lignes à moderniser, tunnels à agrandir, matériel à remplacer). Bien que masquée, l’urbanisation massive guette cet atypique poumon vert si proche de la métropole.

Alors qu’il faut désormais raisonner en terme de MENAGEMENT du territoire et non d’aménagement du territoire, si on considère le bilan financier, énergétique et les rejets de gaz à effet de serre d’un tel projet qui sont incompatibles avec les objectifs du plan climat, le MEI ne peut qu’être défavorable à ce dossier.

 Communiqué adopté à 95%

 Daniel Martin , et Colette Lecuyer ( MEI Essonne )

 

Laudato si, un remarquable engagement du Vatican

pape-vertCe n’est pas un hasard si le pape a adopté le patronyme du saint patron des écologistes : l’encyclique Laudato si, rédigé en grande partie par le pontife lui-même, est sans doute la prise de position d’un chef religieux et d’un chef d’état la plus aboutie et la plus engagée qui soit à ce jour. Ce texte ne vaut pas seulement par la prise de position officielle de l’Eglise sur les enjeux écologiques, mais aussi et peut-être surtout par l’analyse radicale qui y est développée et par une invitation à réinterpréter les textes bibliques, notamment la fameuse injonction « Dominez la Terre ».

François invite l’Humanité à adopter une éthique dans ses relations avec le monde qui le porte et qui ne lui appartient pas. Il dénonce le pouvoir de l’argent et la croyance en la capacité salvatrice de la technique. Le partage est la clé de l’avenir : il suppose une certaine décroissance dans les pays riches, écrit-il, pour que les pays émergeants puissent améliorer leur sort.

Si toutes les religions adoptaient cette position engagée, le monde se porterait mieux et la paix se rétablirait naturellement.

Serait-ce le nouveau totalitarisme à combattre ? Geneviève De Gaulle Anthonioz

Genevieve-De-Gaulle-AnthoniozTL : … Vous savez mieux que moi qu’il y a le poids du politique,  il y a le poids de l’économique. Et vous avez parfois des phrases qui sont d’une force incroyable. J’ai noté :
” J’ai connu le nazisme, j’ai connu le totalitarisme stalinien, je crains que nous soyons en train d’accéder à un autre totalitarisme, celui de l’argent.”
TL : Vous allez fort là.

GDA : oui ! oui ! C’est ma conviction profonde. Vous savez : je n’ai rien à ménager. Je suis une vielle dame. Je pense que je dois dire ce que je trouve juste et vrai. C’est l’argent qui mène le monde. On peut se cacher derrière son ombre. Mais c’est comme ça. Ce n’est même plus par pays. Ce sont des puissances financières qui souvent nous échappent. On voit bien quand vous parlez, de bourse de krach, qu’est ce que peut faire un citoyen ? Il peut simplement dans sa sphère à lui, essayer de faire que ce monde soit moins injuste. C’est pourquoi quand les jeunes viennent nous dire :  “Vous aviez des choses à combattre : Comme vous avez eu de la chance !” Je réponds : Et vous,  vous croyez que vous n’avez rien à combattre !
TL : Mais comment combattre ces puissances de l’argent.
GDA : Comment combattions-nous le nazisme ?  Avec nos mains nues ! Nous n’avions rien non plus !Qu’est-ce qu’on fait ? On refuse d’abord, puis on essaye, là où on est, de faire que ce ne soit pas l’argent qui mène le monde….

Entretien réalisé pour RCF  par Thierry Lyonnais en 2000, 2 ans avant la disparition de Geneviève De Gaulle-Anthonioz  le 14 février 2002, rediffusé sur RCF le 30 mai 2015 à l’occasion de l’intronisation parmi les gloires du panthéon de Geneviève de Gaulle et de Germaine Tillon, autre femme illustre de la résistance

Le rapport du commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe suite à sa visite en France

Droits de l'homme et du citoyenAchevé le 18 décembre 2014, ce rapport a été élaboré suite à la visite du 22 au 26 septembre 2014.

En voici les points que j’en retiens.

Recul de la tolérance,  nombre élevé d’agressions verbales et de démonstrations injurieuses à caractère haineux ou discriminatoire. Internet et les réseaux sociaux comme vecteurs privilégiés de ces discours de haine. Certains membres de la classe politique française contribuent à la banalisation des discours haineux.

Aux discours s’ajoutent les actes . (80 % des agressions et violences à caractère antimusulman recensées en 2013 visaient des femmes. 188 agressions physiques ont été signalées à l’association SOS homophobie).

Le commissaire aux droits de l’homme invite les autorités à agir par exemple par le biais d’un plan national d’action sur les droits de l’homme et à lutter contre tous les comportements discriminatoires, y compris des forces de police, notamment en matière de contrôles d’identité. Il souligne l’efficacité à long terme de mesures de prévention et de sensibilisation du public. Il salue l’annonce de remise à plat du plan national de lutte contre le racisme, dans un contexte de résurgence inquiétante de l’extrême droite.

Asile et immigration : insuffisances graves et chronique du dispositif national d’accueil des demandeurs d’asile. A Calais le commissaire invite les autorités françaises à proposer des solutions d’accueil durables et dignes aux migrants et les protéger contre des actes violents et haineux des groupes extrémistes actifs dans le secteur. A Paris la présence de mineurs isolés étrangers sans abri marque une autre défaillance du système d’accueil des migrants en France.

Le commissaire appelle la France à veiller à ce que toutes les décisions prises soient basées sur un examen individuel et rigoureux et soient dûment motivées. Il encourage les autorités à rétablir la présentation des personnes placées en rétention administrative au juge des libertés et de la détention (JLD) au terme de 2 jours de rétention et les invite à renoncer à la teneur d’audiences du JLD dans des annexes des TGI situées à proximité immédiate des centres de rétention administrative ou de zones d’attente.

350 000 gens du voyage : le commissaire constate un fort climat d’antitsiganisme et une hostilité profonde que les gens du voyage estiment croissante. Malgré une décision rendue en 2012 par le Conseil constitutionnel les gens de voyage ont toujours l’obligation de détenir un livret de circulation et d’être rattachés à une commune pour pouvoir jouir de leur droits de vote et d’éligibilité.

Le rapport fait apparaître un nombre d’aires d’accueil insuffisant et des problèmes d’accès des enfants à l’éducation.

Les Roms migrants font l’objet d’une hostilité multiséculaire. Le commissaire est très préoccupé par les violences subies par les Roms migrants commises par des particuliers et parfois même par des membres des forces de police. Il est également préoccupé des conditions dans lesquelles une partie des opérations d’évacuation a lieu malgré les dispositions visant à les préparer et les encadrer. Il prie instamment les autorités de mettre un terme sans délai aux évacuations forcées de terrains occupés illégalement, non assorties de solutions durables de relogement pour tous les occupants de ces terrains.

Les personnes handicapées : Malgré les progrès effectués au cours des dernières années le handicap est rarement abordé sous l’angle des droits de l’homme.
L’autonomie et l’inclusion dans la société ne sont toujours pas garanties en pratique, en raison des difficultés de mobilité et d’accessibilité et des défaillances des dispositifs d’orientation et d’accompagnement des personnes handicapées. Des milliers de personnes se voient contraintes de quitter la France pour l’étranger, en particulier la Belgique, pour trouver des solutions adaptées à leur situation. A noter en outre les difficultés d’accès à l’emploi et les conditions discriminatoires réservées aux travailleurs handicapés dans certaines structures spécialisées.

Certains enfants handicapés demeurent exclus du bénéfice du droit à l’éducation. Le commissaire salue les mesures adoptées en matière d’accompagnement des enfants handicapés pour favoriser leur scolarisation, à tous les niveaux, en milieu ordinaire. Les autorités sont invitées à redoubler d’effort dans ce domaine.

Le rapport contient les conclusions et les recommandations du Commissaire aux autorités.Il est publié ainsi que les commentaires des autorités françaises sur le site internet du Commissaire.

Mother

“Mother” met en avant l’histoire de Beth, une mère de famille américaine militante des droits de l’enfant. A travers sa propre histoire familiale et sa rencontre bouleversante avec une jeune éthiopienne, Beth prend conscience de l’impact dramatique d’une population planétaire en croissance exponentielle sur l’avenir de nos sociétés et de notre planète. Avec l’aide d’experts de renommée mondiale le film met en lumière les liens entre la croissance de la population, notre système économique, la condition de la femme et les prescriptions religieuses.

Tout en se gardant de juger, le film nous révèle une réalité à laquelle nous devons faire face. Avec une approche respectueuse et humaine il conclut en suggérant des solutions constructives centrées sur l’amélioration de la condition des femmes.
Le film, sorti en 2011 en anglais a été doublé récemment en français. Primé dans plusieurs festivals et prisé par plusieurs ONGs internationales, il a été perçu comme innovant et révolutionnaire par son contenu et dans la manière dont le sujet est traité.

Publié ici avec l’accord de l’auteur.

Montée des eaux : vulnérabilité des régions côtières

montee-des-eauxIl serait naïf de penser que notre région sera épargnée par le dérèglement climatique au motif que si réchauffement il y a, ce ne pourrait qu’améliorer le temps !

Notre région est particulièrement vulnérable. Une centrale nucléaire à Gravelines, des sites Seveso constituent des risques technologiques importants. De plus, le triangle Calais – St Omer – Nieuport est situé sur un ancien polder, plus bas que la mer.

Le GIEC nous annonce des tempêtes, des précipitations diluviennes, une élévation du niveau de la mer d’ici la fin du siècle. Or, l’évacuation des eaux de mer de notre réseau de wateringues n’est possible qu’en marée basse et tributaire du pompage en marée haute. Dès lors la submersion semble inéluctable.

Or, que fait on ? Re construire à grands frais les digues et regarder ailleurs ? Pourtant plus de 500 000 habitants sont concernés par cette situation. Ce polder a été conquis sur la mer depuis plus de 1000 ans, à l’époque où l’on ne parlait pas de dérèglement climatique.

Il serait illusoire de penser qu’une technologie puissante pourrait nous aider à tout solutionner, à maintenir un niveau de consommation surréaliste source de ce dérèglement climatique.

Nous devons diminuer la pression que nos activités font peser sur la terre, diminuer nos émissions de GES (gaz à effet de serre), reconsidérer la nature, la respecter et non plus agir contre elle. Nous devons dès maintenant envisager la situation des populations concernées.

Si les écologistes ont été les premiers à lancer les alertes, si la prise de conscience progresse dans la population nous sommes encore très loin d’avoir pris la dimension de la catastrophe qui nous attend et qui se rapproche.

Les états doivent absolument, radicalement, prendre des mesures rapides et efficaces.

Le rendez vous de la COP 21 à Paris constitue un nouvel espoir. Restons positifs !

Pour qu’un réel changement se mette en marche il nous faudra une mobilisation citoyenne, seule la volonté des populations permettra de faire pression sur l’ensemble des gouvernements.

Francine Herbaut Dauptain Conseillère régionale Nord Pas de Calais

Elevage industriel

elevage-industrielVoici le printemps et ses premiers rayons de soleil. Rien de tel pour avoir envie de chausser ses baskets ou prendre son vélo pour faire un petit tour à la campagne en famille. A nous l’air pur, le pique-nique dans l’herbe, l’observation des animaux en liberté ! Sortons de la pollution des villes !

C’est sans compter sur l’évolution insidieuse du monde agricole.

Il va falloir revoir votre vocabulaire, vous adapter aux changements :

Là où vous croyez voir une ferme, maintenant ce sont des ateliers, des chaines de production d’animaux. Là où l’agriculture traditionnelle élève ses petits cochons dans un pré ou sur la paille, vous avez des animaux sur caillebotis et sous les animaux, des fosses à lisier de milliers de tonnes. Bienvenue dans l’univers concentrationnaire ou des milliers d’animaux cohabitent.

Ce lisier doit être éliminé. L’idée est donc de l’épandre sur les terrains avoisinants. Vous voyez dans quoi vous risquez de vous asseoir négligemment ? Sans compter qu’en période de pluie les terrains gorgés d’eau ne peuvent plus rien absorber et que ce lisier stagne en surface. Les nitrates, nitrites, nitrosamines se retrouveront sans bruit dans les marres, les rivières, lacs, mers, estuaires provoquant les marées vertes, la destruction des équilibres naturels et la mort d’autres espèces.

Là où vous respiriez « l’air pur », l’ammoniac vous prend les bronches, directement issu de la fosse à lisier et de l’aération des « ateliers ». L’air étant par essence volatile. Chargé des bactéries multi résistantes, fabriquées par l’usage des antibiotiques dans ces élevages industriels, il a une fâcheuse tendance à ne pas rester enfermé dans l’atelier. Lui aussi a bien le droit de musarder ! Et c’est ce qu’il fait en s’échappant, s’envolant sur les chemins, dans les habitations avoisinantes….. Les premières personnes à risque sont l’éleveur et sa famille mais aussi les voisins et tous les promeneurs, joggeurs, enfants… passant à proximité.

On ne vous montrera plus les petits cochons car la plupart sont édentés, équeutés et j’en passe car dans un univers carcéral, eux qui avaient instinctivement l’habitude de fouir le sol, pourraient avoir la mauvaise idée de fouir le voisin ! Avouez que ce n’est pas un spectacle pour des enfants !

Dans le cadre d’une enquête publique, avec ma collègue conseillère régionale EELV, j’ai voulu rencontrer les éleveurs pour les convaincre de revenir à des pratiques plus respectueuses de la nature : peine perdue. Ils préfèrent s’endetter pour investir et s’agrandir, s’agrandir, s’agrandir, pour tenter de gagner….. toujours moins car c’est l’offre et la demande qui conditionne les prix !

Après les 1000 vaches, où s’arrêteront ces projets d’élevage de plus en plus gigantesques en porcs, volailles, boeuf… ?

Le dévoiement des pratiques agricoles vers des pratiques industrielles de surproduction, surconsommation, surconcentration repose sur des erreurs, mensonges et contresens, entrainant des dangers, concentrant le pouvoir entre les mains de quelques-uns, au détriment des petites et moyennes exploitations françaises.

Evidemment ce n’est pas comme cela partout, mais l’industrialisation progresse vite, très vite. Voilà pourquoi nous sommes intervenues dans l’enquête publique contre une installation ICPE de notre région.

Pour nous, les filières bio sont les seules voies à suivre. La région aide financièrement et techniquement l’installation ou la conversion en élevage bio et/ou polycultures bio. D’où l’autonomie retrouvée, un changement de système, sans phytosanitaires, en travaillant avec la nature et pas contre la nature.

D’autres choix existent pour une agriculture de qualité, de santé, de bien-être.

D’autres comportements de consommation sont aussi nécessaires.

Bon pique-nique.

Francine HerbautDauptain – Conseillère régionale Nord Pas de Calais

Transport aérien

Transporter moins et mieux, le défi est considérable.

transport-aerienLe secteur des transports  est à la fois le domaine qui réclame la plus forte mobilisation dans la lutte contre le réchauffement climatique et celui sur lequel il est le plus difficile à agir. Premiers émetteurs de gaz à effet de serre, principaux consommateurs de produits pétroliers, sources importantes  de pollution atmosphérique et de bruit, gros consommateurs d’espace… nos modes de déplacement génèrent de nombreuses nuisances, surtout parce que l’essor des transports est intrinsèquement lié à notre modèle économique et à notre mode de vie : Mondialisation oblige

Selon un rapport publié en août 2011 par la Direction Générale de l’aviation civile, le transport aérien  représente 0,9% des émissions de C02  en France, le trafic routier 31,2% et l’industrie manufacturière 22,9%. Des chiffres toutefois en nette diminution en ce qui concerne le trafic national (-26% d’émission de C02 entre 2000 et 2011) dû « au report modal au bénéfice du TGV ».  A l’échelle mondiale, l’aviation cumule 2% des émissions de gaz à effet de serre. Un pourcentage qui devrait augmenter, en corrélation avec la hausse du trafic aérien.

En constante augmentation depuis plusieurs années le trafic aérien mondial n’est pas sans conséquence pour l’environnement.

Selon les chiffres de l’I.A.T.A.(association internationale du transport aérien) publiés le 31 octobre 2013 le trafic aérien mondial de passagers a augmenté de 5,5% en sept 2013 par rapport à 2012 (+5,7% pour le trafic international,+ 5,1% pour le trafic domestique)

Des chiffres inquiétants,  notamment quant à la pollution atmosphérique. Si l’avion en se modernisant est devenu de plus en plus propre, le trafic aérien reste le mode de transport le plus polluant. Il présente en effet  la consommation d’énergie primaire et le taux d’émission de C02  les plus hauts. Ajouté à cela, le fort rejet par les appareils d’oxyde d’Azote, de dioxyde de soufre, de monoxyde de carbone et de vapeur d’eau.

A priori quoi de plus naturel que la vapeur d’eau ! Eh bien non, rien de naturel à ce qu’elle se retrouve à 10 000 mètres en telle quantité dans un air raréfié à – 40 °. La vapeur se transforme en minuscules cristaux de glace  en créant des nuages appelés cirrus. Ceux-ci laissent encore la majeure partie du rayonnement solaire passer vers la terre mais en sens inverse ils bloquent l’essentiel du rayonnement infrarouge irradié par la terre. Cela contribuerait donc encore plus que le C02 au réchauffement par effet de serre.

Quelques mois avant et après le solstice d’hiver, les rayons du soleil dans l’hémisphère nord doivent traverser obliquement les couches de vapeur d’eau, de particules et de cristaux de glace en suspension. Ces rayons solaires subissent une diffraction d’autant plus importante que l’incidence est plus oblique. Ainsi, le sol, les végétaux ne reçoivent plus autant d’énergie. La lumière solaire tamisée manque donc pour la fonction chlorophyllienne.

Un deuxième effet inquiète : lorsqu’en plus de la vapeur d’eau produite par la combustion du kérosène, c’est l’effet des particules rejetées par les jets qui pourraient former des cristaux de glace à retardement plusieurs jours plus tard.

Pour lutter contre toutes les nuisances liées à ce mode de transport I.A.T.A. qui regroupe 93% du trafic de passagers dans le monde et pas moins de 230 compagnies aériennes, s’est engagée à fortement réduire les émissions de dioxyde de carbone(-25%) d’ici 2020.

A l’orée du grand rassemblement à Paris en décembre 2015 de la conférence des nations unies sur les changements climatiques, investissons massivement dans les énergies renouvelables, misons sur des projets innovants  tels que le projet « Solar Impulse » qui à terme permettrait à nos générations futures de profiter d’un trafic aérien propre.

Catherine Glinatsis – MEI Pas de Calais

Gaz de Houille !


petrole-shadokAu motif de diminuer la facture énergétique en région, le Conseil Régional Nord Pas de Calais a lancé une étude sur l’opportunité d’exploitation du gaz de houille sur son territoire. L’idée serait venue en 2011 d’Arnaud Montebourg de « regarder le potentiel de gaz de houille ». Une mission d’enquête a donc été diligentée. Déjà Gazonor s’intéresse au projet. Le chiffre de 500 créations d’emplois est avancé.

Les élus écologistes ont quitté cette mission d’enquête en raison des nombreux partis pris dans le choix des experts, des amalgames entretenus entre gaz de mine et gaz de houille. La suite de cet article vous éclairera sur d’autres aspects de ce dossier.

Le 9 octobre dernier avait lieu une matinée – débat  intitulée « l’exploitation du gaz de houille : atout économique et opportunité industrielle en Nord Pas de Calais ? »

Le point d’interrogation a ici toute sa valeur.

Actuellement en région :

  • Le gaz de mine, celui qui existe naturellement dans les cavités et qui ne nécessite aucune fracturation est actuellement exploité. Il n’y a plus de réservoirs de gaz de mine en dehors de la région Nord Pas de Calais et l’exploitation durera encore au maximum 50 ans, les cavités se remplissant d’eau d’année en année.
  • Le gaz de houille ne représente qu’une possibilité d’exploitation de 10 à 12 années. Il nécessite des forages de 1000 à 4000 m de profondeur

Le risque d’exploitation de ce gaz de houille n’est pas négligeable, voici ce qu’en disent les experts, les associations, les riverains présents :

  • L’eau est injectée sous pression avec des polymères cancérigènes et radioactifs, elle remontera avec le gaz. En Lorraine cette pollution a été reconnue par la DREAL.
  • « Si les adjuvants et huiles dans les produits d’extraction se mélangeaient au captage d’eau potable il faudrait fermer ces captages » affirme l’expert de l’Agence de l’eau. Or, à ce jour personne ne peut affirmer l’étanchéité des tuyaux dans lesquels remonterait le gaz. De plus aucun ciment ne résisterait à un séisme ou à un mouvement du sol suite au forage.
  • Entre 4 et 9 % du méthane s’échappe hors des tuyaux ou ne va pas dedans
  • Dans le gaz extrait est mélangée une eau très salée (10 g/l) emprisonnée dans le charbon, trop salée pour être épandue sur les champs car ceux-ci bruleraient, ni dans les cours d’eau. Il est donc indispensable de la désaliniser et d’en prévoir le coût.
  • L’exploitation entrainera des microséismes dans une région dont le sous sol a déjà été exploité et qui contient encore beaucoup de cavités. Le risque, en cas d’effondrement du sol, est l’inversion des cours d’eau qui pourrait provoquer notamment des inondations.
  • Le forage se ferait à 1600 m de profondeur or, il y a obligation technique de fracturer le charbon quand il est à plus de 1000 m de profondeur

A ces éléments techniques s’ajoutent les questions sur les nuisances dues au balai incessant des camions citernes pendant l’exploitation et sur le devenir des anciens puits, après cette exploitation.

A notre grande surprise les experts sont capables à la fois de nommer les risques tout en affirmant que ceux-ci doivent être étudiés pour voir dans quelle mesure ils pourraient être évités au mieux, car le risque zéro n’existe pas.

Le conseiller régional communiste, président de la commission de développement économique à l’origine de l’étude affirme : « Il n’y a pas de risque insurmontable en terme écologique pour mener des forages d’exploration » et « La Lorraine a deux ans d’avance sur nous. »

La mission d’enquête préconise notamment de travailler en commun avec la Lorraine, de mettre en place des projets de recherche, créer un comité de suivi régional…

Ce 15 avril à Douai avait lieu la restitution de l’enquête.

Des interventions des différents experts nous retiendrons la confirmation des risques environnementaux notamment sur les eaux souterraines.

Le Conseiller régional communiste à l’origine de ce projet de recherche assure que la question du tubage pour le forage et la question de l’eau ont été étudiées. Selon lui, il est nécessaire de se rapprocher de la Lorraine car il y a des connexions à établir entre nos deux régions charbonnières sur ce type de projet, notamment avec les universitaires par rapport à leur expérience.

Le modèle économique n’est pas encore au point mais il évoque un partenariat public-privé et une production sur 20-25 ans. Il se situe dans une logique « de circuit court » car il préfère un gaz « local » à du gaz de schiste liquéfié venant des U.S.A. !

Il rappelle que les écologistes ne veulent pas de ce projet.

Marche t on sur la tête ?

Au moment où nous constatons les effets du changement climatique, notamment sur le trait de côte de notre région, il semble qu’il y ait une vraie contradiction à vouloir exploiter, pour quelques années, du gaz de houille, compte tenu de tous les risques évoqués et des émissions de carbone engendrées.

Au motif de créer des emplois locaux, il semble aberrant de se tourner vers une énergie fossile à l’avenir limité.

Dossier que nous suivrons de prés !

Francine Herbaut Dauptain Conseillère régionale Nord Pas de Calais

L’immigration ou une politique de co-développement véritable

Bateau2Les naufrages tragiques survenus récemment en Méditerranée, après bien d’autres, ont placé la question migratoire au cœur des débats européens. Aux yeux des Écologistes du MEI, l’amplification des flux de migrants vers l’Europe est un signe supplémentaire de la crise globale dont nos dirigeants tardent à prendre la mesure alors même que ses effets chaotiques se font chaque jour plus criants.

En l’occurrence, on peut relever les trois principaux facteurs qui se conjuguent pour expliquer la situation actuelle en Méditerranée :

Tout d’abord, la démographie non maîtrisée qui est encore celle de l’Afrique subsaharienne, dont la population d’un milliard d’habitant est, selon toutes les projections, censée doubler d’ici 2050, et continuer encore son explosion les décennies suivantes. Faut-il parler d’une « croissance dynamique », sur le mode habituel, ou bien alerter sur la bombe « P » qui empêche toute perspective de vie économique raisonnablement adaptée  sur ce continent, entre rivalités ethniques exacerbées et pression aggravée sur les ressources et les espaces naturels ?

En second lieu, l’aggravation des déséquilibres économiques Nord-Sud, qui font paraître l’Europe, malgré la crise qui la touche, comme un Eldorado pour des populations fuyant la misère. Au nom des principes de libre circulation des biens, des capitaux ou des hommes, les défenseurs de la mondialisation libérale y voient un phénomène normal et acceptable, alors que le déracinement est toujours un drame, et que cette émigration prive souvent les pays de départ de leurs forces vives (ce qui serait encore plus vrai dans le cas d’une politique de quotas) et retardent la résorption des écarts attendue de la « main invisible ».Bateau1

Enfin, l’ingérence occidentale sous des prétextes humanitaires à courte vue s’est définitivement disqualifiée aux yeux de quiconque observe avec honnêteté le chaos qui en a résulté en Libye et qui explique l’accélération récente des flux.

Face à la situation actuelle, la politique migratoire européenne doit rompre avec l’hypocrisie et l’incohérence qui la caractérisent jusqu’à maintenant.


Puisque accueillir davantage d’immigrés en Europe ne pourrait qu’aggraver les tensions identitaires déjà fortes dans plusieurs pays du continent, il s’agit d’adopter des mesures visant réellement à tarir les flux et à décourager les départs. Les opérations consistant à terminer le travail des passeurs en amenant les migrants sur le territoire européen doivent céder la place à des mesures fermes et efficaces, s’inspirant de celles prises par l’Australie. Mais une telle approche sécuritaire, pour nécessaire qu’elle soit, ne sera tenable que si l’Europe adopte en parallèle vis-à-vis des pays de départ une politique de co-développement véritable, basée en particulier sur la promotion volontariste du planning familial, et sur la fin de la politique de prédation toujours pratiquée par les firmes occidentales.